PRESS REVIEW

Vu, lu, entendu…

Vu, lu, entendu…

Une brève revue d’analyses : marchés financiers, immobilier, Private Equity


MARCHES FINANCIERS : un pied dans la porte

Ce qui fait consensus :
Il reste à ce stade difficile de mesurer les conséquences sur les entreprises. On observe de nombreuses suspensions de dividendes, preuve, qu’elles-mêmes naviguent à vue.

Outre les chiffres liés à la pandémie, les gérants surveillent aujourd’hui de près les annonces relatives aux dates et modalités du déconfinement. Cela permet d’anticiper le « coût » estimatif et la rapidité avec laquelle la machine économique sera capable de redémarrer (point sur lequel les analyses divergent beaucoup).

Les marchés ont été rassurés par la réponse synchronisée des différents gouvernements et des banques centrales. Ainsi que par le rythme de reprise en Chine (qui est extrapolé, peut-être un peu rapidement). Beaucoup s’attendent à ce que ces mesures exceptionnelles soient financées par un « tour de passe-passe » de politique monétaire globale, sans s’alerter du niveau d’endettement. Ce sera probablement un sujet d’inquiétude à plus long terme, mais pas immédiat.

Les taux zéro et négatifs s’installent encore plus durablement dans le paysage économique. Cela pourrait être un réel catalyseur en cas de rebond précipité des marchés, lié par exemple à l’annonce d’un traitement contre le coronavirus.

Actuellement, pour de nombreux gérants, en France comme en Suisse, la principale inconnue concerne l’impact de la crise aux Etats-Unis qui n’est sans doute pas complètement intégré par les marchés.

Ce qui fait débat :
Le scénario de sortie : V – U – L – W ?
Le scénario en V ne fait plus recette. Pourtant les marchés rebondissent fortement !
Jusqu’au fort rebond récent, beaucoup voyaient un rebond en U (hausse lente soutenue par de bonnes nouvelles sanitaires, mais lesté par des indicateurs micro et macroéconomiques dégradés).
Peu d’analystes retiennent le L.

Le scénario en W reste très présent, mais la deuxième vague de baisse est attendue avec une intensité variable selon les intervenants. Et un timing difficile à anticiper.

Néanmoins même les plus prudents (parfois échaudés par l’amère expérience du rebond raté de 2019) ne souhaitent pas rester totalement à l’écart des marchés. On a constaté des renforcements au cours des 3 dernières semaines, mais les gérants conservent encore de la réserve pour revenir plus agressivement en cas de rechute. Surtout si une deuxième vague épidémique devait se déclarer.

La prudence sur le crédit est contrebalancée par l’opportunité de retrouver un peu de rendement sur des signatures de qualité (Investment grade et souverain).


IMMOBILIER : emplacement, emplacement, emplacement.

Deux camps « s’affrontent » : les optimistes estiment que le Covid n’aura que peu d’impact, d’autres pensent au contraire qu’il sera majeur. Beaucoup sont néanmoins d’accord pour dire que l’activité sera presque totalement à l’arrêt jusqu’au début du 4ème trimestre 2020 et que les faillites seront nombreuses.

Les optimistes avancent deux thèmes principaux :
1- Un plan de 750 milliards d’euros prévu par la Banque centrale européenne (BCE), pour inciter les banques à continuer à prêter à des taux bas – le principal moteur du marché ces dernières années. La détermination des autorités est, à cet égard, historique. Et sans commune mesure avec 2008 et 2011 notamment.
2- L’immobilier est un actif refuge. La volatilité des marchés financiers, devrait en renforcer l’attrait.
3- Des opportunités apparaitront à la faveur de liquidations forcées.

Les pessimistes pensent que :
1- Les déversements de liquidités sur les marchés ne suffiront pas à réamorcer la dynamique de croissance. Ils anticipent une récession économique forte et longue, qui impliquera une baisse de la demande de bureaux et de commerces notamment. Et donc une chute des prix.
2- Le niveau d’endettement global est inquiétant, porté par les taux bas depuis 10 ans. Il n’est pas exclu que certains investisseurs se trouvent dans l’obligation de liquider des actifs pour se désendetter.

La plupart des gérants immobiliers avec lesquels travaille MJ&Cie restent relativement sereins : leurs investissements ont été majoritairement réalisés dans des régions dynamiques et solides, sur des actifs de qualité, où les besoins restent importants. Ils devraient être les premiers à profiter de la reprise… lorsqu’elle arrivera.


PRIVATE EQUITY : un mal pour un bien

Globalement, la situation des participations est très difficile sur le plan opérationnel. Toutes voient leurs perspectives de croissance remises en cause, sans qu’il soit encore possible de réaliser des prévisions sérieuses. Pour autant, les mesures de soutien permettent de tenir.

Les gérants démontrent une forte proximité avec leurs participations, accompagnant plans de continuité d’activité (PCA), démarches administratives ou bancaires visant à gérer le ralentissement ou l’arrêt d’activité.

Assez logiquement, la situation est inégale selon les profils d’investissement :

Les fonds de venture (capital-risque) voient leurs participations subir des baisses de chiffre d’affaires pouvant aller jusqu’à 100%. Pour elles, la durée du confinement et la rapidité de la reprise seront déterminantes. Mais les dégâts seront probablement importants.

Dans le capital-développement, les sociétés ont généralement des modèles économiques plus solides, des dirigeants et des équipes à pied d’œuvre, une situation de trésorerie saine (compte-tenu aussi de levées récentes et de droits de tirage supplémentaires). Il y a donc moins d’inquiétudes, même si, là encore, durée de confinement et rapidité de la reprise auront leur importance.

Sur les LBO large cap, la situation pourrait se révéler délicate chez certains, compte tenu de niveaux de leviers agressifs (5 à 7 fois l’EBITDA).

Pour l’après-crise, le cocktail – valorisations plus raisonnables, opportunités plus nombreuses, soutien économique et financier massif et conjoncture de taux porteuse – devrait, selon pas mal d’acteurs, donner des perspectives encourageantes. Surtout pour les fonds les plus récents, ayant encore peu investi.

L’étalement de l’investissement dans le non coté sur plusieurs millésimes, sans précipitation, n’aura jamais autant démontré sa pertinence.

Achevé de rédiger le 21 avril 2020.

Mars 2020

Mars 2020

La peur n’évite pas le dangerM. Defonseca

La peur ne peut être une solution. L’individualisme non plus.

MJ&Cie, acteur engagé, a souhaité, dès que nécessaire, assurer un haut niveau de sécurité à ses employés, tout en préservant sa capacité opérationnelle. Ceci a pu se faire grâce à l’engagement de chacun, démontrant s’il en était besoin, les valeurs partagées par l’équipe. C’est également grâce à cet engagement que les intérêts de nos clients resteront préservés dans la durée.

Notre Lettre a été préparée pour partie avant le déclenchement de la crise, et il nous a semblé plus essentiel que jamais de finaliser cet exercice -rendez-vous fondateur – de prospective. Car il sera demain indispensable de savoir toujours davantage se confronter à de nouveaux paradigmes, dans un monde inévitablement changé.

AFFO

AFFO

L’AFFO, dont François Mollat du Jourdin est Secrétaire Général, fédère les acteurs du métier de FO (mono family offices, multi family offices et experts au service des familles : avocats, fiscalistes, notaires, banquiers …). Devenue une référence pour les professionnels du family office, l’association joue un rôle clé pour la promotion de ce métier en pleine croissance, qui voit, grâce à l’émergence rapide de nouvelles fortunes, la création de nombreux family offices, sous des formats variés.

 

En mars, l’AFFO a tenu sa conférence de presse annuelle au Cercle Interallié (https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:6643482944029761537/), occasion de présenter son bilan mais surtout ses perspectives.

 

L’année 2020 sera donc, à nouveau, riche de réalisations pour l’AFFO, dont la ligne directrice reste inchangée : comprendre, accompagner et analyser le métier dans le respect de sa Charte, qui s’attache à l’éthique, à l’engagement et surtout à la transparence, clé de la confiance !

 

La formation certifiante, lancée en collaboration avec l’AUREP, a débuté en janvier (20 jours / 140 heures). Elle compte 35 participants. Le succès rencontré amènera probablement au lancement rapide d’une seconde session.

 

Les « Matinales » mensuelles abordent, autour d’intervenants experts, des thèmes riches et variés (les premiers mois 2020 ont ainsi traité de la nouvelle loi de finances et de l’immobilier ainsi que de la dette privée).

 

Après avoir présenté, en décembre 2019, un sixième Livre Blanc, traitant de l’immobilier, l’AFFO a lancé l’élaboration d’une 7e qui traitera de l’investissement durable.

 

Le 5e baromètre de l’AFFO présentera au printemps ses constats sur les pratiques et les évolutions du secteur.

 

Des coopérations avec de grandes entreprises permettront aux membres de l’association de constater la transformation écologique et sociétale de ces acteurs de premier plan.

 

Les clubs Multi Family Offices et Single Family Offices, se réunissent régulièrement pour échanger sur leurs enjeux et leurs pratiques.

 

Enfin, 10 ans après une première version, une étude stratégique sur l’écosystème lié au métier du family office est lancée en collaboration avec Ernst & Young.

L’empire d’Albion au service du Brexit

L’empire d’Albion au service du Brexit

Selon le dernier classement établi par Tax Justice Network, les Iles Caïman, les USA et la Suisse seraient les pays les plus opaques en matière de finance internationale et de fiscalité. En Europe, la Suisse, le Luxembourg, le Royaume-Uni et les Pays-Bas font toujours figure de places fortes de l’opacité financière mondiale.

 

La troisième place du Royaume-Uni en Europe s’explique surtout par le réseau étendu de la Couronne britannique. L’ONG parle même d’une sous-traitance de son opacité financière via son réseau de juridictions satellites.

 

Ce vaste réseau est composé des Iles Vierges Britanniques, Guernesey, Jersey, l’Ile de Man, Gibraltar, les Bermudes, Anguilla, les Iles Turques-et-Caïques et Montserrat.

 

Depuis le départ effectif du Royaume-Uni de l’Union Européenne le 31 janvier dernier, beaucoup d’observateurs s’interrogent sur la stratégie du gouvernement britannique. La volonté du Premier Ministre de transformer la City en un « Singapour sur Tamise » suscite des craintes de voir le secteur financier prendre encore plus de place. La course au moins disant réglementaire et normatif pourrait donc être un risque supplémentaire avec le Brexit.

 

Mais l’Europe ne devrait pas se laisser enfermer dans cette surenchère. Ainsi la France, et plus particulièrement la place financière parisienne, longtemps décriée pour sa fiscalité et ses lourdeurs bureaucratiques, pourrait bénéficier de cette situation compte tenu des évolutions des dernières années.

Attractivité européenne

Attractivité européenne

L’Europe demeure une terre de stabilité, de liberté et de droit, qui attire des flux migratoires disparates. Pour les personnes très fortunées, elle apparait également comme un refuge. L’Europe demeure une terre de stabilité, de liberté et de droit, qui attire des flux migratoires disparates. Pour les personnes très fortunées, elle apparait également comme un refuge.

 

Surtout que plusieurs juridictions européennes offrent des conditions fiscales « allégées », entre autres :

– La Suisse et son forfait,

– Le Royaume-Uni et son statut de « RND » Resident Non Domiciled, 

– L’Italie et son régime des neo-domiciliati.

 

D’autres pays ont mis en place un système permettant d’obtenir un visa, puis ensuite la nationalité, moyennant un investissement, immobilier notamment, mais pas uniquement. Ainsi, le Portugal, connu pour la faible taxation des pensions étrangères, dispose d’un régime de Golden Visas, qui permet d’obtenir un droit de séjour, puis de demander la nationalité portugaise, notamment en investissant dans l’immobilier. 

 

Ce programme a été beaucoup utilisé par les Brésiliens, les Chinois, les Russes, les Sud-Africains et les Turc, dans la mesure où un investissement de seulement €500.000 permet d’y participer. Couplé à une demande de statut fiscal dérogatoire de « résident non habituel », il vise évidemment à attirer des grandes fortunes étrangères sur le territoire portugais.

 

Notons que l’abolition de l’ISF, le statut d’impatrié, et le prélèvement forfaitaire unique sur les revenus de placement permettent à la France de tirer son épingle du jeu dans cette compétition fiscale européenne. 
Mais les bénéfices de ces politiques ne sont évidents ni en termes économiques, ni en termes sociaux. 

 

Sans nier l’importance de l’attractivité, il faut espérer (même si le passé laisse peu d’illusions en la matière) que le Brexit sera l’occasion pour l’Europe de réfléchir à une approche harmonisée en la matière, plutôt qu’à une compétition intestine du moins disant, qui ne pourra que servir les intérêts d’un Royaume Uni maintenant aux aguets ! 

MJ&Cie dans la presse

MJ&Cie dans la presse

Revue de presse MJ&Cie

– Trajectoire, Collectionner – Décembre 2019 : « Du cœur à la raison »
– Gestion de Fortune – Janvier 2020 : « Les Family Offices vus par l’AFFO »
– AGEFI – Janvier 2020 : « Marché : TINA, what else ? »
– Le Temps – Janvier 2020 : « Philanthropie, fiscalité et responsabilité sociétale »
– Bilan.ch – Février 2020 : « Régime matrimonial : la donne a changé »

L’économie de la passion

L’économie de la passion

Les 10 Youtubers les mieux rémunérés en 2019 ont gagné 162M€ ! Qu’il s’agisse d’humoristes, de gamers ou encore d’influenceurs mode ou beauté, leur point commun est d’avoir su monétiser leur passion au travers d’un média accessible à tous, gratuitement. 

 

A l’heure où nous savons que 85% des emplois de 2030 n’existent pas encore, l’intelligence artificielle, l’automatisation, la robotique, ou encore la réalité virtuelle, amènent les individus à mettre en avant leur originalité ainsi que les différentes facettes de leur personnalité … pour gagner leur vie. 

 

Il s’agit, d’après certains économistes, du passage de la gig economy à la passion economy, c’est-à-dire du passage de l’économie de la tâche à celle de la passion. Pour en tirer profit, deux règles d’or :

– Cibler une audience de niche,

– Se concentrer sur une valeur difficile à copier.

 

Ceci bouleverse la frontière entre l’économie traditionnelle, dans laquelle chaque travailleur vend un service rattaché à sa force de travail, et cette nouvelle économie, dans laquelle les individus trouvent une source de rémunération en misant sur les différentes facettes de leur personnalité, par la proposition de services originaux et créatifs. L’homme n’a pas dit son dernier mot face à la machine ! 

Salariat du voyage

Salariat du voyage

Si le phénomène des freelances et des intrapreneurs n’est plus à démontrer, de plus en plus d’entreprises proposent à leurs salariés des postes sans horaires, sans contraintes géographiques, voire sans bureaux fixes. Il s’agit du modèle du « remote » (qui prend une acuité extrême du fait de la crise sanitaire mondiale).

 

Outre le fait que la location de locaux professionnels représente souvent le deuxième coût le plus important après la masse salariale, le constat est particulièrement simple : des salariés plus heureux sont des salariés plus productifs. Or, 61% des employés en France souhaitent télétravailler !

 

Cela a pour conséquence un turnover moins important dans les équipes, car l’engagement des salariés est plus fort afin de compenser la distance. Turnover dont les coûts peuvent être conséquents, en particulier pour les TPE/PME (perte de chiffre d’affaires lié au départ, budget chasseur de têtes, budget formation des nouveaux arrivants, etc.). Sans compter l’énergie dépensée par les dirigeants et les salariés pour y faire face.

 

Le « remote » permet également de recruter les meilleurs et conserver les talents. Qui n’a pas entendu un cadre vivant à Paris/Idf souhaiter s’établir en province pour bénéficier de meilleures conditions de vie ou une chambre supplémentaire pour son deuxième enfant ? A San Francisco par exemple, le coût de la vie est devenu absolument prohibitif. Une récente offre de logement sur Airbnb proposait une tente de jardin à deux-pas du campus de Google pour la somme de 899$ par mois !

 

Certains talents ont donc décidé de vivre dans des endroits plus reculés avec un coût de la vie plus rationnel. Ceci constitue une immense opportunité pour certaines entreprises « remote » qui peuvent s’attacher leurs services sans leur imposer une présence dans un hub tels que Paris, Londres ou San Francisco. Le salariat n’a pas dit son dernier mot dans la réorganisation de nos modèles sociaux !

MJ&Cie sur scène !

MJ&Cie sur scène !

Sorbonne Université – Master Expertise et Marché de l’art – « Art et philanthropie dans le métier du family office » – Janvier 2020

 

Kedge Business School – « le Family Office » – Février 2020

 

Sommet du Patrimoine – Leaders League – « Gouvernance, Encadrer la réussite » – Juin 2020

Co²nscience

Co²nscience

C’est une bonne nouvelle ! Les émissions de gaz à effet de serre issues de la production d’électricité en Europe baissent significativement.

Pour la première fois depuis au moins 1990, les fermes éoliennes et le parc solaire européen ont produit davantage d’électricité que les centrales à charbon, ce qui a entrainé une baisse des émissions de gaz à effet de serre de 12% par rapport à 2018, soit 120M de tonnes de moins. Aujourd’hui, les énergies renouvelables représentent 34.6% de la production d’électricité en Europe (+1.8% par rapport à 2018).

Les pays les plus vertueux sont l’Allemagne, l’Espagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l’Italie qui représentent 80% de cette baisse.

Seul bémol, en raison des sécheresses importantes, la production d’énergie provenant de l’industrie hydroélectrique a baissé de 6%.

Bientôt la fin du règne des énergies fossiles ? On en est encore loin, mais cela illustre la rapidité potentielle des évolutions lorsque s’enclenche une volonté politique en même temps que financière (investissement). La décennie 2020 sera évidemment celle de l’investissement durable, aux côtés de la révolution 4.0. Des thématiques pour surmonter la volatilité court terme, et accompagner la création de valeur collective, dans une période tellement incertaine, et durablement ancrée dans des taux bas.

Thérapie capitalistique

Thérapie capitalistique

Le capital développement fait peur aux entreprises familiales. D’après un récent sondage, 80% des entreprises familiales dont les titres ne font pas l’objet d’une cotation sur un marché public verraient d’un mauvais œil l’ouverture de leur capital social à des investisseurs extérieurs, qu’ils s’agissent d’une autre entreprise, d’un fonds d’investissement voire de leurs propres salariés.

 

Malgré des velléités de croissance organique et externe, le constat est bien souvent une insuffisance de fonds propres, qui se traduit par l’absence ou le versement de petits dividendes.

 

Cette hostilité peut s’expliquer par l’éthique familiale qui commande aux membres de la famille la transmission du patrimoine commun aux générations futures. En effet, dans ce type d’entreprise, le profit économique n’est évidemment pas la seule motivation, car le capital humain et symbolique constitue un facteur tout aussi important.

 

Pourtant, l’arrivée d’un acteur extérieur à la sphère familiale peut avoir des vertus en termes de gouvernance … familiale. En effet, cet investisseur, théoriquement impartial, oblige souvent la famille à davantage de rigueur en termes de process ou sur des sujets comme l’emploi ou la rémunération des membres de la famille. Il peut également servir de tiers départiteur en cas de conflits, captation de postes importants / changement de dirigeants vieillissants.

 

Enfin, l’ingénierie sociétaire et la technique contractuelle offrent des solutions permettant à la famille de préserver le contrôle de l’entreprise tout en bénéficiant des fonds apportés par un investisseur extérieur : pacte d’actionnaires, répartition des droits politiques et économiques, société en commandite par actions…etc…

MJ&Cie responsable !

MJ&Cie responsable !

Outre son engagement philanthropique, MJ&Cie est également mobilisée pour répondre aux enjeux du changement climatique et de la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE).

 

Toute l’équipe de MJ&Cie s’est ainsi engagée, au quotidien, dans des pratiques plus éco-responsables et travaille aux adaptations à apporter dans le fonctionnement de la société afin de réduire son empreinte carbone.

 

Enfin, une démarche ISR systématique a été intégrée dans les activités de conseil en investissement, visant à renforcer l’impact global des patrimoines sous supervision, tout en demeurant fidèle aux objectifs de chaque client.

Marchés : l’effet papillon

Marchés : l’effet papillon

Il y a beaucoup, et peu aussi, à dire sur la conjoncture financière en ce moment tant le manque de visibilité paralyse toute analyse.

De l’insouciance à la panique, de la complaisance à l’exagération, les marchés ont été mis K.O. par le Covid-19. La peur s’est propagée à l’ensemble de la population via un canal de contamination optimal : les médias. L’OMS appelle cela une infodémie. Ajoutons à cela des marchés où la gestion passive est désormais prépondérante, la gestion systématique gigantesque (la durée moyenne de détention d’un titre sur la bourse de Londres est inférieure à …. 1 seconde !), et on obtient une correction massive, amplifiée par des volumes inattendus, plongeant les marchés en territoire dit de bear market (ndlr, baisse supérieure à 20%).

Nous ne participerons pas ici à la propagation de l’infodémie, puisque nous ignorons pour l’instant encore beaucoup de cette crise et surtout de ses conséquences. L’incertitude est totale, chose que les marchés détestent.

Ce dont nous sommes persuadés en revanche, c’est que l’impact sur l’économie mondiale sera massif. La machine économique mondiale est quasiment à l’arrêt, du jamais vu. Les mesures prises par les différents gouvernements dépassent ce que l’on pouvait imaginer. Et ce n’est probablement pas terminé.

Il est trop tôt pour réaliser de quelconques pronostics, mais il semble certain que :

– les grands équilibres économiques et financiers seront durablement remis en cause,

– cette alerte sanitaire aura un impact majeur sur le comportement futur des agents économiques, ménages et entreprises,

– la synchronicité des mesures prises par les différents gouvernements et les banques centrales, pourrait en décupler l’impact (et c’est bien ici la nouveauté : le politique a pris le relais des autorités financières qui ne peuvent seules répondre à une telle urgence), à l’issue de la crise.

Les liquidités vont donc pleuvoir, c’est le fameux concept de « l’helicopter money ».

La question que se posent donc maintenant beaucoup d’investisseurs, est non pas de savoir s’ils doivent revenir en bourse, mais quand. D’une part, les mesures de soutien à l’économie sont nombreuses et très fortes, d’autre part les USA élisent cette année leur 46ème président, et Trump voudra se présenter à cette élection avec une machine économique relancée.

Par ailleurs, TINA est plus que jamais là (There Is No Alternative, ndlr newsletter T4 2019 de MJ & Cie) : Les investisseurs préfèreront le risque action au risque crédit !

Mais pour l’heure (fin mars), il convient de rester prudent et patient : les niveaux atteints par les marchés semblent attractifs, mais on ne peut exclure de nouveaux mouvements de baisse violente, tant qu’aucune visibilité n’est possible sur l’issue de la crise sanitaire (qui n’en est probablement qu’à ses prémices aux Etats Unis !). Patience et discipline seront donc indispensables pour revenir sur les marchés. Même si, pour les plus impatients, commencer à accumuler de belles valeurs, d’ores et déjà reconnues pour leur engagement responsable, ne peut être une erreur absolue sur le moyen et long terme.

Seule importe donc la sélectivité, en même temps qu’un horizon de temps long qui permettra de s’exonérer d’une volatilité court terme record et totalement irrationnelle.

Nul besoin de compliquer l’analyse en revenant par exemple sur la question du pétrole tant l’impact de la crise sanitaire a occulté le tournant que venait de prendre la guerre de l’or noir (les pays de l’OPEP ne s’étant pas entendu -probablement délibérément- sur des quotas, l’Arabie Saoudite avait décidé de baisser drastiquement ses prix, et d’inonder le marché. Avec un objectif limpide : mettre au tapis les producteurs de pétrole de schiste américain).

Ainsi, ce début d’année 2020 sera venu renforcer un vieil adage : le consensus sur les prévisions a toujours tort. Nous en profiterons pour rappeler deux autres adages, tout aussi vrais selon nous :

– il ne faut jamais céder à l’euphorie, ni à la panique,

– la diversification des actifs est clé.

Tout comme la capacité à s’inscrire dans le long terme !

Brexit : aimanter la matière … grise

Brexit : aimanter la matière … grise

Le Gouvernement britannique a dévoilé le nouveau système d’immigration à points qui sera utilisé par le Royaume-Uni post-Brexit, privilégiant les brillants cerveaux au détriment des travailleurs peu qualifiés. Les points seront, en effet, attribués selon les compétences, les qualifications et les niveaux de salaires.

 

Le système traitera les citoyens européens et les autres de manière égale. Il devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2021, une fois que la liberté de circulation avec l’Union Européenne aura cessé. Les visas ne seront plus accordés qu’à ceux qui auront obtenu suffisamment de points, afin de donner la priorité aux meilleurs talents (scientifiques, ingénieurs, universitaires…). Outre des compétences spécifiques, Il faudra également parler anglais et avoir déjà une proposition d’emploi avec un salaire minimum annuel de GBP 25.600. Le niveau de diplôme requis a toutefois été abaissé d’une licence à l’équivalent du baccalauréat, pour permettre une plus grande flexibilité.

 

Enfin, les autorités doivent annoncer une « Global Talent Route » qui permettra à des scientifiques de renommée mondiale, des chercheurs réputés et des mathématiciens de haut rang d’immigrer au Royaume-Uni sans avoir reçu d’offre d’emploi. La matière grise est définitivement l’or noir du millénaire !

Patrimoine sensoriel

Patrimoine sensoriel

L’Assemblée Nationale française a adopté une proposition de loi visant à protéger les « bruits et effluves » des zones rurales et a ainsi introduit la notion de patrimoine sensoriel des campagnes françaises dans le droit.

 

L’été dernier, le litige autour du coq chanteur « Maurice » de l’Île d’Oléron était devenu le symbole du conflit entre ruraux et nouveaux arrivants. Chant de coq, de cigales, mais aussi odeurs de fumiers entrent désormais dans le code de l’environnement, comme faisant partie des milieux naturels. Ces « bruits et effluves » ne pourront plus être la cause de plaintes pour « troubles anormaux du voisinage ».

 

Le texte prévoit également un inventaire par terroirs des « bruits et des odeurs caractéristiques qu’on veut protéger au nom du patrimoine sensoriel », qui sera à la disposition des juges.

 

Il n’est pas certain que ces critères apparaissent avant longtemps dans les actes notariés aux cotés des servitudes ou autres éléments réglementaires qui enrichissent la documentation des transactions immobilières.

 

Mais il sera prudent cependant d’y prêter attention lors d’une acquisition en zone rurale !

Addict au don ?

Addict au don ?

A quoi ressemble notre cerveau quand nous donnons ? Depuis une dizaine d’années, quelques équipes de recherche en neurosciences se sont penchées sur les comportements altruistes, notamment le don d’argent.

 

Dans une étude pionnière publiée en 2006, une équipe de chercheurs a identifié que l’acte de don déclenche une activité cérébrale intense dans les zones du striatum ventral et du cortex cérébral. Ces parties du cerveau humain sont associées à notre « système de récompense », c’est-à-dire ce qui nous motive à agir pour survivre et obtenir des récompenses comme la nourriture, l’eau, mais aussi l’activité sexuelle, les psychotropes ou même l’argent. Autrement dit, on donnerait en partie par plaisir. C’est aussi dans ces zones du cerveau que se déroulent les addictions…

 

Les neurosciences ont validé, empiriquement, une autre motivation du don : la quête de réputation ou de prestige. Tous les fundraisers savent que certains donateurs, notamment parmi les grands donateurs, cherchent une forme d’approbation sociale quand leur don est rendu public.

 

La recherche neuroscientifique sur la philanthropie en est à ses balbutiements. Des questions majeures restent en suspens. En particulier, le plaisir de donner est-il inné ou acquis (par l’expérience) ? Est-il possible de devenir « accro » au don, comme aux jeux d’argent ou à l’alcool, et si oui, quels en sont les leviers ?

 

Des interrogations inattendues, mais probablement utiles, pour tous ceux qui accompagnent les philanthropes, au premier chef desquels les family offices !

MJ&Cie philanthrope !

MJ&Cie philanthrope !

Depuis 2016, MJ&Cie s’attache à soutenir des actions en faveur de la protection de l’enfance et a décidé, en décembre 2019, de renouveler son soutien aux associations l’Enfant Bleu et Toutes à l’école.

 

Avec l’association Toutes à l’école, œuvrant au Cambodge pour l’éducation des petites filles, souvent défavorisées et vulnérables, les collaborateurs de MJ ont chacun la responsabilité, depuis 3 ans, du suivi d’une ou deux élèves, actuellement en classe de CE1. L’école Happy Chandara apporte un accompagnement scolaire de l’école primaire jusqu’à l’obtention du bac, avec parfois un accompagnement dans l’enseignement secondaire. Elle assure également une prise en charge globale (alimentation, suivi médical, aide aux familles…) afin de garantir à ces petites et jeunes filles l’environnement le plus sain possible.

 

Avec l’association l’Enfant Bleu, luttant contre l’enfance maltraitée, MJ&Cie apporte chaque année son soutien au travers du financement de plusieurs centaines de séances de soutien psychologique à ces personnes victimes de violences. Si l’aide aux victimes intervient principalement dans l’écoute et le soutien, la défense des droits, l’assistance juridique ou l’aide à la reconstruction psychologique, l’association œuvre également pour la prévention et la formation, sur le terrain scolaire ou auprès des professionnels de l’enfance.

Immobilier refuge

Immobilier refuge

(Source Knight Frank Wealth Report)

2019 a confirmé une dynamique forte sur les actifs immobiliers prime, résidentiel, commercial et bureau, dans les grandes métropoles mondiales (à l’exception de Londres qui a connu une légère décrue de 2.5%). Néanmoins, la physionomie du marché évolue : on voit émerger, aux côtés des investisseurs institutionnels historiques, d’importants acteurs privés, les family offices ! Portés par la création de richesse (le nombre d’UHNWI dans le monde a cru de 6% en 2019, à plus de 531 000 individus – la France tenant la 4e position dans ce palmarès avec près de 19 000 personnes, après les USA – 240 000, la Chine – 61 000 et l’Allemagne – 23 000), le capital privé s’organise, s’arroge une place significative et impacte l’évolution des actifs. On constate ainsi que les actifs liés aux nouveaux modes de vie (résidences collectives, seniors…etc) et au bien-être, privé ou professionnel, font l’objet d’une attention croissante. De même que la recherche d’impact, social et environnemental, est maintenant largement intégrée par ces grands investisseurs. Ce sont donc des thématiques entières qui se voient revisitées à l’aune de ces évolutions.

 

Cette professionnalisation laisse cependant peu de place aux petits acteurs, et dans un marché en quête désespérée de rendement, les véritables opportunités sont rares. Et difficilement accessibles. Il est alors intéressant de regarder les villes qui remportent les faveurs des grands détenteurs de capital privé :

 

New York, Londres et Paris forment, une fois de plus, le tiercé gagnant. Mais la quête de meilleures conditions de vie permet l’émergence de villes de taille moyenne, tout particulièrement européennes, comme Oslo, Zurich, Helsinki, Vienne, Madrid ou Amsterdam. Sans parler des lieux de villégiature (Cote d’Azur, Alpes…etc). L’Europe demeure donc une terre de forte attraction pour ces acteurs, qui dirigent des flux de capital significatifs.

 

En matière de perspectives d’évolution, Paris semble conserver un véritable attrait. En effet, même si 2019 a permis de franchir de nouveau record de volumes dans l’immobilier d’entreprises (€35bn contre 30.4bn en 2018), si le résidentiel a encore connu une hausse de plus de 6%, le potentiel de la capitale demeure, porté par une conjoncture porteuse (jusqu’au déclenchement de la crise sanitaire), et des projets d’infrastructures gigantesques (Grand Paris, JO).

 

Quelques chiffres pour 2019 : 84 opérations supérieures à 100 millions d’euros contre 77 en 2018. Ce sont surtout les méga deals qui ont fait la différence : les transactions supérieures à 200 millions d’euros de 2019 totalisent ainsi 16,3 milliards d’euros, contre 12,4 milliards en 2018.

 

L’Île-de-France a conforté sa première place en 2019 : toutes opérations confondues, 26,6 milliards d’euros y ont été investis, soit 75 % de l’activité en France et un montant record. Ce volume a principalement été investi en bureaux (83 %), devant les commerces et les locaux industriels. Mais l’effet méga-deals a également joué en régions.

 

Avec 2,1 milliards d’euros engagés, la région Rhône Alpes a largement battu son record grâce à la multiplication des grandes transactions et à l’appétit croissant d’investisseurs français et étrangers, principalement nord-américains, allemands et britanniques. Ce changement d’échelle du marché en Rhône Alpes est à l’image de celui du marché locatif, puisque 2019 a également été une année record en matière de demande de bureaux à Lyon.

 

À La Défense (1er parc de bureaux en Europe), 3,6 milliards d’euros ont été investis sur une douzaine d’opérations. La progression est de 45 % sur un an et permet au quartier d’affaires de réaliser sa deuxième meilleure performance après 2007. Les investisseurs asiatiques ont réalisé cinq des huit transactions de plus de 100 millions d’euros dont deux supérieures à 500 millions d’euros. Après avoir animé le marché londonien en 2018, les Sud-Coréens ont été à l’origine de quelques-unes des plus grandes transactions, et devancent les Allemands et les Britanniques.

 

Pour 2020, les pronostics demeuraient confiants jusqu’au déclenchement de la crise sanitaire. L’immobilier devrait rester porté par l’environnement de taux bas (qui resteront décidément bas très longtemps encore) et la recherche de rendement. La crise devrait d’ailleurs renforcer la prudence des investisseurs, ce qui continuera de jouer en faveur des actifs aux fondamentaux solides. Mais la raréfaction des produits « prime » et la compression des taux de rendement favoriseront également les actifs de diversification.

 

L’immobilier, plus que jamais, devrait bénéficier de son statut refuge et actif réel en 2020 ! Mais de nouvelles tendances (investisseurs, impact, thématiques…etc) se font jour qui constituent probablement des indicateurs avancés sur les actifs de demain.

Performance et risque en gestion de portefeuille

Performance et risque en gestion de portefeuille

(Source T. Crovetto – TCSF – Monaco – www.tcsf.mc)

 

La gestion de portefeuille recherche l’optimisation du couple rendement risque et non pas seulement la performance d’une stratégie d’investissement…

 

Les notions utilisées et leur pertinence.
Avant la crise de 2008, on estimait que seules les actions étaient risquées et que leur pourcentage représentait le risque global d’un portefeuille. Pour réduire le risque, on y allouait alors une quantité suffisante d’obligations aux cours (plus) stables, avec des coupons assurant des flux financiers… Ainsi, la proportion actions/obligations pouvait être modulée en fonction du profil de chaque investisseur.

 

Depuis dix ans, l’intervention massive des Banques Centrales, a graduellement compressé les taux en sonnant le glas du paradigme d’investissement traditionnel. Désormais, pour générer un rendement obligataire à peine positif, il faut opter pour de la dette à la notation si dégradée que son risque dépasse parfois celui des actions !

 

Or la mesure du risque doit demeurer le pilier d’une stratégie d’investissement. Il a donc fallu faire évoluer les méthodes à ce nouvel environnement.

 

Le calcul du Bêta (la sensibilité aux mouvements d’un indice) est une des mesures utilisées. Néanmoins, cet indicateur ne tient pas compte de la convexité – la participation du cours d’un actif à la hausse et à la baisse de l’indice – qui dénote mieux le risque que le Bêta…

 

En finance, depuis des lustres, on se base sur la volatilité (les amplitudes des variations d’un cours) en estimant que le risque est d’autant plus important que la volatilité est élevée. Toutefois, comme elle ne distingue pas les écarts à la hausse de ceux à la baisse, elle constitue plutôt un indicateur d’incertitude. La volatilité négative serait un indicateur plus significatif si elle ne se détériorait pas lorsque les marchés baissent et inversement, n’étant pas fiable sur la durée. Finalement, le vrai risque pour un investisseur est un rendement réel insuffisant (la performance d’un titre au-dessus de l’inflation). Le « Max Drawdown » – la perte maximale observée d’un pic à un creux – est alors un indicateur de risque bien plus utile.

 

La méthode de Vol Target.
Les « Vol Target » sont des stratégies de suivi de tendance qui définissent une volatilité cible et font varier le poids des actifs risqués en fonction de leur volatilité.

 

Afin de rendre la méthode la plus flexible possible, on peut utiliser du levier pour modifier la pondération d’une classe d’actifs et profiter de la divergence de la volatilité des actifs dans le temps, pour générer de la performance tout en réduisant les baisses maximales. On considère alors le budget de risque au lieu du poids des allocations.

 

Risque qualitatif et réplicabilité des performances.
L’évaluation de risques qualitatifs comme la liquidité, la valorisation et la non-réplicabilité des performances, est tout aussi importante.

 

Par exemple, dans le contexte actuel de taux très bas, une obligation « investment grade » n’a que peu de chance de répliquer ses performances antérieures, assumant donc un risque supérieur à celui du passé.

 

Comment gérer le risque ?

L’optimisation du couple rendement – risque doit être la priorité des investisseurs puisque la diversification seule est loin d’offrir une protection suffisante. Les titres qui composent une stratégie présentent une corrélation d’autant plus faible que le risque est contrôlé.

 

Les stratégies de performance absolue sont supposées répondre à cette problématique. Les tactiques défensives peuvent se substituer aux obligations alors que les combinaisons dynamiques peuvent remplacer les actions.

 

Je (dé)pense donc je suis

Je (dé)pense donc je suis

16.3M£, c’est la somme dépensée par l’épouse d’un banquier azerbaïdjanais dans un célèbre magasin de luxe situé sur Brompton Road dans le quartier de Knightsbridge, à Londres entre 2006 et 2016.

 

L’inconvénient… d’après les autorités publiques londoniennes… est que cette dernière ne serait pas en mesure de justifier de sources de revenus. Ce palmarès compte également l’acquisition d’une maison d’une valeur de 11.5M£ à Knightsbridge au travers d’une société incorporée aux Iles-Vierges-Britanniques ainsi que d’un golf près d’Ascot.

 

Celle-ci fait donc l’objet de la première Unexplained Wealth Order (UWO), toute nouvelle procédure en vigueur depuis 2018 qui contraint les personnes interrogées d’expliquer l’origine des revenus ayant permis l’acquisition d’un bien et, de manière générale, la source de leur fortune. L’intention du législateur anglais était de doter la « National Crime Agency » (NCA) de nouveaux pouvoirs leur permettant de mettre fin au blanchiment d’argent au Royaume-Uni. La cible première de ce nouveau dispositif est l’argent public détourné par des personnes étrangères politiquement exposées.

 

D’après le NCA, l’étendue et la composition de la fortune familiale est difficilement réconciliable avec le salaire de Monsieur (qui purge actuellement une peine de 15 ans de prison en Azerbaïdjan), qui oscille entre 29k$ et 70k$ par an ! La cour d’appel de Londres a rejeté l’appel de Madame, qui risque désormais la saisie de tous ses biens.

 

Devant la crainte de voir le UK devenir « Singapour sur Tamise », les autorités britanniques travaillent-elles à présenter un visage respectable, une fois sorties de l’UE ?

Philanthropie, fiscalité et responsabilité sociétale

Philanthropie, fiscalité et responsabilité sociétale

Alors que le nombre de milliardaires a doublé au cours de la dernière décennie, on assiste à un creusement historique de l’écart des richesses, qui menace les équilibres sociaux et démocratiques.

Une enquête menée par le cabinet d’avocats Withersworldwide confirme que, comme l’avait souhaité Warren Buffet, s’il y a de grandes chances de voir la fiscalité des personnes les plus fortunées augmenter, rien ne se fera sans une implication active des entreprises. Sous la pression de leurs actionnaires, mais aussi des jeunes générations, les entreprises se voient dans l’obligation d’accélérer l’intégration des ODD (objectifs de développement durable) des Nations-Unies dans leurs stratégies.

Mais la philanthropie peut être également un moteur puissant pour le rétablissement d’un meilleur équilibre dans la répartition des richesses. Le législateur définit l’intérêt général et octroie des avantages, en particulier fiscaux et/ou juridiques, à celui qui contribue à l’intérêt général, indépendamment de ses motivations.

L’investissement à impact (impact investing) trouve là sa meilleure application !

Accédez à l’article de F. Mollat du Jourdin (Le Temps)
https://www.letemps.ch/economie/philanthropie-fiscalite-responsabilite-societale

Consultez l’étude de WithersWorldwide
https://marketing.withersworldwide.com/reaction/emsdocuments/PDFs/Attitudes%20Wealth%20report%20actual%2014oct2019.pdf

MJ&Cie stratégique !

MJ&Cie stratégique !

Le prochain Conseil Stratégique se réunira en avril et sera l’occasion pour ses membres de poursuivre les échanges sur les enjeux métiers et l’évolution de MJ&Cie dans un secteur en forte mutation.

 

Technologie, ressources humaines, mais également synergies et forces différenciantes seront au cœur de l’agenda.

 

Composé de professionnels reconnus (outre les associés, y siègent Denise Kenyon Rouvinez – Former Professor of Family Business at IMD Business School et experte en gouvernance-, Alberto Haddad -conseil en stratégie et en investissements-, Laurent Isenegger -avocat- et Christophe Delrieu -fiscaliste-), cet organe de gouvernance renforce la réflexion sur les enjeux stratégiques, la gouvernance et la pérennité de la société.

 

L’art artificiel

L’art artificiel

2019 s’est soldé par une baisse globale de l’ordre de 5% des volumens mondiaux traités, toujours largement dominés par les USA. La Chine et le UK (qui subit également le contrecoup du Brexit et voit sa part diminuer globalement) constituent toujours le trio de tête. Seule exception, la France voit une croissance de ses ventes et représente 7% du marché mondial.

 

Ainsi, les constats dressés dans notre dernière Lettre demeurent, d’un marché ultra sélectif, qui sera, cette année, fortement impacté par la crise sanitaire. Dans ce contexte, il nous semble pertinent de tenter un peu de prospective. Car l’histoire de l’art subit actuellement une importante évolution liée à l’interconnectivité offerte par internet, qui permet un brassage d’idées, d’artistes et de concepts.

 

Ce brassage amène les grands musées et maisons de vente à réviser leurs méthodes de présentations et d’expositions (Une intéressante table ronde se tenait à ce propos en mars au Sotheby’s Institute of Art de New York – voir lien ci-dessous). Mais une autre révolution pourrait aussi révéler des surprises dans les prochaines années.

 

En octobre 2018, le microcosme de l’art était tombé de sa chaise quand le Portrait d’Edmond de Belamy, produit par le collectif français Obvious, avec le concours de l’intelligence artificielle, était adjugé $432 500 chez Christie’s. Soit quarante-cinq fois son estimation ! L’œuvre n’était pas une peinture de chevalet, mais une reproduction, par imprimante, d’une image conçue par un algorithme à partir d’un corpus de 15 000 œuvres existantes.

 

Bien que le terme d’intelligence artificielle soit né dans les années 1950, les ventes aux enchères peinent encore à le cerner. Le marché a toujours été réticent à l’idée de promouvoir des œuvres incluant des composants électroniques, ou se déployant en ligne. Essentiellement pour des questions de maintenance, donc de pérennité. Il faut du temps au marché pour s’adapter aux nouvelles tendances, tout particulièrement lorsqu’il s’agit d’œuvres ayant des parts d’immatériel.

 

Christie’s avoue d’ailleurs ne pas prévoir, dans l’immédiat, de ventes consacrées aux œuvres nées de l’intelligence artificielle. Mais, l’écurie de François Pinault n’exclut pas que l’usage de cette technologie connaisse le même destin que la photographie. Et de préciser : développer les outils est aujourd’hui coûteux, il faut des compétences spécifiques pour les utiliser. Mais demain, ils seront plus largement diffusés.

 

D’autant que l’intelligence artificielle s’immisce, lentement mais sûrement, dans notre quotidien.

 

« Les artistes aux pratiques aventureuses se saisissent du potentiel créatif de ces technologies, porteuses, en elles-mêmes, d’imaginaire, indique le critique Dominique Moulon. De leur côté, les institutions qui s’interrogent sur les problématiques sociétales se doivent d’aborder l’intelligence artificielle au travers d’œuvres qui, soit l’évoquent, soit en sont issues ».

 

Le Centre Pompidou, qui organise depuis le 28 février, une exposition intitulée « Neurones. Les intelligences simulées », présentera en juin une exposition d’Hito Steyerl, une artiste allemande qui utilise l’intelligence artificielle pour créer des films envoûtants, porteurs de messages féministe ou écologique.

 

Les machines pourront surement créer, mais ne pourront pas déterminer l’intérêt de leurs créations, car elles n’ont pas de conscience.

 

L’art en tant que marché est encore jeune. Son importante croissance récente l’a forcément institutionnalisé. Il ne pourra cependant pas ignorer le phénomène de la « création artificielle ».

 

Consultez le rapport annuel du marché de l’art de Artbasel/UBS https://www.artbasel.com/about/initiatives/the-art-market

 

Accédez à la synthèse de la table ronde du New York Sotheby’s Art Insitute
https://fr.artprice.com/artmarketinsight/artprice-au-sothebys-institute-of-art-de-new-york-le-marche-de-lart-a-atteint-un-tournant-dans-son-histoire

Le patrimoine, c’est plus que de l’argent …

Le patrimoine, c’est plus que de l’argent …

(Denise Kenyon-Rouvine – Board Member MJ&Cie – « There’s more to wealth than money » – Article originalement publié dans The European Financial Review – octobre 2019)

Rappel de quelques grands principes qui prévalent généralement dans les dynasties les plus pérennes :

Une part importante de la richesse mondiale est gérée, discrètement, par les Family Offices. Leur rôle principal est en effet la gestion des grands patrimoines familiaux.

Les familles entrepreneuriales les plus pérennes considèrent l’investissement comme faisant partie d’une organisation plus large. Ils savent, en effet, que la richesse est volatile ; difficile à créer, facile à perdre. Ils considèrent la richesse comme un sous-produit des efforts de la famille et cherchent à maintenir un esprit d’entreprise et des valeurs fortes. Les dirigeants gèrent dans une perspective de long terme, souvent avec un sens aigu des responsabilités sociales et environnementales.

Des études sur des dynasties à succès montrent qu’elles accordent une attention égale à trois dimensions du capital :

Capital humain – Il comprend à la fois les membres de la famille et les employés de longue date ; il s’attache à l’éducation sur le long terme et au maintien de l’engagement, du sens moral et des valeurs familiales. La responsabilité du capital humain repose sur le Conseil de famille.

Capital financier – Investissements, biens et liquidités. La responsabilité incombe au Family Office.

Capital social – Initiatives communautaires et philanthropiques ; une grande partie de la responsabilité incombe à la fondation familiale, bien que de nombreuses entreprises intègrent désormais la responsabilité sociale et environnementale au cœur de leurs activités commerciales.

Contre-intuitivement, les familles qui ne se concentrent pas uniquement sur l’investissement ont tendance à mieux réussir, car leurs activités sont soutenues par une famille fonctionnelle et un ensemble clair de principes.

Une décision importante, préalable à la création d’un family office, est de savoir si les membres de la famille décident d’investir ensemble ou séparément. Il y a des avantages à investir ensemble : plus d’opportunités d’investissement, économies d’échelle, etc., et cette décision doit être clairement prise avant de décider du type de family office à mettre en place.

Même si les membres de la famille ne sont pas actifs dans la gestion du Family Office, ils peuvent avoir un rôle au niveau de l’administration : articulation entre famille et entreprise, principes auxquels ils doivent adhérer, appétit pour le risque, etc. Le family office rédigera également une charte décrivant la structure de gouvernance, les valeurs et les principes de la famille.

Société lucrative sans but

Société lucrative sans but

Une organisation de 181 dirigeants de grandes sociétés américaines telles que Boeing, Apple, Amazon, Americain Airlines et JP Morgan – la Business Roundtable – a proposé une nouvelle définition de ce que serait le « but d’une société » (« the purpose of a corporation »). Une organisation de 181 dirigeants de grandes sociétés américaines telles que Boeing, Apple, Amazon, Americain Airlines et JP Morgan – la Business Roundtable – a proposé une nouvelle définition de ce que serait le « but d’une société » (« the purpose of a corporation »). 

 

C’est un changement de paradigme majeur dans la société ultra-libérale américaine. La domination de l’actionnaire dans la répartition des richesses générées par une entreprise est amenée à être repensée ! 

 

Dans ce communiqué publié sur Internet, l’objet d’une société est de produire de la valeur à l’ensemble de ses parties prenantes (« stakeholders ») et non pas seulement à leurs actionnaires. Les dirigeants signataires s’engagent ainsi à :

– Fournir de la valeur à leurs clients (« delivering value to our customers ») ;

– Investir dans les employés (« investing in our employees ») ;

– Traiter éthiquement et équitablement les fournisseurs (« dealing fairly and ethically with our suppliers ») ;

– Soutenir les communautés dans lesquelles ils travaillent (« supporting the communities in which we work ») ;

– Générer de la valeur à long-terme pour les actionnaires (« generating long-term value for shareholders »).

 

Le communiqué affirme que l’ensemble de ces parties prenantes est « essentiel ». 

 

Il semble que la RSE fasse son chemin au pays de l’Oncle Sam. Et quand on sait que cela est non seulement créateur de valeur mais aussi de moindre volatilité…. Wall Street pourrait peut-être bientôt changer de visage !

Durable, vous avez dit durable ?

Durable, vous avez dit durable ?

(Source Florian Boulte, Tellusmatters – Lyon)

À l’heure où les critères d’investissement durables (ESG, RSI, conformes aux ODD) sont de plus en plus mis en avant, il convient de s’interroger sur la notion de durabilité, notamment dans une optique d’investissement.

En effet, si certains en doutent encore, la réalité est que la température moyenne de l’atmosphère se réchauffe. Ce réchauffement n’est pas inédit, ce qui l’est c’est sa rapidité et, de ce fait, la quasi-impossibilité de s’y adapter de manière indolore au-delà d’un certain seuil, déjà atteint.

Le réchauffement est dû à l’émission de gaz à effet de serre, ceux qui ont permis à la vie de se développer sur terre. En quantité raisonnable, ils nous permettent de bénéficier du climat globalement tempéré que la terre a connu au cours des douze derniers milliers d’années, qui ont permis à l’homme de se sédentariser.
Depuis la révolution industrielle, du fait de la découverte et l’utilisation croissante des énergies fossiles, par un nombre croissant d’individus, la concentration dans l’atmosphère des principaux gaz à effet de serre, dont le dioxyde de carbone, ont augmenté d’environ 80% par rapport à la moyenne des 400 000 dernières années, en seulement… 250 ans.

La rapidité de cette évolution est simple : une énergie bien plus carbonée qu’auparavant (moulin à eau et à vent, biomasse, travail humain et animal) avec 2/3 d’énergie fossiles dans le mix énergétique mondial, une consommation énergétique par personne multipliée par 10, à minima, mais aussi et surtout une population multipliée par près de 8 depuis le début de la révolution industrielle.

Aujourd’hui nous nous trouvons à un moment crucial, et ce pour deux raisons :

• Nous entrons dans une phase de contraction énergétique, essentiellement au niveau du pétrole conventionnel, dont le pic d’extraction a été atteint en 2008 mais aussi des « shale oil » (pétroles de schiste), qui sont en train de l’atteindre. Or, le pétrole est le sang de notre économie mondialisé puisqu’il représente 98% de l’énergie utilisée pour les transports. Moins de pétrole impliquera donc moins d’échanges,

• Il est indispensable que nous divisions par 4 nos émissions de dioxyde de carbone d’ici 2050 si nous ne voulons pas dépasser de plus de 2°C la température moyenne préindustrielle. Cela implique de réduire volontairement notre consommation d’énergies fossiles.

La décarbonation de notre économie semble donc inéluctable !

En quoi cela va-t-il avoir un impact sur notre façon d’investir ? Tout simplement en générant des risques et des opportunités nouvelles, pour lesquelles nos réflexes d’investisseurs ne sont pas préparés car ils ne prennent pas en compte le capital naturel

La faille initiale provient en partie de notre « science » économique, qui a décidé que les ressources naturelles étaient à volonté et n’avaient pas de prix hormis le coût d’extraction et la rente du propriétaire du terrain. Il n’en reste pas moins que depuis, nous n’avons pas modifié, ou seulement à la marge, le fait que les ressources naturelles, à défaut de prix, ont une valeur. Ainsi, la consommation du stock n’ayant pas été comptée, nous avons eu l’illusion de nous enrichir, alors que nous avons juste consommé, bien au-delà du raisonnable, un stock de ressources non renouvelables à notre échelle de temps.

Dans les années à venir, certains actifs pourraient perdre l’essentiel de leur valeur du fait de la rapidité du changement nécessaire devant l’urgence climatique, mais aussi de la contraction énergétique. C’est ce que l’on appelle déjà des « stranded assets », des actifs échoués. D’autres secteurs, proche de la neutralité carbone, mais aussi de la base de la pyramide de Maslow, devraient se développer pour remplacer les secteurs trop carbonés. Ainsi, alors que le secteur aérien ne devrait pas connaitre la croissance qu’on lui prédit aujourd’hui, le secteur ferroviaire pourrait connaitre un regain d’activité…

Ce sont ainsi de formidables opportunités d’investir dans le sens d’une économie durable. Une économie globalement plus petite, mais qui ne devra pas son existence à la consommation des stocks de ressources naturelles au-delà de leur régénération, à notre échelle de temps.Dans le monde fini qui est le nôtre, une croissance infinie n’est physiquement pas possible, il convient d’en tenir compte, en tant qu’investisseur, entrepreneur et tout simplement citoyen. Un modèle plus sobre, plus résilient et respectueux des limites est à inventer, et les investisseurs sont ceux qui peuvent orienter les ressources financières nécessaires aux bons endroits.

MJ&Cie technologique !

MJ&Cie technologique !

En 2019, MJ&Cie a intégralement refondu son infrastructure informatique, renforçant sécurité, stabilité et mobilité. Ceci permet a permis de mettre en place, sans délai, une organisation adaptée à la crise sanitaire.

 

En 2020, MJ&Cie accentue également l’amélioration de ses outils métier : automatisation et modularité renforcée du système de consolidation et reporting, optimisation des outils de suivi, digitalisation des process et de l’expérience clients.

 

Ces évolutions ambitieuses, qui renforcent la fiabilité et la sécurité des prestations, se réalisent dans le respect des exigences qualitatives qui sont la signature de MJ&Cie.

Les riches contribuables quittent Genève

Les riches contribuables quittent Genève

Source : GHI – Rédigé par Fabio Bonavita
/123RF-TYLER OLSON

– En l’espace de sept ans seulement, 109 personnes au bénéfice du forfait fiscal ont délaissé le canton.

– Une taxation trop lourde de la fortune, le franc fort et un coût de la vie élevé expliquent cet exode.

– Genève se place à la 69e position des villes où il fait bon vivre pour les expatriés, loin derrière Bâle 10e.

– A Genève, les contribuables au forfait représentent plus de 150 millions de francs d’impôts par année.

«Le canton de Genève est de moins en moins attractif pour les personnes fortunées» (Xavier Oberson, professeur de droit fiscal à l’Université de Genève)

Genève n’attire plus les grandes fortunes de ce monde. En 2012, le canton comptait encore 710 personnes au bénéfice du forfait fiscal. Sept ans plus tard, ce chiffre a considérablement baissé comme le confirme Tatiana Oddo Clerc, secrétaire générale adjointe au Département des finances et des ressources humaines (DF): «Un recensement réalisé en automne 2019 indique que le nombre de contribuables au forfait établis à Genève se monte actuellement à 601.»

Perte pour l’économie

Une baisse de plus de 15% qui inquiète Lorenzo Croce, responsable wealth planning au sein du family office genevois Onyx & Cie: «Au-delà des pertes fiscales pour le canton et les communes, c’est toute une partie de l’économie genevoise qui bénéficie de la présence de ces riches contribuables chez nous, notamment en termes d’emploi et de consommation. On pensera par exemple au personnel de maison, aux banquiers, avocats et écoles privées, mais également aux restaurateurs et commerçants.»

Tatiana Oddo Clerc préfère nuancer: «On ne peut pas parler de baisse. Cette variation n’est pas suffisante pour être qualifiée d’inquiétante. Il s’agit d’une variation naturelle du nombre de contribuables.»

Baisse d’attractivité

Reste que l’enjeu est de taille car les contribuables au forfait représentent une manne annuelle de plus de 150 millions de francs pour le canton. Ce dernier serait-il devenu moins intéressant pour les grandes fortunes? Lorenzo Croce en est convaincu: «Ces départs démontrent une baisse d’attractivité. Pour les non-Européens, le forfait minimum est fixé à Genève aux alentours de 825’000 francs, montant qui est taxé comme du revenu. Soit environ 39% pour un couple marié en Ville de Genève [soit 321’750 francs]. Ce seuil est prohibitif en comparaison internationale. A titre d’exemple, il est possible de prendre la résidence fiscale en Italie durant quinze ans en échange d’un impôt forfaitaire annuel de 100’000 euros [110’000 francs]. A cela s’ajoutent le franc fort et le fait que le coût de la vie en Suisse est important même pour les familles fortunées qui ont un train de vie élevé et qui ont constitué leur fortune en monnaie étrangère.»

Durcissement en 2021

Autre écueil de taille: à partir du 1er janvier 2021, la législation fédérale pour les contribuables au forfait se durcira encore. Avec pour conséquence, une hausse des impôts.

Ce qui n’inquiète pas outre mesure Tatiana Oddo Clerc: «Il est difficile d’évaluer l’impact que ce changement législatif aura sur l’évolution du nombre de contribuables forfaitaires à Genève.» Et Lorenzo Croce de mettre en garde: «Les familles fortunées demeurent très mobiles. La fiscalité y joue un rôle considérable et malgré la baisse du taux d’imposition des entreprises, Genève doit maintenant faire un pas vers les personnes physiques qui sont lourdement taxées.»

De son côté, Xavier Oberson, professeur de droit fiscal à l’Université de Genève, conclut: «Le canton de Genève est de moins en moins attractif pour les personnes fortunées en raison du taux d’imposition sur la fortune qui est le plus élevé de Suisse. En outre, cet impôt n’existe pratiquement plus au niveau international.»

Les expats de moins en moins séduits

Selon le dernier classement élaboré par le réseau InterNations, Genève arrive à la 69e position des villes où il fait bon vivre pour les expatriés. Un rang peu flatteur qui s’explique surtout par la faible «socialisation» proposée par la cité de Calvin. En d’autres termes, les expatriés ont de la peine à s’intégrer à Genève. Autre point faible, la difficulté toujours croissante de trouver un logement. Pour les expatriés, cette recherche relève souvent du parcours du combattant. Au niveau Suisse, Zoug et Bâle se partagent respectivement les 8e et 10e places. Lausanne arrive 36e, Berne 38e, Zurich 41e et Lugano 53e. Outre les villes helvétiques, Taipei, Kuala Lumpur, Ho Chi Minh Ville, Singapour, Montréal, Lisbonne, Barcelone et La Haye, figurent parmi les endroits les plus sollicités par les travailleurs étrangers.

Nouvelle identité visuelle pour MJ&Cie

Nouvelle identité visuelle pour MJ&Cie

Ancien logo MJ&Cie

Nouveau logo MJ&Cie

Paris/Genève, 15 janvier 2020 – MJ&Cie dévoile sa nouvelle identité visuelle et renforce son image. Plus actuelle et plus épurée, elle conjugue sérieux et sobriété, tout en s’inscrivant résolument dans la modernité.

Le nouveau logo qui, par sa couleur, réunit passé et présent, reflète la diversité des activités du multi-family office et traduit ses quatre pôles de compétences : investissements, juridique & fiscal, support & secrétariat privé, accompagnement familial (gouvernance & philanthropie).

«Depuis notre création en 2001, nous avons été à l’origine de l’implantation d’un nouveau métier en France et en Europe, celui de professionnel du multi-family office. Depuis, ce marché a beaucoup évolué. Il est devenu nécessaire pour MJ&Cie d’exprimer plus clairement son expérience, sa vision, ainsi que la rigueur et l’impartialité de sa pratique. Il nous a paru important de renforcer notre marque et nous doter d’une identité plus lisible», explique François Mollat du Jourdin, président fondateur de MJ&Cie.

Le nouveau site internet (www.mj-et-cie.com) réaffirme la place du client au cœur de l’organisation de MJ&Cie. L’entreprise montre ainsi comment elle saisit et répond à toutes ses attentes.

«Notre nouveau site permettra à nos clients et partenaires de mieux comprendre la nature de nos services et notre plus-value ainsi que l’esprit dans lequel nous travaillons», précise François Mollat du Jourdin. «Il est également l’occasion de souligner la priorité de l’humain au cœur de notre métier, car notre ambition est de créer des relations pérennes et harmonieuses avec chacun de nos clients et leurs prestataires. Le tout dans un esprit de responsabilité durable.»

Le monde du family office est aujourd’hui concurrentiel. L’évolution de l’identité visuelle de l’entreprise doit participer à la consolidation de la place de MJ&Cie sur ce marché. Elle entend non seulement conserver son statut de référent, mais également accroître sa visibilité.

«La nouvelle identité de MJ&Cie est destinée à renforcer son image de référence incontournable, haut de gamme et internationale dans l’accompagnement des entrepreneurs et des grandes fortunes (UHNWI). En un mot, d’affirmer notre positionnement de multi-mono family office innovant, responsable et engagé», conclut François Mollat du Jourdin.

Contacts Presse

France
François Mollat du Jourdin
Président fondateur
f.mollat@mj-et-cie.com

Suisse
Rohan Sant
Voxia communication
+41 22 591 22 63
rohan.sant@voxia.ch

À PROPOS DE MJ&CIE

MJ&Cie est présent à Paris et à Genève. Nommé «Family Office Européen de l’année 2009» et «Family Office incontournable du marché français» depuis 2015, MJ&Cie est le premier multi-family office français.
Précurseur lors de sa création en 2001, MJ&Cie reste une référence dans l’innovation au service des entrepreneurs et personnes fortunées.
Membre actif de l’AFFO* et signataire de sa charte, ainsi que d’ENFO** dont François Mollat du Jourdin est co-fondateur, MJ&Cie s’engage résolument en faveur du développement des bonnes pratiques de la profession et appuie son engagement sur les principes du Pacte mondial de l’ONU.
*L’Association Française du Family Office (AFFO) travaille au développement des bonnes pratiques, des outils et de la professionnalisation du métier.

**Le European Network of Family Offices (ENFO) favorise l’échange d’expertises et d’expériences entre acteurs européens de premier plan.

Décembre 2019

Décembre 2019

E veteris nova” (Sénèque)

Incontournable ! Pour la 6e année consécutive, MJ&Cie se voit porter en haut du classement des family offices français indépendants.

Pourtant, la liste des acteurs s’enrichit de nombreux nouveaux arrivants, aux modèles relativement éclectiques.

En outre, la définition et le positionnement de ce métier ne sont toujours pas d’une parfaite clarté, et l’appellation family office continue à être largement utilisée par des acteurs aux profils variés, parfois loin du fondement de ce métier qu’est en particulier la transparence !

Cette reconnaissance n’en prend que davantage de valeur, tout spécialement pour l’équipe de MJ&Cie, qui voit ainsi récompensé un travail forgé d’exigence et d’éthique depuis sa création en 2001.

Les enjeux de demain, pour demeurer une référence, seront aussi l’engagement et la responsabilité, le sens et l’impact. Autant de sujets sur lesquels MJ&Cie a démontré, depuis longtemps, réflexion et conviction, prolongées de choix forts, que ce soit par sa politique sociale, son engagement philanthropique, l’évolution « ISR et Impact » de ses prestations, et plus globalement la volonté d’un engagement RSE emmené par l’ensemble de son équipe.

Car la durabilité est au cœur du métier de family office.

MJ&Cie philanthrope !

MJ&Cie philanthrope !

Conformément à l’orientation (enfance et éducation) choisie par son comité philanthropique il y a plusieurs années, MJ&Cie a renouvelé, pour l’exercice 2019, son soutien aux associations l’Enfant Bleu et Toutes à l’école.

L’association Toutes à l’école intervient au Cambodge et œuvre pour l’éducation des petites filles, souvent défavorisées et vulnérables, de l’école primaire jusqu’à l’obtention du bac, avec parfois un accompagnement dans l’enseignement secondaire. Soucieuse de faire évoluer les élèves dans un environnement sain et favorable à leur réussite scolaire, l’association assure une prise en charge globale qui comprend l’alimentation, le suivi médical, l’accompagnement social et l’aide aux familles de ces petites et jeunes filles.

MJ&Cie finance depuis 2017 la scolarité de dix fillettes, qui ont aujourd’hui atteint la classe de CE1.

L’Enfant Bleu, qui lutte contre l’enfance maltraitée, est une association créée en 1989, présente en Ile-de-France et en région grâce à sa collaboration avec des associations partenaires. Ses missions portent principalement sur l’aide aux victimes sous différentes formes, comme l’écoute et le soutien, la défense des droits, l’assistance juridique ou l’aide à la reconstruction psychologique. L’association œuvre également pour la prévention et la formation, sur le terrain scolaire ou auprès des professionnels de l’enfance.

En 2019, le soutien de MJ&Cie a permis de financer plusieurs centaines de séances de soutien psychologique à ces jeunes victimes de violences.

Emprunts russes, clap de fin ?

Emprunts russes, clap de fin ?

La Cour de cassation a brisé le dernier (mince) espoir des porteurs d’emprunts russes de se faire, un jour, rembourser une partie (minime) de l’épargne de leurs aïeux. La chambre civile de la plus haute juridiction a en effet estimé, dans un arrêt du 6/11, que la justice française n’était pas compétente pour contraindre la Russie à exercer sa garantie au profit des épargnants français. Une décision prise au nom de la souveraineté d’un pays étranger sur laquelle un juge français ne peut interférer.

Le litige portait sur des emprunts émis en 1906 et 1908 pour financer les chemins de fer russes, mais s’applique de facto à tous les titres émis avec la garantie du gouvernement impérial russe.

Le contentieux entre la France et la Russie, né après la décision de Lénine, en janvier 1918, de ne pas reconnaître « les dettes tsaristes », a été réglé avec la signature, en mai 1997, d’un accord par lequel chacune des parties renonce à toutes les créances réciproques antérieures au 9 mai 1945 et à soutenir « les revendications de leurs ressortissants ». En clair, si cet accord n’éteint pas juridiquement les droits de créances des porteurs, il empêche le gouvernement français de porter officiellement leurs revendications.

A cette occasion, une compensation a été accordée aux quelques 316 000 porteurs français (ou ayants droit) d’emprunts russes (environ 6 millions de titres recensés) d’un montant de $400M… soit une infime partie des sommes dues, souvent d’ailleurs garanties sur l’or ! Les montants évoqués par les associations ou les historiens sont en effet conséquents : 15Mrd de francs or investis en plus de trente ans, depuis le premier emprunt des compagnies de chemins de fer russes lancé en 1867, soit plus de €50Md. Pas étonnant dès lors que certains épargnants aient refusé d’abandonner le combat. Il ne leur reste donc plus qu’à traîner le Kremlin devant les tribunaux russes pour faire valoir leurs droits. C’est d’ailleurs ce que conclut la Cour de Cassation en soulignant que les Français lésés ne sont pas pour autant privés de justice car ils peuvent saisir la justice russe « dont le manque d’indépendance et d’impartialité ne peut être présumé ».

Actualité fiscale

Actualité fiscale

Projet de loi de Finances 2020 : principales nouveautés pour les particuliers :

  • Les dirigeants des entreprises dont le siège est situé en France et qui y réalisent un chiffre d’affaires annuel supérieur à €1Mrd seraient considérés comme exerçant en France leur activité professionnelle principale et seraient donc réputés résidents fiscaux de France. Après examen du texte, le seuil de chiffre d’affaires serait abaissé à €250M et s’appliquerait dès l’imposition des revenus 2019.
  • Les députés ont également validé la fin de l’exonération d’impôt pour les contrats d’assurance-vie conclus avant 1983. Les produits afférents aux primes versées à compter du 10 octobre 2019 sur un bon ou contrat d’assurance-vie souscrit avant le 1er janvier 1983 ne seraient donc plus exonérés mais soumis au régime de droit commun des contrats de plus de huit ans. Ces modifications s’appliqueraient aux dénouements ou rachats intervenant à compter du 1er janvier 2020.
  • Un dispositif permettrait, à titre expérimental pendant trois ans, à l’administration fiscale et aux douanes de collecter et d’exploiter, par data mining, les contenus librement accessibles des utilisateurs des réseaux sociaux (type Facebook, Instagram, etc.). Ces données seraient conservées jusqu’à un an si elles « sont de nature à concourir à la constatation d’infractions » fiscales ou douanières.
  • ISF/IFI : résidence principale, QPC sur l’application de l’abattement de 30% en cas de détention par une SCI.

Un contribuable propriétaire de sa résidence principale au travers d’une SCI pouvait-il se prévaloir de l’abattement de 30% pour le calcul de l’ISF et par extension au titre de l’IFI actuel ? C’est la question à laquelle le Conseil constitutionnel devra prochainement répondre.

Pour mémoire, la loi prévoyait que la valeur vénale de l’immeuble occupé à titre de résidence principale par son propriétaire était réduite de 30% pour le calcul de l’ISF.  Saisi par la Cour de cassation, sur le fondement des principes d’égalité devant la loi et devant les charges publiques, le Conseil Constitutionnel devra trancher la question de savoir si cet abattement était également applicable sur une résidence principale détenue par l’intermédiaire d’une SCI. Si la QPC porte sur l’ISF, il convient de s’interroger sur le point de savoir si la réponse du Conseil Constitutionnel sera applicable à l’actuel IFI. En effet, l’article qui prévoit ce même abattement pour les redevables de l’IFI est rédigé dans des termes identiques à l’ancien article applicable à l’ISF.  Affaire à suivre.

  • Transparence fiscale : obligations de déclaration de certains montages transfrontaliers :

La nouvelle directive relative à la transparence en matière de planification fiscale agressive (dite « DAC 6 » pour Directive on Administrative Cooperation n° 6) prévoit la déclaration de certaines opérations mises en œuvre à partir du 25 juin 2018. Cette obligation est en principe à la charge des intermédiaires fiscaux mais pourrait revenir au contribuable dans certains cas.

Cette déclaration vise tout dispositif prenant la forme d’un accord, d’un montage ou d’un plan et faisant intervenir deux États membres ou un État membre et un État tiers à l’Union Européenne. Le dispositif n’est déclaré que s’il comprend un « marqueur » (classé en 5 catégories de A à E) indiquant un risque d’évasion ou de fraude fiscale. Cette obligation déclarative entre en vigueur au 1er juillet 2020. Toutefois, les dispositifs transfrontaliers, dont la première étape a été mise en œuvre entre le 25 juin 2018 et le 1er juillet 2020, sont déclarés au plus tard le 31 août 2020.

En Italie, la collecte de l’impôt est une loterie !

En Italie, la collecte de l’impôt est une loterie !

Lorsqu’il s’agit de savoir quelles seront ses rentrées fiscales, l’Etat italien a l’impression de jouer à un jeu de hasard. Celui du chat et de la souris qu’il mène contre les mauvais contribuables ne porte pas les fruits escomptés, avec une évasion fiscale actuellement estimée à €109Mrd par an.

Les nombreux citoyens qui ne jouent pas le jeu de la solidarité face à l’impôt se montreront toutefois peut-être prêts à participer à une loterie destinée à faire émerger les ressources qu’ils soustraient au fisc. L’actuel ministre de l’Economie, Roberto Gualtieri, envisage en effet d’introduire dans le prochain budget 2020 une mesure qui avait été adoptée en 2017 par l’exécutif de Paolo Gentiloni, mais jamais appliquée : une loterie sur les reçus fiscaux, système déjà pratiqué dans certains pays européens, dont Malte et le Portugal.

Concernant l’Italie, elle viserait la TVA, dont le Gouvernement veut à tout prix éviter l’augmentation du taux mais pour laquelle la fraude représente pour les caisses de l’Etat une perte de €33,6Mrd par an. Ce qui fait de la Péninsule la championne d’Europe en ce domaine, indiquent les derniers chiffres de la Commission de Bruxelles. Selon le projet de Rome, chaque ticket de caisse permettrait l’accès à un billet d’une loterie qui compterait trois tirages par mois, avec trois prix, respectivement de €10 000, €30 000 et €50 000. Une fois par an, un tirage exceptionnel donnerait même droit à €1M.

Parmi les autres mesures à l’étude, les autorités envisagent des incitations censées encourager l’usage des cartes de crédit. Car l’Italie détient là encore un autre record en Europe : celui de la réticence à la monnaie électronique. Seuls 13% des paiements italiens sont effectués avec une carte de crédit. Un Italien fait en moyenne moins de 100 paiements digitaux par an, selon Capgemini, tandis qu’un Norvégien en fait près de 600 et un Français, 360. Le gouvernement songe à procéder à des remboursements pouvant atteindre entre 2 et 4% de la valeur des achats effectués à partir du moment où ceux-ci sont faits par carte. Une mesure qui pourrait coûter entre €3Mrd et €5Mrd chaque année. Le prix à payer pour une meilleure traçabilité des paiements et surtout pour la baisse de l’évasion fiscale. Et une nouvelle carte abattue par l’Etat dans sa partie de poker menteur avec les contribuables.

MJ&Cie dans la presse

MJ&Cie dans la presse

Décideurs Magazine

– Octobre 2019 : classement des meilleurs multi-family offices indépendants en France. MJ&Cie à nouveau classé parmi les deux acteurs « incontournables ».

–  Novembre 2019 : dossier Family Office et multi family offices : qui sont-ils ? Le magazine Décideurs dresse un portrait de MJ&Cie, qui est à nouveau distingué comme « acteur de référence ».

Art… et rationalité

Art… et rationalité

Les résultats des ventes d’art moderne et contemporain à New York restent satisfaisants dans un contexte d’incertitudes économiques mondiales… mais la saison n’a vu aucun coup d’éclat, si ce n’est une toile du Pop Californien Ed Ruscha, adjugée $52M. En cette fin d’année, les observateurs se demandent quel sort sera réservé au marché de l’art moderne et contemporain, dans un contexte secoué par de nombreux enjeux (géo)politiques et économiques.

Depuis quelques années les maisons de ventes se nourrissent médiatiquement chaque saison de records extraordinaires qui dépassent les $50M adjugés pour une seule œuvre. Il faut dire que ces prix stratosphériques ont un effet en cascade sur le moral du marché et donc sur les niveaux de transactions. On peut par exemple citer les $111M enregistrés en mai 2019 pour les Meules de Claude Monet ou les $90M pour une peinture de David Hockney en novembre 2018. Entre le 11 et le 15 novembre 2019, Sotheby’s, Christie’s et Phillips dispersaient à New York leurs plus beaux lots d’art impressionniste, moderne et contemporain.

Mais cette fois, à une exception près, aucune œuvre « trophée » n’a été mise sur le marché.

Il y a plusieurs raisons à cela. La première tient à un fait conjoncturel : pas de décès ou de divorce de grands collectionneurs. Cependant, on attend une décision de justice qui engendrera certainement, en 2020, la dispersion de l’immense collection de l’entrepreneur immobilier new-yorkais Harry Maclowe et de son ex-épouse, à la suite de leur divorce. Avec des œuvres de Jeff Koons, Cy Twombly ou Giacometti, elle pourrait frôler $1Mrd.

Plus généralement, la baisse de l’offre de pièces de qualité exceptionnelle est justifiée par le fait que la patrie des grands collectionneurs dans le monde, les USA, est moins motivée pour vendre, car l’administration Trump a mis fin en 2018 à une mesure fiscale très favorable au marché de l’art, le « like-kind exchange », qui permettait de repousser la taxe sur la plus-value en cas d’achat dans les six mois, d’un bien similaire. Cette nouvelle réglementation fiscale associée à une situation internationale incertaine n’incite probablement pas à la prise de risque.

Le temps d’une saison, il y a donc moins d’excitation, même si le secteur continue à susciter un intérêt certain. Néanmoins, l’absence de collections réputées et de lots stars s’est fait sentir. Alors qu’en novembre 2018, Christie’s et Sotheby’s avaient enregistré un total de près de $2Mrd, cette année, elles accusent une baisse de 35% des volumes vendus, avec un résultat cumulé d’$1,3Mrd.

Pour les ventes du soir d’art impressionniste et moderne, les résultats cumulés de Sotheby’s et Christie’s ($400M) sont également en baisse de 30%. Christie’s a engrangé $192M (contre $279M l’année dernière). Ce résultat, compris dans la fourchette d’estimation ($138M à $203M), accuse une baisse de 31% (hors collection Ebsworth), alors même que le taux de vente est supérieur à la moyenne, puisque 90% des lots ont trouvé preneur. Cette dichotomie s’explique par l’absence de lots estimés à $50M comme l’an passé et le retrait de trois œuvres avant la vente. La plus haute enchère de la soirée est allée à une toile de René Magritte, Le Seize septembre (1957), adjugée $19,5M, bien au-delà de son estimation haute ($10M), tandis qu’une sculpture d’Umberto Boccioni, Formes uniques de continuité dans l’espace, conçue en 1913 et fondue en 1972, a atteint $16M, soit trois fois son estimation haute, devenant ainsi un record mondial pour l’artiste italien.

Chez Sotheby’s, ce sont quelques $209M qui ont été récoltés, dans la fourchette de son estimation et en baisse de près de 34% par rapport à novembre 2018.

Des noms moins attendus parmi les stars des ventes modernes ont engendré de gros prix : $20M pour Gustave Caillebotte, $16M pour un paysage d’Istanbul de Paul Signac. Il avait été adjugé €8M d’euros en 2012.

Cette saison permet aussi de voir émerger des artistes ordinairement occultés par les gros prix. C’est le cas de Charles White (1918-1979) qui était très peu connu jusqu’en octobre 2018 lorsque le Moma de New York lui a consacré une rétrospective, qui a aussi voyagé à Chicago et Los Angeles. Ses quarante ans de carrière ont été principalement consacrés à la question afro-américaine, en peinture et par le dessin. Faisant ainsi écho au Wealth Report d’UBS/Campden, le monde de l’art semble afficher davantage de retenue (malgré certaines excentricités, comme « la banane de Maurizio Cattelan » présentée par Perrotin à Art Basel Miami), après une période « d’exubérance irrationnelle » que rien ne paraissait arrêter. Plus que jamais, le marché semble mature, (ultra) sélectif et… sur ses gardes. Comme partout, l’heure est à la qualité, qui sera le meilleur gage de résilience en cas de conjoncture plus sombre !

L’Italie, nouvel Albion

L’Italie, nouvel Albion

Dolce vita, paysages idylliques, cuisine réputée : l’Italie avait déjà quelques atouts dans sa manche pour faire venir à elle nombre d’étrangers cherchant un nouveau pays de résidence plus clément à tous points de vue. Elle a récemment ajouté une corde à son arc : la flat tax à destination des retraités, introduite par la loi de Finances 2019. La réduction d’impôt, valable pour cinq années à dater de l’installation, n’est en revanche applicable que si les personnes concernées viennent vivre dans une ville de moins de 20 000 habitants, dans une des huit régions du Sud de l’Italie : la Sicile, la Calabre, la Sardaigne, la Campanie, les Pouilles, les Abruzzes, le Molise ou la Basilicate.

Parmi les mesures d’incitation, une des plus remarquables est celle des impatriés, qui permet aux salariés titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur (et aux personnes occupant un poste de direction d’entreprise) de bénéficier d’un abattement de 50% sur leur revenu du travail imposable et ce, pendant les cinq premières années de résidence en Italie. Quelques conditions, en dehors du diplôme, sont à retenir : ne pas avoir résidé en Italie au cours des cinq dernières années, établir sa résidence principale en Italie pour au moins deux ans, et exercer sa fonction salariée principalement en Italie.

Par ailleurs, surfant sur la vague des déçus du Brexit, le pays a également mis en place une taxation forfaitaire pour les personnes fortunées s’installant en Italie. Si les revenus italiens sont taxés de manière normale, cette mesure prévoit une taxation des revenus de source étrangère plafonnée à €100 000 quels que soient les montants.

Pouvant atteindre une durée de 15 ans, elle peut même être étendue à des membres de la famille, au travers d’une majoration annuelle de €25 000 par parent ajouté.

Enfin, pour les particuliers, un des attraits fiscaux italiens réside dans le fait que les droits de succession, de parent à enfant, sont nuls, dans une limite d’€1M (et 4% au-delà). L’exonération est en revanche totale concernant les biens étrangers transmis. Dernier « détail » :  le trust (outil de prédilection des anglosaxons pour la transmission de patrimoine), contrairement à la France, permet sous certaines conditions, à un résident italien de détenir du patrimoine, y compris italien.

Le family office, un indicateur avancé ?

Le family office, un indicateur avancé ?

UBS et Campden Wealth Research ont dévoilé l’édition 2019 de leur rapport dédié aux family offices. Cette enquête, menée auprès de 360 family offices internationaux dont le montant des actifs sous supervision s’élève en moyenne à $971M, s’intéresse notamment à leurs performances, à leurs anticipations de marché, ou encore à leur implication face au changement climatique.

La grande tendance pointée lors de cette dernière édition est l’attrait de l’immobilier, qui atteint désormais 18% du total. Plus largement, les investissements alternatifs représentent maintenant 40% du portefeuille moyen, une augmentation de 1,4% par rapport à l’étude 2018. Cette évolution s’explique, en période de taux bas et de volatilité des marchés financiers, par la recherche de rendement et de diversification.

Les prévisions pour 2020 montrent d’ailleurs que 39% des investisseurs prévoient d’accroître le poids des investissements en private equity. 28% le feront à travers des fonds et 16% rechercheront à faire croître la part immobilière de leur patrimoine.

Si les actifs moyens d’un family office délivrent une performance annuelle de 5,4%, le capital-investissement se distingue des autres classes d’actifs, avec un rendement annuel moyen de 16% pour les investissements directs, et 11% pour les investissements réalisés via des fonds. Plus de la moitié des répondants (55%) anticipe cependant un repli en 2020, et commence à mettre en place des actions pour y faire face.

Ainsi, 45% des family offices revoient leur stratégie d’investissement afin de limiter les risques, tandis que 42% augmentent leurs réserves de trésorerie. Il apparaît enfin que 8 répondants sur 10 s’attendent à ce que les familles les plus fortunées du monde jouent un rôle actif dans la lutte contre les changements climatiques. A ce jour, 33% des family offices interrogés se sont engagés dans l’investissement socialement responsable et 19% de leurs actifs sont dédiés au développement durable.

The Billionaire Effect

The Billionaire Effect

D’après la plus importante banque de gestion de fortune du monde, les sociétés qui ont tendance à surperformer le marché sont celles détenues par des milliardaires !

Ces dernières auraient un rendement de 17,8% en 2018, comparé aux 9,1% de l’indice MSCI World. Cet « effet milliardaire » s’expliquerait par une vision à long terme, une intelligence dans la prise de décision et une détermination à toute épreuve. Le point commun de ces milliardaires est de dupliquer leur sens du business à leurs activités philanthropiques, telle que la Fondation Bill & Melinda Gates, ou encore Jack Ma qui, après son retrait d’Alibaba, a annoncé sa volonté de développer des activités orientées vers les populations en difficulté. Les plus grandes causes portées par les milliardaires sont l’éducation (37%), la santé (21%) ainsi que l’art et la culture (14%).

AFFO

AFFO

Fidèle à sa tradition d’ouverture internationale, un groupe de 25 membres de l’Association Française du Family Office (dont F. Mollat du Jourdin est secrétaire général) a réalisé un voyage d’études en Italie pour y rencontrer l’écosystème du family office et de la gestion de fortune. Trois jours milanais qui ont permis de constater beaucoup de convergences avec la France malgré un marché apparemment moins structuré et moins mature. Des différences culturelles ont aussi été mises en évidence, parfois inattendues, mais indispensables à une bonne appréhension de ce pays si proche.

Par ailleurs les Rencontres Annuelles, qui se sont tenues début décembre, ont été l’occasion de présenter le nouveau Livre Blanc de l’AFFO, sur l’immobilier. Il s’agit du 6e opus après la philanthropie, la gouvernance, l’éducation et la formation, l’allocation d’actifs et la gestion des risques.

Un aréopage d’intervenants prestigieux (Jean-Christophe Fromantin, Philippe Chiambaretta, et Guillaume Poitrinal) a permis d’enrichir cette matinée de réflexion prospective, qui a vu aussi décerner le 7e prix de l’AFFO à un mémoire d’étudiant de master.

Lancé en 2013, le « Prix de l’AFFO » a pour vocation de faire connaître le métier de family office, son implication dans l’intérêt économique de l’entreprise familiale, et d’encourager les jeunes diplômés dans ce métier à l’avenir prometteur. Il s’adresse aux étudiants des universités ayant suivi un troisième cycle de type master, spécialisé en gestion de patrimoine.

La 6e édition, en décembre 2018, avait décerné le 1er prix à Quentin Barricault, pour son mémoire : « La gestion de la retraite du chef d’entreprise dans un contexte de réformes structurelles ». Cette année, c’est une étudiante de Dauphine, Chloé Topart, qui s’est vue distinguée par le jury pour son travail sur les fondations actionnaires. Dernière réalisation notable de l’AFFO en 2019, présentée lors des Rencontres Annuelles : la formation sur le family office (certification en 20 jours / 140 heures) lancée avec l’AUREP, qui connaît un réel succès : la première session débute en janvier avec 32 participants, ce nombre ayant été limité afin de préserver l’impact de ce programme qualitatif.

Banques suisses en voie de disparition

Banques suisses en voie de disparition

« Covfefe » et puis désormais « Volfefe ». Non, il ne s’agit ni d’une erreur du correcteur orthographique de votre téléphone ni d’une tentative de sms à votre ex après un verre de trop… mais du nouvel indice créé par une grande banque américaine, basé sur les tweets du 45e président des Etats-Unis d’Amérique !

Néologisme issu de la contraction du mot inexistant « covfefe » – célèbre faute de frappe du non moins célèbre président ayant mal orthographié le mot « coverage » lors d’un tweet – et du mot « volatility » ; cet indice vise à analyser les conséquences des fameux messages limités à 280 caractères sur la volatilité du marché de la dette, lorsqu’ils émanent de … Donald Trump.

D’après les analystes, sur les 4 000 tweets publiés par le président en 2018 et 2019 durant les heures d’ouverture des marchés, 146 d’entre eux ont eu un effet sur les cours.

Les tweets relatifs à certains thèmes comme la guerre commerciale avec la Chine ont bien évidemment des effets plus conséquents que d’autres. Les analystes avouent à demi-mots que la prochaine étape serait la transposition de cet indice sur le marché des actions et des devises.

Les investisseurs devraient cependant se montrer prudents tant il est vrai qu’avec le développement de l’IA, il devient de plus en plus facile de piocher dans les données… au risque d’aboutir à des conclusions fallacieuses.

MJ&Cie stratégique !

MJ&Cie stratégique !

Le Conseil Stratégique de MJ&Cie s’est réuni début novembre. Il a été l’occasion d’un bilan approfondi sur le plan d’action lancé début 2019 qui vise à renforcer la qualité de l’expérience client, et conforter le positionnement de MJ&Cie comme « multi-mono family office », family office du sur mesure, boutique de référence au service d’un nombre raisonné de clients français et internationaux. Ce plan traite autant de qualité des outils technologiques et digitaux que de formation et recrutement, de process et d’organisation que de gouvernance et de développement. Composé de professionnels reconnus (outre les associés, y siègent Denise Kenyon Rouvinez – Former Wild Group Professor of Family Business at IMD Business School et experte en gouvernance-, Alberto Haddad -conseil en stratégie et en investissements-, Laurent Isenegger -avocat- et Christophe Delrieu -fiscaliste-), cet organe de réflexion sur les enjeux stratégiques, la gouvernance et la pérennité de la société se réunit deux à trois fois par an.

Fraude fiscale, rapport sévère

Fraude fiscale, rapport sévère

Un récent rapport de la Cour des Comptes risque de provoquer quelques remous : contrairement au discours ambiant, l’Etat paraît aussi brouillon que négligeant dans la lutte contre la fraude fiscale.

Entre 2013 et 2018, les sommes recouvrées grâce au contrôle fiscal ont chuté de 22%, passant de €10Mrd à €7,8Mrd. Or, cela augmente dans d’autres pays. En 2018, ces sommes étaient 2,5 fois moindres qu’en Allemagne et 2 fois moindres qu’au Royaume-Uni.

Pourtant, depuis la crise financière de 2008, des progrès ont été accomplis, notamment grâce aux institutions internationales. Les Etats ont amélioré leur coopération. En France, deux lois (en 2013 et en 2018), ont permis de renforcer l’arsenal répressif. Au point, d’ailleurs, que le pays dispose maintenant de l’un des dispositifs juridiques les plus complets à cet égard. Mais l’utilisation de ces outils supplémentaires ne s’est pas encore accompagnée d’une amélioration des résultats du contrôle.

Les suppressions de postes sont-elles en cause ? La direction générale des finances publiques a perdu 19% de ses effectifs entre 2008 et 2018, chiffre comparable à ce qui s’est fait dans d’autres pays. Il n’en reste pas moins que les contrôles sur place ont diminué en France (– 20% pour les professionnels et – 25% pour les particuliers). Et le meilleur ciblage des contrôles qui aurait dû en résulter n’a pas produit les effets attendus.

Selon la Cour des Comptes, l’administration fiscale ne s’est pas saisie du sujet, et cela fait de la France une exception très notable. Plusieurs raisons l’expliquent, notamment le fait qu’impôts, taxes et cotisations sont recouvrés par de multiples administrations. Mais les données nécessaires sont tout simplement indisponibles. Et pourtant notre pays ne doit pas rester plus longtemps à l’écart d’un mouvement d’estimation de la fraude fiscale qui concerne désormais la plupart de nos grands partenaires. Depuis que les Etats-Unis ont lancé le mouvement, en 1983, de nombreux Etats s’y sont mis. C’est le cas de seize pays de l’Union Européenne sur vingt-huit. Etablir une méthode fiable leur a demandé du temps : deux à quatre ans. Mais cela est utile. Car, rappellent les magistrats financiers, la fraude a « des conséquences politiques fortes en alimentant un sentiment persistant d’injustice : contribuant à renforcer les inégalités devant les prélèvements, elle mine la légitimité de ces derniers ».

Immobilier : l’habit ne fait pas le moine

Immobilier : l’habit ne fait pas le moine

En France, l’investissement immobilier devrait signer une année record, porté par les investisseurs étrangers. Sur le seul commerce, les transactions pourraient dépasser €5Mds, portées par les flagships de luxe des grandes artères. Le locatif de bureau en Ile-de-France, s’il se tasse un peu, demeure très dynamique en première couronne.

L’immobilier résidentiel poursuit par ailleurs sa hausse en volume et en prix, particulièrement dans les zones dites « tendues ». Enfin, on constate une hausse des valeurs locatives à Paris, contre une situation plus hétérogène ailleurs.

Ces évolutions illustrent un marché en tension (taux bas, Brexit, attractivité retrouvée soutiennent la conjoncture), sélectif (insuffisamment ?), baigné par les incertitudes mondiales.

A l’étranger, Londres et Hong Kong, pénalisées par leurs situations spécifiques, résistent bien. La capitale anglaise semble même redevenir attrayante (baisse des prix et de la devise) pour de nombreux investisseurs internationaux. A Hong Kong, le marché, dominé par des acheteurs locaux, est, pour l’instant, moins impacté par les événements que ce qui pourrait être attendu. 

A New York, la dynamique demeure solide alors que la Floride semble montrer des signes de faiblesse (passagère ?), après un fort engouement depuis 2008.

Un constat s’impose donc : l’immobilier, dans les localisations phares de la planète, apparait comme une valeur refuge en ces périodes de taux bas. La quête désespérée de rendement porte les actifs à des niveaux historiques. Et l’on constate un mouvement de « flight to quality » en réponse aux incertitudes mondiales. 

Cet eldorado partage le haut de l’affiche avec le private equity. L’argent demeure abondant, les investissements traditionnels ne peuvent plus répondre aux attentes des investisseurs. On arbitre la liquidité contre le rendement… et un risque, peut être mal identifié.

Car les politiques accommodantes des Banques Centrales, depuis 2008, ont d’abord eu pour conséquence une explosion de la demande obligataire. Conjuguée à une inflation historiquement et constamment basse, l’environnement obligataire offre aujourd’hui des rendements extrêmement faibles, même pour des émetteurs risqués. Quant aux émetteurs les plus sûrs, la situation est sans précédent (et pourrait durer) : à titre d’exemple, la Suisse a vu l’ensemble de sa courbe des rendements passer en territoire négatif jusqu’à l’échéance de 50 ans !

C’est donc pour pallier ce déficit de rendement que le volume des placements immobiliers a considérablement augmenté. Pour reprendre l’exemple de la Suisse, les caisses de pension helvétiques ont augmenté leur allocation globale immobilière de 34% au cours des 10 dernières années (près de 25% de l’allocation totale -immobilier direct et indirect – à fin 2018).

Ces inflexions stratégiques sont justifiées par un besoin de cash flows et un couple rendement/risque nettement plus favorable que l’obligataire.

L’autre raison qui soutient ce mouvement est la décorrélation entre immobilier et obligataire (n’oublions pas qu’une hausse de 1% du taux à 10 ans provoque une baisse de 7% de la valeur de l’obligation correspondante).

Les rendements immobiliers dépendent de nombreux facteurs économiques, distincts de ceux impactant l’obligataire. En outre, cette classe d’actifs offre un potentiel de diversification sectorielle, selon les typologies d’actifs (bureaux, commerces, logistique, etc) et géographique. Enfin, l’immobilier procure une couverture contre l’inflation, car les baux sont généralement indexés sur l’évolution des prix.

A mi-chemin entre actions et obligations en termes de profil risque/rendement, l’immobilier apporte des rendements stables et élevés (en termes relatifs), même s’ils sont sujets au risque de gains et pertes en capital. Il existe d’ailleurs une perception erronée, selon laquelle la volatilité de cet actif est faible.

Or MSCI constate que les évaluateurs ajustent ou mettent à jour leurs évaluations antérieures, créant une série de rendements qui correspond finalement à une moyenne mobile, sous-estimant ainsi les mouvements de marché. Par ailleurs, la prévalence de l’actualisation des flux de trésorerie (DCF – discounted cash flows) accentue encore ce lissage.

En fait, la composante en capital de l’immobilier est de nature cyclique, parce qu’elle est exposée à des risques macro-économiques et de marché. Les analyses à long terme montrent que les chocs sur les marchés actions se transmettent immédiatement aux fonds de placement immobiliers côtés, mais aussi, de manière décalée, aux rendements de l’immobilier direct. Par conséquent, à long terme, les rendements immobiliers peuvent finalement évoluer de façon beaucoup plus corrélée avec ceux des actions que ce que pensent les investisseurs.

Aujourd’hui, l’appétit pour le risque immobilier augmente car les rendements des actifs « prime » se situent à des niveaux historiquement bas (sous la barre des 3 %, y compris dans certaines villes allemandes). Les prix ont dépassé les niveaux d’avant crise sur de nombreux marchés, pour le commerce comme pour le résidentiel. Et la croissance des prix a été stimulée par les faibles niveaux de construction et de taux (ce dernier facteur ayant réduit les coûts d’emprunt et les taux d’actualisation).

L’intérêt accru des investisseurs institutionnels a profité aux investissements à valeur ajoutée et opportunistes. Dans un rapport récent, Cushman et Wakefield a constaté que l’allocation aux solutions « alternatives » (hôtels, logements étudiants, résidences destinées aux soins de santé, centres de données, entrepôts libre-service et parkings) est passée de 5 % de l’investissement total au Royaume-Uni en 2009 à 40 % au premier trimestre 2019 !

De même, l’écart de rendement de près de 3% entre le Bund et le rendement moyen des bureaux allemands « prime » continuera de rendre l’immobilier attractif à court terme, surtout s’il s’accompagne d’une croissance des loyers (néanmoins plafonnée par les pouvoirs publics). Les rendements monétaires, négatifs dans certains pays, poussent également les investisseurs institutionnels à accepter un rendement dégradé pour leurs placements immobiliers.

On le voit, la course au rendement et le besoin de cash-flows suscitent un engouement probablement exagéré vers l’immobilier, qui se voit dévolu le rôle historique du marché obligataire.

Mais ces deux classes d’actifs ne sont pas interchangeables – quelle que soit la professionnalisation (et la fluidification / titrisation / financiarisation) de l’immobilier :  il requiert un ensemble de compétences totalement différentes, et comporte des caractéristiques intrinsèques, qui ne peuvent lui permettre d’assumer un tel rôle sur le long terme.  D’autant, que, contrairement à la perception erronée des investisseurs, il demeure un actif à risque !  

L’immobilier, s’il monte en puissance dans l’allocation globale, ne pourra jamais parfaitement remplacer les obligations dans un portefeuille d’actifs mixtes.

L’analyse de risque devra réviser ses codes au cours des prochaines années, tant cette situation, qui impactera autant l’immobilier que l’obligataire, risque de perdurer.

Intérêt général vs transparence

Intérêt général vs transparence

Le Conseil Fédéral Suisse a récemment présenté un projet modifiant la loi sur l’échange automatique de renseignements en matière fiscale (LEAR). Si les changements proposés sont mineurs, c’est l’absence d’une disposition en particulier qui est à relever : les institutions d’utilité publique, comme les fondations et les associations, devraient échapper à l’échange automatique de renseignements. Le parlement devrait se prononcer sur ce texte au printemps 2020. Il entrerait en vigueur au plus tôt début 2021. Il est probable que l’Europe portera une attention particulière à un tel « trou » dans le filet de la transparence.

Marchés financiers : TINA, what else?

Marchés financiers : TINA, what else?

Sur les marchés, les mois passent et se ressemblent. Trump et la Chine nous rejouent inlassablement leur refrain « je t’aime… moi non plus », le disque du Brexit semble tourner en boucle, et les investisseurs ne savent toujours pas sur quel pied danser. Pourtant, les indices flirtent chaque mois avec de nouveaux plus hauts…

L’explication pourrait tenir en quatre lettres :
TINA : There Is No Alternative!

Les investisseurs préfèrent, en effet, faire fi d’un contexte économique incertain et continuent de se tourner vers la bourse, faute de réelle alternative, dans un environnement de taux négatifs.

Pour se conforter dans cette logique, ils préfèrent regarder le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide : la croissance mondiale ralentit et les indicateurs macroéconomiques sont dans le rouge ? Oui, mais c’est moins préoccupant que prévu. Et cela pourrait bien durer encore quelques temps…

Il faut dire que les consommateurs américains continuent de doper la croissance des États-Unis et repoussent ainsi la fameuse fin du cycle que les économistes nous annoncent depuis plusieurs années maintenant. Avec un peu plus de dix années de croissance ininterrompue, le pays a battu son précédent record cet été. Certes, ce n’est rien comparé aux 28 années de croissance que connaissent les Australiens, mais les Etats-Unis ne cessent de défier les statistiques et s’accrochent tant bien que mal à leur place de première puissance mondiale, avec une politique protectionniste qui semble convenir aux marchés.

En Europe, les investisseurs peuvent encore et toujours compter sur la BCE. Malgré une politique déjà ultra-accommodante, celle-ci a annoncé après l’été une nouvelle panoplie de mesures pour soutenir l’économie. Au programme : abaissement du taux de dépôt des banques – une première depuis mars 2016 -, maintien du taux de refinancement à 0% et ce jusqu’à une remontée durable de l’inflation à 2%, et enfin, retour au programme de Quantitative Easing (Assouplissement Quantitatif) à raison d’émissions de €20Mrd par mois. Pour rappel ce programme avait déjà permis d’injecter 2 600Mrd d’euros dans l’économie entre mars 2015 et décembre 2018, date à laquelle la BCE avait décidé de mettre fin à cette mesure, dans une optique de remontée des taux, une époque qui parait aujourd’hui bien lointaine…

Derrière ces mesures, l’objectif est clair : Mario Draghi a profité de ses dernières interventions en tant que président de la BCE pour appeler les Etats à la relance budgétaire, avec l’Allemagne en ligne de mire. Le pays accumule en effet depuis 2014 des excédents budgétaires mais voit son taux de croissance des derniers trimestres ralentir, avec seulement 1% attendu en 2019, dépendance au commerce mondial oblige. Il y a donc de fortes chances de voir le pays déployer un plan de relance qui aura aussi pour conséquence de bénéficier à ses voisins. Les moins bons élèves de l’Union Européenne profiteront ainsi des longues années de rigueur budgétaire allemande.

Le commerce mondial est en effet un des principaux centres d’attention des investisseurs aujourd’hui. En septembre, on assistait, pour le quatrième mois consécutif, à une baisse du volume du commerce mondial en base de comparaison annuelle. Cela s’explique bien évidemment en grande partie par la baisse des exportations Américaines et Chinoises, avec respectivement -2.1% et -6.9%, mais pas seulement. Depuis plusieurs mois maintenant, le concept de « slowbalization » émerge peu à peu. En opposition à la globalisation, ce terme désigne un ralentissement de la croissance mondiale causé par une mutation de l’économie avec des modes de consommation différents et le déclin de l’industrie face aux services. Ainsi, le ralentissement de l’économie pourrait ne pas simplement s’expliquer par des raisons conjoncturelles mais aussi par des raisons structurelles de long terme. A court terme néanmoins, une issue favorable à la guerre commerciale sino-américaine devrait avoir un impact favorable sur l’économie et soutenir significativement les marchés, ce qui est bien évidemment l’objectif de Donald Trump en vue des élections.

Mais au fait : Is there really no alternative? Yes there is.

Classe d’actif moins populaire car moins accessible que la bourse, le private equity semble aussi très nettement profiter de l’environnement de taux bas ou négatifs. En quête d’un rendement disparu, les investisseurs se tournent ainsi de plus en plus vers de nouvelles alternatives. Cette année, pour la première fois, le marché secondaire des grands fonds de LBO (Leverage Buy Out) se traite avec des primes par rapport à la valorisation de leurs actifs.

Cette ruée sur la bourse et le private equity ne doit pas être synonyme de moindre vigilance. Plusieurs « ex-success stories » ont connu un parcours financier pour le moins chahuté. On pense évidemment au fiasco de l’introduction en bourse de WeWork, mais aussi à des titres comme Uber dont le cours est passé de $45 en janvier à $26 en novembre.  Au total, la presse américaine estime à $100Mrd la perte de valorisation des licornes de la Silicon Valley. Et les valorisations de certaines opérations de private equity laissent rêveur (de 15 à 20 fois l’EBITDA). Le cash déversé depuis des années par les banques centrales cherche désespérément à s’investir, parfois à tout prix…

Prudence est mère de sûreté…

Les échéances à venir seront donc primordiales et donneront le LA sur les marchés. En premier lieu, dès ce mois de décembre est intervenue l’introduction (laborieuse) en bourse de Saudi Aramco. Au-delà des chiffres démentiels – une valorisation de $1’700Mrd -, cette opération est surtout synonyme du désengagement de l’Arabie Saoudite sur le marché de l’or noir, avec les conséquences géopolitiques que l’on peut imaginer. 

On pense aussi bien sûr au Brexit, dont on espère – peut-être naïvement – un dénouement en janvier prochain. De l’autre côté de l’Atlantique, les investisseurs suivront bien évidemment de très près la campagne présidentielle américaine, dont la première échéance interviendra dès le mois de février avec le caucus de l’Iowa. On le sait, ces élections seront étroitement liées à l’issue de la guerre commerciale : Trump a besoin d’un deal et la Chine rêverait de traiter avec un démocrate.

Patience est mère de toutes les vertus…

Dans ce contexte, et comme les grands mouvements de marché ne viennent jamais de là où on les attend, une politique systématique visant à écrêter les profits tout en demeurant investi, semble raisonnable. De même qu’une approche réellement sélective et fondamentale. En attendant ces prochaines échéances, qui permettront peut-être de prendre des décisions de gestion, avec davantage de conviction. Dans ce contexte toujours, et puisque les indices semblent impossibles à battre, on pourra également se plonger dans l’analyse des vertus respectives de la gestion active et de la gestion passive. Un débat cyclique, actuellement prégnant cependant, qui doit surtout interpeller sur la nature et la qualité des outils et sous-jacents investis. Car lorsque secousse il y aura, cette approche se révèlera déterminante pour la résilience des actifs. Une résilience que renforceront très certainement de solides filtres ISR.

Un Picasso pour €100

Un Picasso pour €100

€100, c’est le montant que vous devrez débourser pour avoir peut-être la chance de contempler un Picasso dans votre salon.

Réalisé en 1921 par le maître espagnol et estimé à €1M, Nature morte est une composition géométrique dans laquelle figurent un morceau de journal et un verre d’absinthe. S’il s’agit d’une œuvre réalisée à une époque où l’artiste synthétisait les courants réaliste et cubiste, il s’agit également du lot qui sera attribué au gagnant d’une loterie internationale à but caritatif pour laquelle seront mis en vente 200 000 billets à €100.

Les organisateurs espèrent ainsi collecter €20M. Un million sera versé au propriétaire du tableau et le reste sera utilisé afin de financer le projet d’une ONG en Afrique.

La FrenchTech sur orbite

La FrenchTech sur orbite

Le 1er semestre 2019 aura encore une fois été un semestre de tous les records. Tout d’abord, au niveau des montants investis dans les start-ups de la FrenchTech, qui atteignent désormais €2,8Mrd pour 387 tours, respectivement en progression de 43% et 16% par rapport au dernier semestre. Autre illustration de cette formidable ascension, les fonds mobilisés sur ce seul 1er semestre 2019 sont supérieurs de plus de €200M à ceux levés sur l’ensemble de l’année 2017 : €2,8Mrd au 1er semestre 2019 contre €2,6Mrd en 2017 !

Cette accélération doit être analysée au regard de la très forte progression des tours de table supérieurs à €50M, ces derniers atteignant 37% des levées en valeur (contre 18% au dernier semestre). L’émergence de ces tours de table très significatifs a aussi eu pour conséquence de propulser plusieurs sociétés dont Doctolib et Ivalua, à la porte du club très privé des licornes, portant ainsi à sept les prétendants potentiels.

Aujourd’hui, le principal enjeu de la FrenchTech n’est plus uniquement lié à sa capacité à drainer des investissements auprès de belles pépites mais de pouvoir retourner ces investissements avec une plus-value auprès des fonds d’investissement. Jusqu’à présent, en comparaison de nos homologues européens et internationaux, la FrenchTech est restée assez timide sur le sujet et les opérations de sorties (M&A, IPO) se sont faites rares.

Cette faiblesse s’explique par un marché boursier peu actif, de grands corporates français quasi absents du marché, mais aussi et surtout un nombre de sociétés encore trop faible pour pouvoir lutter à armes égales avec nos rivaux. Dans les prochains semestres, beaucoup d’yeux seront braqués sur ces sociétés : leur capacité à réaliser des opérations de sorties significatives sera un des gages de leur réussite et de celle de la FrenchTech ! MJ&Cie, qui accompagne activement ses clients dans leurs investissements non cotés, reste particulièrement attentif aux évolutions de ce segment du Venture Capital. Malgré un profil de risque très différent du capital développement ou capital retournement, il est néanmoins devenu incontournable.

ENFO

ENFO

Réseau unique par son envergure et sa couverture, ENFO (European Network of Family Offices) réunit des membres d’une demi-douzaine de pays européens représentant plus de €10Mrd de patrimoines privés sous supervision. Les membres partagent projets, savoir-faire, réflexions stratégiques, mais aussi opportunités, en particulier en matière d’investissement. Dans un marché exigeant mais éclaté, ce réseau est le gage d’une approche élargie, riche des expertises et des accès partagés de ses différents membres. Une ressource indispensable à la création de valeur recherchée par les familles.

Very bad trip

Very bad trip

Un enterrement de vie de garçon ou de jeune fille inavouable ? Un verre de trop sur le fameux strip de Las Vegas et vous voilà la bague au doigt aux termes d’une union célébrée par Elvis Presley en personne !

Heureusement, la Cour de cassation est de votre côté. En effet, un mariage célébré à Las Vegas peut ne pas avoir de validité en France.

Un couple s’est marié à Las Vegas en 1985. Sans divorcer au préalable, la femme se marie une nouvelle fois en France en 1995 avec un autre homme. Son époux découvre finalement le pot-aux-roses en apprenant l’existence de cette première cérémonie de mariage à Las Vegas avec un autre homme. Il engage dans un premier temps une procédure de divorce mais décide finalement d’intenter un procès contre son épouse pour demander la nullité de leur propre mariage.

La Cour de Cassation a jugé que l’annulation judiciaire du mariage est impossible. En effet, selon la Cour, l’absence de consentement à mariage rend l’union célébrée à Las Vegas inopposable et donc inexistante.

Pour démontrer l’absence de consentement à mariage, les juges ont relevé à travers un faisceau d’indices l’absence de souhait de s’engager réellement dans les liens du mariage du couple s’étant livré à ce rituel à Las Vegas. Les juges ont d’abord estimé que le voyage du couple aux États-Unis n’avait pas pour objectif le mariage puisque le couple n’avait pas préalablement publié les bans. À leur retour en France, ces derniers n’ont pas fait retranscrire le mariage dans l’état civil français. Par ailleurs, à la naissance de leur enfant, le couple l’a déclaré comme enfant naturel et non comme enfant né du mariage. Enfin, malgré la cérémonie à Las Vegas, chacun des membres du couple s’était finalement marié avec une autre personne en France.

Banques suisses en voie de disparition

Banques suisses en voie de disparition

Selon une étude de KPMG et de l’université de Saint-Gall auprès de 87 établissements, le bilan 2018 du secteur bancaire privé suisse est plutôt décevant.

Le montant des actifs sous gestion n’a pas suffisamment augmenté, la croissance médiane des entrées nettes n’a pas dépassé 0,2% en 2018 et près d’un tiers des banques privées suisses affichent des performances faibles. La présence trop limitée sur les marchés en croissance rend difficile la conquête de nouveaux clients. Conséquence, leur part de marché sur le plan mondial est en recul.

Si, pendant longtemps, les banques ont justifié la faible croissance de leur activité par de nouvelles contraintes en termes de réglementation et de transparence, aujourd’hui elles n’ont plus cette excuse. Les stratégies adoptées n’ont, le plus souvent, pas généré la rentabilité et les volumes d’affaires espérés. Seulement 39% des banques privées suisses ont augmenté leur marge opérationnelle l’an passé. La rentabilité des fonds propres a reculé pour plus de la moitié d’entre elles, avec un rendement médian de 4,1% (bien en-deçà des 8 à 10% visés).

Dans ce contexte, la consolidation se poursuit. Sur les 18 derniers mois, le nombre d’établissements privés est passé de 108 à 101. Plus d’un tiers d’entre eux auront disparu d’ici 2025.

Etonnamment, dans ce marché en pleine reconfiguration, où la transparence mondiale a obligé chacun à réorienter sa pratique vers la création de valeur pour le client, le modèle de la banque privée « à la suisse » ne semble guère se remettre en cause, alors que marges et parts de marché s’érodent !

Géant aux pieds d’argile, la Suisse possède pourtant les atouts pour faire la course en tête, riche de ressources humaines hyper compétentes et internationales, de savoir-faire éprouvés, d’outils IT inégalés, ou encore d’une stabilité et d’une réputation que rien ne paraît devoir éroder.

Mais la disruption ne semble pas être le fort de la patrie de la gestion de fortune. Le multi family office indépendant ne s’y pratique encore que de façon marginale, ou sous une forme, si peu indépendante (!), cantonnée à la gestion de portefeuilles, rebaptisant ainsi simplement une prestation historique sans y apporter d’évolution.

Le conseil, la transparence et l’alignement d’intérêts ne sont pas encore au cœur des réflexions stratégiques. Nul doute que cela viendra, car la Suisse est par essence le lieu de prédilection pour installer le centre de gravité de grands patrimoines privés. Mais il faut alors savoir proposer une véritable prestation de conseil, d’expertise et d’accompagnement, à l’abri des conflits d’intérêts.

Un modèle que MJ&Cie connaît bien pour en avoir été le précurseur en Europe à l’aube du 21e siècle !

Philatélie

Philatélie

$1,74M. C’est le prix attribué en septembre dernier lors d’une vente aux enchères pour un timbre américain de poste aérienne datant de 1918.

Ce timbre a la particularité de représenter un avion biplan (le Curtiss JN-4 Jenny) imprimé à l’envers à la suite d’une erreur de manipulation des feuilles d’impression. Il s’agirait de la première erreur en poste aérienne.

On est tout de même très loin du record actuel attribué au « one-cent noir et magenta » de Guyane britannique. Ce dernier, émis en 1856 en un seul exemplaire, a été vendu aux enchères en 2014 pour $9,5M.

Monuments historiques, arme massive

Monuments historiques, arme massive

Imposé dans la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu et amateur d’immobilier de caractère, vous avez le profil idéal pour vous lancer dans un investissement en monuments historiques. Motif ? Ce dispositif, créé il y a plus de cent ans, permet aux particuliers propriétaires d’un bien classé ou inscrit à l’inventaire des monuments historiques de déduire de leur revenu global non seulement leurs intérêts d’emprunt mais également 100% des travaux engagés en vue de la restauration ou de la réhabilitation du bâtiment en question.

Si le principe de ce régime est proche de celui du déficit foncier, il se révèle néanmoins beaucoup plus intéressant, au sens où le montant imputable n’est pas limité. Mieux encore, en cas d’annulation totale de l’impôt et l’existence d’un éventuel surplus de déduction, celui-ci est reportable sur le revenu global des six années suivantes si le bien est ouvert à la visite.

Pour que les travaux soient intégralement déductibles, il faut qu’à minima l’ensemble des façades et des toitures soient classées ou inscrites aux Monuments Historiques. Faute de quoi, c’est le régime général du déficit foncier qui prévaut sur les parties ni classées ni inscrites.

Particulièrement séduisant donc pour ce qui est de l’impôt sur le revenu, et encore plus pour les contribuables qui engagent des travaux dès le début de l’année, dans la mesure où ils peuvent en tenir compte immédiatement pour moduler à la baisse leur taux de prélèvement à la source, le dispositif Monuments Historiques l’est également en matière de succession. Dès lors, en effet, que l’immeuble, ou une partie de celui-ci, est ouvert à la visite, les héritiers sont totalement exonérés de droits de succession. Et ce, qu’importe qu’ils soient ou non membres de la famille du défunt. Seul bémol, à la revente, la fiscalité sur la plus-value peut s’avérer plus lourde que prévu. En cause ? Elle est calculée sur la base du prix du foncier hors travaux. Or, pour qu’une opération Monument Historique soit intéressante au moment de son achat, il faut viser celles qui présentent des ratios fonciers/travaux de l’ordre de 20/80.

Attitude to wealth

Attitude to wealth

Les inégalités de richesse s’accentuent, ce qui entraîne des tensions sans précédent, des bouleversements politiques, des mouvements populistes aux troubles sociaux et au remplacement en bloc des gouvernements. Naturellement, de nombreuses personnes fortunées s’inquiètent de leur rôle dans cette dynamique et s’interrogent sur la manière de contribuer positivement à la société.

Le cabinet Withers a interrogé des leaders d’opinion (économistes, journalistes, politiciens, philanthropes et chefs d’entreprise de renom), en Asie, aux États-Unis et en Europe, afin de comprendre leur point de vue sur la manière dont les gens fortunés sont perçus dans la société contemporaine et sur la façon dont ils pourraient contribuer à améliorer l’harmonie sociale.

Le message fondamental qui émerge de l’enquête est que les problèmes complexes du monde exigent des solutions diverses et ciblées. Les aspirations entre l’Asie et l’Occident diffèrent nettement. En Asie, l’optimisme est de plus en plus marqué quant au fait que la croissance économique conduira à des sociétés plus heureuses.

Un contraste frappant se dégage entre les générations. Face à des perspectives d’avenir déclinantes, beaucoup de jeunes gens réévaluent ce qui est important pour leurs familles et se détournent de la création de richesse pour s’attaquer aux menaces telles que le changement climatique et la représentation politique.

La justice fiscale est, sans surprise, un sujet de débat animé. L’enquête suggère une recherche presque unanime d’une fiscalité qui récompenserait le travail tout en répondant aux besoins fondamentaux de la société. Pour répondre à ces besoins plus larges, les points de vue sur la philanthropie semblent partagés. Même s’il est difficile d’être certain qu’une initiative philanthropique sera couronnée de succès, les personnes interrogées conviennent majoritairement que le risque en vaut la peine.

Elles estiment enfin que la création de richesse et le modèle économique capitaliste sont toujours essentiels à la prospérité et au développement de la société. Cependant, il existe aussi des opinions bien arrêtées sur la nécessité de réfléchir à la manière dont notre système actuel peut évoluer pour offrir une répartition plus juste des bienfaits de la croissance. Des réflexions indispensables, autour du sens et de la responsabilité…

MJ&Cie sur scène !

MJ&Cie sur scène !

Master International Wealth Management ESCP :
Paris – « Les acteurs de la gestion de fortune dans le monde » – Septembre 2019

Londres – « Philanthropy et wealth management » – Décembre 2019.

Conférence Axa IM – « l’Investissement Responsable fait sa révolution » – Janvier 2020 – F. Mollat du Jourdin interviendra au sein d’une table ronde traitant de la mise en œuvre d’une stratégie d’impact dans une allocation diversifiée. 

Juillet 2019

Juillet 2019

« Dans la vie rien n’est à craindre, tout est à comprendre » (M. Curie).

L’été inonde de sa lumière et de sa chaleur une Europe qui s’extrait, laborieusement, de ses ornières. Une Europe parfois hors-jeu, prise entre 2 géants qui s’étrillent à coup de déclarations et de poings. Le monde qui en émergera peut paraître inquiétant, tant ses équilibres, économiques et géopolitiques, devraient s’en trouver modifiés. Sans parler de la révolution technologique qui submerge notre quotidien.

C’est chose aisée que de se laisser porter par le torrent de ce changement, amplifié par des couvertures médiatiques sensationnalistes. C’est chose aisée que de consommer ce changement, servi par des intérêts économiques qui ne se préoccupent guère de l’impact sociétal ou environnemental.

C’est chose beaucoup moins aisée que de courir dans ce monde en veillant à ce que sera demain, en agissant de façon responsable.

Tout est à comprendre. Au premier chef de cette compréhension est la responsabilité individuelle de chaque décision.

A l’heure où le législateur invite l’entreprise à redéfinir sa finalité dans la cité, à l’heure où l’urgence ESR s’impose à tous, MJ&Cie s’affirme, plus que jamais, comme la référence d’un accompagnement responsable.

Un accompagnement qui permet aux entrepreneurs et aux détenteurs de grands patrimoines d’inscrire leur stratégie privée et familiale dans une perspective ambitieuse.

Un accompagnement forgé sur la confiance d’un partenariat, sur l’intelligence du long terme, sur le respect d’objectifs individuels, sur une capacité à innover et à imaginer différemment pour chacun.

Sans interdit ni tabou, questionner, analyser, comprendre, pour mieux décider et adapter.

C’est ce savoir-faire, unique, qui permet à MJ&Cie d’offrir un accompagnement personnalisé, ancré dans le respect des valeurs ; dans le respect et la compréhension d’un environnement complexe, et changeant.

Fruit d’une expérience de près de vingt années, MJ&Cie déploie ainsi une proposition, exclusive, de family office au service d’un petit nombre de clients : un « multi-mono » family office !

Marchés financiers : poudre (explosive) aux yeux ?

Marchés financiers : poudre (explosive) aux yeux ?

Après un dernier trimestre 2018 noir et la fin annoncée du cycle économique qui laissaient entrevoir une année 2019 compliquée, les six premiers mois de l’année déjugent tout pronostic, avec une hausse des marchés comprise entre 15% et 20%. Ce premier semestre a toutefois été mouvementé, avec de fortes amplitudes à la hausse comme à la baisse. Surtout au 2eme trimestre, qui a vu les marchés plonger en mai avant de rebondir en juin, à l’inverse d’un premier trimestre marqué par un rallye haussier ininterrompu.

Les sources de tension restent nombreuses. La plus communément évoquée est bien sûr la guerre commerciale sino-américaine, dont les négociations peinent à aboutir. En toile de fond se dessine un intéressant dilemme, où le Président Trump ne saurait aller à l’affrontement direct avec la Chine, au risque de déstabiliser les marchés auxquels il attache tant d’importance, mais où il se doit de garder une position ferme vis-à-vis de son ennemi désigné et ainsi ne pas perdre la face à l’approche des élections.

L’action de Washington est cependant bien plus large, avec une volonté affichée de revoir tous les accords multilatéraux, pour leur préférer des accords unilatéraux.

Diviser pour mieux régner, telle est l’ambition du président américain pour réaffirmer la place des États-Unis dans le monde face à son challenger chinois.

C’est ainsi que les États-Unis s’attaquent désormais à l’Europe. En ligne de mire, l’Allemagne et son excédent commercial porté par l’industrie automobile, mais également la France. L’amitié franco-américaine a ainsi pris du plomb dans l’aile depuis que la France a décidé, sans que cela soit suivi par le reste de l’Union Européenne, de taxer les GAFA. Il n’en fallait pas plus pour que Washington ouvre une enquête, dont on peut s’attendre à ce que les conclusions soient aussi alarmistes que celles du rapport sur l’industrie automobile allemande.

En agissant ainsi, Trump s’assure de trouver face à lui une Europe désunie, déjà affaiblie par un Brexit sans fin et une situation complexe en Italie.

Le bras de fer entre la Commission Européenne et le gouvernement de Matteo Salvini continue, en effet, au sujet de la dette italienne. Si les marchés ne semblent pas inquiets, l’Italie fait pourtant face à une croissance atone. Rappelons que le pays était entré en récession technique en début d’année après deux trimestres de baisse consécutifs.

L’une des seules sources de réconfort, assez inattendue, vient finalement des élections européennes. L’Europe sort en effet renforcée de ce scrutin, avec des institutions qui demeurent solidement ancrées au sein des partis traditionnels et une percée très contenue des partis extrêmes.

Pour autant, l’Union Européenne reste incapable de jouer le rôle de médiateur qu’elle devrait occuper pour sauver ce qu’il reste de l’accord sur le nucléaire iranien. La situation est pourtant explosive et constitue une source de tension majeure pour les investisseurs.

A l’inverse de l’Europe, qui pour le moment semble condamnée à un strapontin sur l’échiquier politique mondial, la Russie refait surface. On savait déjà que le pays avait pris toute la mesure des nouveaux moyens de communication pour faire valoir sa vision du monde, notamment via une utilisation, certes radicalement différente mais toute aussi intensive des réseaux sociaux, que le président américain. On s’attendait cependant moins à voir la Russie prendre peu à peu l’ascendant sur l’OPEP, sujet ô combien sensible aux États-Unis, en pleine « driving season », surtout lorsque l’ennemi iranien est impliqué.

Tous ces jeux politiques se manifestent avec davantage de puissance que par le passé. Ils sont, à n’en pas douter, des facteurs de stress pour les marchés.

Mais, assumant toujours davantage un rôle quasi politique qui pourrait justifier la reprise en mains directe de la FED par Trump, les banques centrales, FED et BCE en tête, ont à nouveau joué leur rôle de « pompier », assureurs de dernier recours, face à des investisseurs toujours aussi court-termistes et nerveux.

Jérôme Powell, président de la FED, a, en effet, vu son indépendance mise à rude épreuve face aux attaques répétées du président américain. Nous avions relevé son changement de ton en fin de premier trimestre, qui laissait présager une stratégie plus offensive. Option confirmée lorsqu’il s’est montré favorable à une baisse de taux de 0.50% dans les semaines à venir. Pourtant, avec une croissance supérieure à 3%, un plein emploi et des salaires en hausse, rien ne paraît justifier un tel mouvement. Mais Trump semble résolument décidé à doper la croissance américaine et le S&P, encore quelques temps… jusqu’à sa réélection ?

Une chose est certaine, le président américain tient les rênes de la FED, ce qui constitue une arme de plus dans ses négociations avec le reste du monde.

Dans ce contexte, personne n’a été surpris de voir Mario Draghi adopter la même posture que son homologue américain. Il faut dire que les indicateurs macroéconomiques en zone euro affichent un certain retard sur les États-Unis. Toute éventualité de remontée des taux, pourtant au plus bas, a donc été repoussée à 2020, laissant ainsi plonger le 10 ans allemand et français à des niveaux records, en territoire négatif. Avec cette décision, Mario Draghi deviendra le premier président de la BCE à n’avoir effectué aucune hausse de taux au cours de son mandat.

Enfin, la banque du Japon n’est pas restée inactive puisqu’elle a également évoqué la possibilité de soutenir une nouvelle fois son économie.

Malgré des résultats d’entreprises en demi-teinte au 2e trimestre, l’effet de ces initiatives des banques centrales est indéniable. Les marchés semblent pour l’instant demeurer relativement solides. A court terme au moins.

Les banques centrales ne pourront soutenir les marchés éternellement, D. Trump ne pourra doper artificiellement son économie sans fin. Beaucoup d’indicateurs laissent présager un ralentissement économique mondial. Chine incluse. Même si les États-Unis disposeraient alors d’une marge de manœuvre que n’a pas l’Europe pour baisser ses taux et relancer la machine, toute nouvelle qui viendra ternir le tableau idyllique auquel nous invite le président américain, qui masque en partie les nombreux risques évoqués, pourrait se payer comptant par de violents mouvements de marché.

Certes, le vent de panique de décembre dernier semble bien loin derrière nous. Mais le contexte général invite malgré tout à une certaine prudence…

MJ&Cie stratégique

MJ&Cie stratégique

Le Conseil Stratégique de MJ&Cie s’est réuni en juillet. Le business model et la pérennité dans un environnement en forte évolution ont été au cœur de ses échanges.

Outil de gouvernance, d’anticipation, de réflexion et de prospective, le Conseil Stratégique de MJ&Cie est composé, outre ses associés, de membres aux expertises larges et reconnues – Denise Kenyon Rouvinez (Lausanne – professeur à l’IMD, experte en gouvernance familiale), Alberto Haddad (Boston – conseil en stratégie et investissements), Christophe Delrieu (Paris – fiscaliste associé chez Veil Jourde) et Laurent Isenegger (Genève – avocat et administrateur).

Inégaux devant… les inégalités

Inégaux devant… les inégalités

Entre 1980 et 2017, en Europe, le revenu moyen des 1% les plus riches a crû deux fois plus vite que celui des 50% les plus pauvres, selon une étude du Laboratoire sur les inégalités mondiales (WIL) publiée en avril. Une montée des inégalités qui s’observe dans la quasi-totalité des pays européens.

C’est à l’Est que les inégalités ont, en moyenne, le plus augmenté. Les écarts de revenus y ont explosé pendant la transition du socialisme au capitalisme dans les années 1990, les privatisations bénéficiant à une élite restreinte.

En Europe de l’Ouest, les 10% les plus fortunés gagnent, en moyenne, sept fois plus que les 50% les plus pauvres avant impôts, mais cinq fois plus après impôts, soit une baisse de 29%, selon les données du WIL. La correction est de 23% en Europe du Sud et du Nord, et de seulement 15% à l’Est. En effet, à l’ouest, les taux d’imposition sont souvent progressifs, plus élevés pour les hauts revenus, alors que de nombreux pays de l’Est, comme les pays baltes, la Bulgarie et la Roumanie, ont mis en place des impôts à taux unique. Parmi les pays les plus égalitaires, le Danemark présente les politiques fiscales parmi les plus progressives au monde, selon un rapport d’Oxfam et Development Finance International (DFI) publié fin 2018.

Les deux ONG classent le pays en tête de leur classement mondial des Etats engagés contre les inégalités.

L’Europe est, malgré tout, l’un des continents qui a le mieux résisté à la montée des inégalités de revenu. Elles ont, par exemple, beaucoup moins augmenté qu’aux États-Unis, notamment grâce à des systèmes éducatifs et de santé plus égalitaires. Les prestations sociales jouent aussi un grand rôle.

Depuis 1980, les revenus des 50% de personnes les plus modestes ont augmenté de 37% en Europe, alors qu’ils ont stagné aux États-Unis. A l’autre bout de l’échelle, les revenus des 0,01% les plus aisés ont augmenté de plus de 300% aux États-Unis, deux fois plus qu’en Europe.

L’écart est également visible à travers le coefficient de Gini (indice compris entre 0 et 100 qui évalue les inégalités de revenus) de 39 aux États-Unis selon l’OCDE, soit huit points de plus que celui de l’UE. La plupart des pays non-européens de l’OCDE ont d’ailleurs un coefficient supérieur à celui du vieux continent : 33 en Australie, 34 au Japon, 40 en Turquie, 46 au Mexique et jusqu’à 62 en Afrique du Sud. Seul le Canada (31) fait jeu égal avec les pays européens (32 pour la France et la Suisse).

A l’heure où le concept Europe est ébranlé, il est bon de constater que le caractère spécifique de la social-démocratie ou social-libéralisme permet de véritablement affirmer l’existence d’une « communauté européenne ».

L’or blanchit-il en Suisse ?

L’or blanchit-il en Suisse ?

Selon le professeur de droit pénal bâlois Mark Pieth, le Pérou, 5eme producteur mondial du métal jaune, serait le principal exportateur d’or illégal (60 tonnes) d’Amérique Latine, devant la Colombie (45 tonnes). Dans ces deux pays, la part de production illégale est de respectivement 28% et 80%.

Parallèlement, près de 70% de l’or mondial transite par la Suisse. Et quasiment la même quantité en ressort, après y avoir été raffiné, totalement « propre », quelle que soit son origine, légale ou non.

Premier raffineur d’or au monde, la Suisse démontre, toujours selon le criminologue, une lenteur évidente à faire évoluer sa règlementation. Il soupçonne la Confédération de vouloir se transformer en « île de pirates », soulignant le circuit similaire que connaissent d’autres métaux comme le cuivre ou le lithium.

Si les mouvements financiers ont fait l’objet d’une véritable révolution mondiale de la transparence depuis 10 ans, à laquelle la Suisse a dû se plier, ce constat démontre qu’il reste encore des océans inexplorés en la matière (première).

It’s time to tax us more

It’s time to tax us more

Dans une lettre ouverte adressée aux candidats à la présidence américaine de 2020, intitulée It’s time to tax us more, un « club » de milliardaires, composé de 18 grandes fortunes américaines, plaide pour un impôt sur la fortune « modéré » pesant sur les 0.1% des Américains les plus riches.

Parmi les signataires figurent le financier George Soros, l’entrepreneur Chris Hughes (co-fondateur de Facebook) ou encore Arnold Hyatt ou Abigail Disney, héritiers des empires hôteliers et de divertissement éponymes.

3 arguments étayent notamment ce plaidoyer :
– La lutte contre le changement climatique
– Le soutien aux efforts de santé publique
– Un acte patriotique

Plusieurs candidats démocrates ont déjà abondé en ce sens. Elizabeth Warren souhaite par exemple taxer les foyers disposant de plus de $50M d’actifs (soit 75 000 familles). En dix ans, cet « ISF » pourrait rapporter près de $2750Mrd!

18 milliardaires, sur les 607 qu’il y a aux États-Unis, cela fait peu. 3% exactement, mais leur tribune a le mérite de proposer une idée concrète pour réduire les inégalités.

« Un impôt sur la fortune est juste, patriotique, bon pour l’économie, bon pour la santé des Américains, c’est un outil pour régler la crise climatique », lit-on. « Un impôt sur la fortune renforcera la liberté et la démocratie, car les inégalités nourrissent le mécontentement, la défiance, et pire».

Quand la chanson de Motorhead Manger les riches est sortie, il y a 30 ans, les 1% d’Américains les plus fortunés possédaient environ 10% de la richesse du pays. Aujourd’hui, 20%. Dans le même temps, selon une étude que vient de publier la réserve fédérale américaine, ces 1% les plus riches ont vu leur fortune augmenter de $21000Mrd, quand celles des 50% les plus pauvres a diminué de $900Mrd.

+21 000 d’un côté, -900 de l’autre. Triste bilan de 40 ans de baisse d’impôts initiée par Ronald Reagan, à l’époque où apparaissait l’IGF (impôt sur les grandes fortunes) en France. La croissance des inégalités est un phénomène mondial, en France comme ailleurs, mais les Américains font clairement la course en tête.

Alors qu’en France, on vient de le supprimer au nom d’un ruissellement espéré, outre-Atlantique au contraire, l’impôt sur la fortune s’apprête à devenir l’un des thèmes de campagne de la présidentielle, au nom d’un ruissellement qui n’a pas eu lieu. Ou pas dans le bon sens.

L’histoire (fiscale) ne serait-elle finalement qu’un éternel recommencement… ?

Effervescence immobilière

Effervescence immobilière

Les mois passent et se ressemblent…. Les constats de notre dernière Lettre restent d’actualité. En France, les taux de crédit immobilier continuent de reculer, pendant que les prix ne dévient pas de leur trajectoire haussière. Au premier semestre 2019, l’immobilier résidentiel a connu une hausse de 2,1%. Et les transactions, une progression de 7%.

L’explication tient en deux chiffres : -6% et +9,5%. Ce sont les évolutions respectives de l’offre et de la demande. L’offre insuffisante entraîne des phénomènes de pénurie et une hausse des prix. Malgré cet emballement, les acquéreurs sont plus que jamais au rendez-vous. Baisse des taux, conditions et durées d’emprunt particulièrement souples, poussent en effet à agir !

Cette accélération est encore plus notable dans les quartiers chics de la capitale, où la demande, notamment internationale, pour des trophy assets, ne cesse de croître. A titre d’exemple, un hôtel particulier d’environ 400m², dans le 7ème, a été vendu plus de €20M. Soit €52 000 au m²… Du jamais vu, même si ce prix reste encore modeste au regard des tarifs pratiqués à Londres, Hong Kong ou New York… A titre d’exemple, en lisière de Central Park, un quadruplex new-yorkais de 2 100 m², situé dans les derniers étages d’un immeuble qui en compte 79, vient ainsi d’être vendu pour $238M (soit plus de $113 000 le m²). Un nouveau record pour la Grande Pomme !

A Paris, ce segment, dominé en 2018 par les Français, voit le retour des étrangers, Américains et Moyen-Orientaux en tête. Ces acheteurs sont prêts à payer cher pour des surfaces de 350 à 600 m², sans défaut, parfaitement localisées, rénovées et décorées par un designer reconnu.

Cette dynamique favorise l’émergence de nouveaux concepts urbains, qui permettent de valoriser des actifs dormants : la restructuration de parkings et de garages installés en surface n’est pas rare dans la capitale. Transformer des parkings souterrains l’est déjà davantage, même si un café et des espaces de réceptions viennent d’y être installés à La Défense. Et un projet vise actuellement à transformer un ancien parking proche de la place Vendôme en un vaste espace pour show-rooms et boutiques de mode !

Sur le front du marché hôtelier, la France reste l’un des pays européens les plus dynamiques avec le Royaume-Uni et l’Allemagne. L’appétit des investisseurs se maintient en 2019, porté par les taux d’intérêt, une offre de qualité restreinte, et des perspectives de croissance solides : les arrivées touristiques internationales devraient continuer à croître entre 3% et 4%.

Dans le bureau, l’évolution des prix et les loyers suit la même courbe ascendante, soutenue par une pénurie de l’offre, mais aussi, toujours et encore, le Brexit. Cette pénurie est illustrée à l’extrême par la chute du volume des investissements, de 17% au niveau national, 34% en Ile-de-France par rapport au T1 2018 selon CBRE ! Au total ce sont moins de 50 transactions, pour €2Mrds, qui se sont signées en région parisienne, et aucune au-dessus de €200M. En régions, l’activité reste stable, autour de €500M engagés, portée par le dynamisme lillois.

Ce phénomène a permis au taux « prime » (rapport prix/loyer pour les meilleures localisations de bureaux) de se stabiliser, aux alentours de 3% en Île-de-France. En régions, où ils avaient connu une forte baisse en 2018, CBRE n’exclut pas une poursuite de la contraction dans certaines métropoles (Toulouse, Strasbourg…), signe d’une bonne activité économique également.

Dans le commerce, le taux « prime » est resté à 2,50%. Mais toute nouvelle transaction parisienne significative pourrait de nouveau faire baisser ce chiffre.

En logistique, le taux s’est compressé, passant de 4,75% à 4,50% et de nouvelles baisses sont encore attendues.

Que ce soit en France ou à l’international, porté par des taux toujours très bas et une folle quête de rendement, le marché immobilier, ou plutôt les marchés immobiliers, démontrent toujours une belle dynamique. Néanmoins, les craintes de ralentissement économique pourraient refroidir ces ardeurs, qui s’apparentent peut-être déjà, dans certains cas, à de la surchauffe.

L’actualité de l’AFFO

L’actualité de l’AFFO

L’Association Française du Family Office (AFFO) a tenu son AG en juin, qui a permis de constater la croissance significative du métier et des acteurs, dont l’association se veut le fédérateur, afin de favoriser le développement de bonnes pratiques. Les « Matinales », destinées à enrichir la pratique de chacun, se poursuivent par ailleurs sur un rythme mensuel. Autour d’intervenants d’horizons variés, les thèmes abordés au cours des derniers mois ont notamment traité de l’accompagnement des familles multigénérationnelles au 21eme siècle en intégrant leur forte internationalisation, ou encore les perspectives de la « tech » : enjeux, acteurs et révolutions à venir.

Du nouveau pour les couples internationaux

Du nouveau pour les couples internationaux

Si près d’un tiers des unions célébrées en France aujourd’hui concerne des mariages binationaux ou présente un élément d’extranéité, le cadre juridique leur étant applicable était, jusqu’à récemment, complexe et porteur d’insécurité juridique.

Le règlement UE 2016/1103, entré en vigueur en France en janvier dernier, prévoit désormais un nouveau cadre juridique pour les couples binationaux ou expatriés.

• Pour les époux mariés entre le 1er septembre 1992 et le 29 janvier 2019 : le régime juridique applicable est celui prévu par la Convention de La Haye de 1978. Dans cette situation, le régime matrimonial qui s’applique en cas de séparation ou de décès est celui du pays de la première résidence habituelle du couple. Toutefois, la Convention de La Haye prévoit un changement automatique (mutabilité) de la loi applicable lorsque les époux vivent depuis plus de 10 ans dans un autre pays.
Cela signifie un changement de régime quasi automatique quand le couple partait à l’étranger.
Cette situation est porteuse d’insécurité juridique dès lors que certains pays estiment que les couples unis sans contrat de mariage relèvent automatiquement du régime de la séparation de bien et non de la communauté légale. Ainsi, en cas de décès ou de divorce, le conjoint survivant peut se retrouver sans aucun patrimoine.

• Pour les époux mariés/pacsés à partir du 29 janvier 2019, le nouveau règlement européen s’applique et prévoit l’instauration d’un choix volontaire, par les couples binationaux et expatriés, de la loi qui sera applicable à leur union.
Ce nouveau règlement européen supprime ainsi la mutabilité automatique du régime matrimonial après 10 ans et instaure un principe d’unicité aux termes duquel la loi applicable s’applique à l’ensemble du patrimoine des époux.

MJ&Cie sur scène

MJ&Cie sur scène

« Internationalisation des patrimoines : un choix de vie ». Reconnu pour son savoir-faire auprès d’une clientèle française et internationale, MJ&Cie participait à une table ronde organisée dans le cadre du Sommet du Patrimoine et Performance – Événement organisé par Leaders League / Magazine Décideurs.

Partenaire particulier cherche partenaire particulier

Partenaire particulier cherche partenaire particulier

Source : Bloomberg

Les métiers du family office attirent les talents et tout particulièrement les cadors issus des grandes banques privées et d’affaires. Pourtant, telle la cigale ayant chanté tout l’été, ces candidats se trouvent parfois dépourvus lorsque vient la bise.

Si les actifs atypiques et la volumétrie du patrimoine des clients font souvent rêver ces « hotshots », la réalité et la culture du family office, très différentes des grandes institutions, amènent à des déconvenues. Les équipes sont resserrées, le recrutement étant un enjeu majeur car la fortune e tles moyens d’existence des familles et des générations futures, sont en jeu.

Les personnes ayant travaillé pour des grandes institutions, et qui rechignent à la petite besogne, ne s’acclimatent parfois jamais à la mentalité requise aux métiers du family office. Il faut savoir sortir des sentiers battus ; superviser des actifs « non traditionnels » tels que le vin, les chevaux de courses, l’aéronautique; assurer la sécurisation juridique et fiscale des patrimoines dans différentes juridictions. En plus d’avoir les connaissances techniques, il faut également être doté d’une intelligence émotionnelle afin de gérer des personnalités souvent opposées, et ainsi savoir parler aussi bien aux membres d’une famille de la noblesse européenne qu’à un jeune startupper de la tech.

Que l’on soit du côté de Picasso, d’après qui « le métier, c’est ce qui ne s’apprend pas », ou de celui de Cicéron, qui aurait dit « au métier qu’il connaît, que chacun se consacre », les métiers et les hommes du family office sont spéciaux car ils adressent des situations spéciales.

Ich bin ein Berliner

Ich bin ein Berliner

« Mietendeckel » (loyer plafonné) : c’est le plan voté à Berlin pour contrer la hausse des loyers dans la capitale allemande, dont les prix ont doublé en dix ans.

L’objectif ? Geler les loyers pendant 5 ans. Cette loi, qui entrerait en vigueur à partir de janvier 2020, serait en outre rétroactive.

Ce gel s’appliquerait en cas de changement de locataire afin que le prochain paie le même montant que le locataire précédent. Plus impressionnant encore, une réduction du loyer pourrait être appliquée sur demande du locataire si le loyer est supérieur au prix du marché.

Pas suffisant pour les berlinois ? Certains réclament même auprès de la mairie une campagne d’’expropriation des sociétés détenant plus de 3 000 logements suivie du rachat par la mairie des immeubles concernés (soit un coût estimé entre 10 et €36Mrd). Si la pétition est signée par 7% de la population berlinoise en âge de voter (180 000 personnes), un référendum d’initiative populaire pourrait avoir lieu sur cette question, dans une ville qui compte plus de 250 associations de locataires.

Que l’on soit propriétaire ou locataire, l’encadrement, voire la révision, des loyers pose une sérieuse question relative au droit de propriété.

En France, l’article 544 du code civil définit le droit de propriété comme « le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu qu’on n’en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les règlements ». Idem, l’article 17 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 indique que « la propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité. »

La loi est-elle la justice ? À une condition semble-t-il : lorsqu’elle ne s’évertue pas à poursuivre deux buts contradictoires : garantir la liberté plutôt que la restreindre ; protéger le citoyen plutôt que le détrousser ; préserver le droit de libre association des intérêts pour garantir liberté, propriété, sécurité plutôt que surveiller.

Une chose est sûre, de tels projets, que l’on voit émerger dans nombre de grandes métropoles, annoncent des guerres épiques entre propriétaires et locataires, qui impacteront les marchés immobiliers résidentiels à moyen terme.

Ne passez pas par la case départ !

Ne passez pas par la case départ !

Il fallait oser… un jeune homme de 24 ans a déposé à la banque une liasse de billets de 50 000 issus du célèbre jeu de société Monopoly… et a été crédité sur son compte de €900 ! Somme qu’il a bien évidemment retirée puis dépensée.

Le plaisantin, qui évoque « un gros délire entre potes », a écopé de 70 heures de travaux d’intérêt général et un mois de prison avec sursis, suite à la plainte de la banque qui a trouvé la blague saumâtre.

L’art est un marché

L’art est un marché

Nous terminions notre billet du premier trimestre sur le constat de maturité du marché de l’art, avec néanmoins un sentiment de prudence pour 2019, compte tenu des premières grandes ventes.

Finalement, le semestre écoulé se révèle particulièrement faste ! Artprice le résume ainsi : « en investissant au 1er janvier dans les cent artistes les plus performants des cinq dernières années (2014-2018), un collectionneur a pu prétendre à une augmentation de près d’un sixième de la valeur de son portefeuille ».

L’indice Artprice100© gagne en effet 16% sur la période, pendant que le S&P500 a lui progressé de 18%. Cette correspondance entre les performances des marchés financiers américains et un portefeuille d’œuvres d’artistes majeurs, défini de façon objective, semble renforcer l’attrait du marché de l’art comme potentiel placement alternatif. Et interpelle forcément sur la nature de ce marché dont les sous-jacents demeurent exceptionnels mais dont les indices, créés récemment, permettent dorénavant une comparaison avec les marchés financiers….

La performance de l’indice sur les six premiers mois de l’année repose sur une demande extrêmement forte, que l’offre peine à contenter. Il résulte de cette asymétrie une hausse rapide, à commencer par les œuvres des cent plus grandes signatures.

Néanmoins, le S1 2019 a révélé un ralentissement dans les grandes maisons de ventes (-9% de chiffre d’affaires chez Sotheby’s, -28% chez Christie’s). Ceci reflète un marché haut de gamme moins dynamique que lors des exercices précédents. Alors que les prix ne montrent aucun signe de fatigue, c’est la contraction du volume de ventes qui rappelle que ce marché dépend directement des œuvres en circulation.

En effet, face à une situation financière complexe, marquée par des taux d’intérêt négatifs ou nuls et beaucoup d’incertitudes macro-économiques, financières et géopolitiques, certains collectionneurs préfèrent sans doute ne pas se défaire tout de suite de leurs œuvres et ne pas clôturer trop rapidement des investissements somme toute très rentables. D’autant que les frais de transaction, qui restent extrêmement élevés, en galeries comme en salles de ventes, découragent les détentions courtes (inférieures à cinq ans). Ceci peut également inciter les collectionneurs à conclure des transactions de gré à gré (plus difficiles à suivre).

En position dominante dans la composition de l’Artprice100© avec 9,1% du portefeuille, Picasso ne participe plus depuis plusieurs années à l’essor de cet indice. Comme au cours des quatre derniers exercices, le prix de ses œuvres diminue légèrement de -2 % sur le S1 2019, confirmant la stagnation de l’art moderne.

A l’inverse, les œuvres d’Andy Warhol, Fu Baoshi, Zao Wou-Ki et plus nettement encore pour celles de Wu Guanzhong, connaissent une hausse significative sans toutefois enregistrer de nouveaux records. Ce sont donc les signatures d’art contemporain qui portent la croissance de l’indice. La mise en vente d’œuvres majeures permettra de confirmer la tendance.

En 2019, dans les entrées/sorties de cet indice (normalement assez stable), la moitié des sortants sont des artistes chinois. Doit-on y voir un signe ? Selon le rapport réalisé par Arts Economics pour Art Basel, la Chine qui avait conquis en 2011, pour une année seulement, le titre de premier marché de l’art, avec 30% du gâteau, devant les États-Unis à 29% et le Royaume-Uni à 22%, a perdu de sa superbe. En 2018, l’empire du Milieu n’est plus l’eldorado attendu, avec seulement 19% de part de marché, devancé par le Royaume-Uni qui s’est maintenu à 22%, et surtout largement distancé par les États-Unis à 44% !

Néanmoins le pays reste prometteur. Un autre rapport, publié par la Tefaf, rappelle que, dans l’art également, le marché chinois a connu une incroyable croissance en quatre décennies : les galeries ont commencé à émerger dans les années 1980, les maisons de vente dans les années 1990, le premier musée privé a été créé en 1991 et la première foire d’art en 1993. Aujourd’hui, on compte plus de 20 foires d’art en Chine, 1 500 musées privés et 4 300 galeries ! China Guardian, lancée en 1993, et Poly Auctions, née en 2005, sont respectivement 4ème et 3ème maisons de vente aux enchères au monde, derrière Christie’s et Sotheby’s dont le premier actionnaire était d’ailleurs… chinois, jusqu’à la récente prise de contrôle par P. Drahi.

La Chine n’est pas pour autant devenue un modèle culturel pour ses voisins qui, à l’inverse, cherchent à s’en émanciper, tout comme une partie de l’élite chinoise « occidentalisée ». Ses nouveaux musées n’obéissent pas aux mêmes critères scientifiques que les musées occidentaux et la censure se resserre. Enfin, ni Pékin ni Shanghai ne sont des lieux de création attractifs pour des artistes étrangers.

A l’inverse, pourquoi les États-Unis semblent-ils indétrônables, alors que l’Europe a longtemps dominé ce marché ? Après la Seconde Guerre mondiale, les Américains, dans une logique complémentaire à celle du plan Marshall, ont compris l’intérêt d’exporter leur culture et le rôle stratégique de l’art contemporain pour propager un esprit de renouveau. Les critiques d’art, les collectionneurs, les musées ont accompagné leurs artistes, considérés comme des ambassadeurs. Les collectionneurs ont montré leur confiance en achetant dans des ventes aux enchères fortement médiatisées, entraînant un phénomène de mimétisme pour posséder les œuvres d’artistes de la scène contemporaine.

Pendant ce temps, en France, premier marché mondial jusque dans les années 1960, beaucoup d’intellectuels se méfiaient plus des États-Unis que de l’URSS. Il fallait donc se démarquer du pop art. La tendance a été de valoriser un art conceptuel institutionnel, difficilement assimilable par le marché. En outre, la France avait peu de collectionneurs influents. Le phénomène accélérateur a été la marchandisation, emmenée par les anglo-saxons, d’un secteur devenu une véritable alternative aux marchés d’investissements traditionnels. Le tout dans une époque de création de richesse inégalée.

Mais qui dit marché dit cycles. Qui dit cycles dit crises. Il faudra donc savoir y faire face lorsqu’elles surviendront. Comme pour les autres marchés, la qualité sera primordiale, alors que le risque « d’effet de mode » est probablement plus élevé que dans d’autres classes d’actifs.

Pour l’instant, l’inflation des actifs alimente la dynamique, du marché et des acteurs. Dans ce contexte, la France retrouve quelques atouts, par son maillage exceptionnel de galeries, de nouveaux collectionneurs d’envergure mondiale et un savoir-faire des musées très reconnu, comme en témoignent l’antenne Pompidou à Shanghai et le Louvre Abu Dhabi. Mais la concurrence est rude, car, dans l’émirat, c’est bientôt le Guggenheim, américain, qui montrera l’art contemporain dans le Golfe !

Le marché est mondial. La compétition également. Les enjeux sont au-delà du seul business, c’est la lutte d’influence au travers des courants artistiques. Les acteurs sont identifiés : maisons de vente, galeries, musées. Les outils ont été mis en place : indices, places de marchés, etc.
Nous sommes définitivement entrés dans une nouvelle ère de l’art.

Chère expatriation

Chère expatriation

Comme chaque année, le cabinet Mercer a comparé le coût de plus de 200 produits et services de la vie courante (transport, alimentation, carburant…) et celui du logement dans un peu plus de 200 villes situées sur les cinq continents.

À Hong Kong, le coût de la vie paraît exorbitant vu de Paris. Il faut compter €7 859 pour louer un logement de deux chambres non meublé de 80 à 120 m². Le litre de lait y est vendu €3,19, celui d’eau minérale plate €1,57 et un expresso… €6,79 ! Au-delà de son marché immobilier difficile, la métropole subit les effets de change. Sa monnaie est indexée sur le dollar américain, qui s’est apprécié cette année face aux autres devises. Cette situation a inéluctablement augmenté le coût de la vie sur place.

Globalement, l’Asie reste la destination la plus coûteuse pour les expatriés. Huit des dix villes les plus chères au monde y sont situées. En plus de Hong Kong, Tokyo et Singapour, figurent ainsi Séoul (4eme), Shanghai (6eme), Achgabat (7eme), Pékin (8eme) et Shenzhen (10eme). Ceux qui souhaitent se rendre en Asie et dépenser un peu moins devront privilégier Bichkek au Kirghizistan ou Tachkent, en Ouzbékistan. Les deux villes sont au pied du classement. La dépréciation de la monnaie locale face au dollar fait également de Melbourne et Perth des bons plans. Ces dernières dégringolent de plus de 20 places pour se retrouver 79eme et 87eme du classement.

Le dollar fort renchérit en revanche le coût de la vie dans les métropoles nord-américaines. New York grimpe ainsi de la 13eme à la 9eme place et intègre le top 10. San Francisco (16eme) et Los Angeles (18ème) gagnent respectivement douze et dix-sept places et s’installent dans le top 20.

L’Europe, exception faite de Zurich qui figure à la 5eme place, profite pleinement de cette appréciation du billet vert. Paris, qui obtient la 47eme place, devient plus attractive pour les expatriés qu’il y a un an où elle était 34eme. Il faudra tout de même compter sur un loyer de €2 600 pour le trois pièces non meublé, mais seulement €0,39 pour le litre d’eau minérale. Londres perd plus modestement quatre places et se situe à la 23eme position.

Au Moyen-Orient, ce sont les villes de Tel Aviv (15eme), Dubaï (2eme) et Abu Dhabi (33eme) qui sont parmi les plus coûteuses.

L’Afrique est également une destination très coûteuse pour les expatriés. N’Djamena, capitale du Tchad, figure ainsi à la 11eme place des villes les plus chères au monde.

Ce classement, qui diffère de celui des villes les plus chères au monde (en rapport pouvoir d’achat/coût de la vie), peut s’expliquer par le fait qu’il porte sur le coût de la vie pour les expatriés et non pour les employés locaux. L’étude a relevé les prix dans les magasins où se rendent ces derniers. Certaines denrées sont rares, en raison notamment du fait qu’elles sont importées pour cette petite partie de la population. Donc les prix en sont fortement augmentés. Même chose pour les logements étudiés selon des standards qui correspondent aux attentes des expatriés. C’est ce qui explique que N’Djamena se retrouve devant Genève ou que Luanda, en Angola, ait longtemps été dans le top 10 du classement !

Le juste prix

Le juste prix

« A ce prix-là, cet appartement va se vendre très vite. Il faut vous décider tout de suite ! », affirment bien souvent les agents immobiliers. Pourtant, il n’est pas rare que l’acheteur se rende compte que le logement convoité est toujours à vendre quelques semaines, voire quelques mois plus tard.

Désormais, l’acheteur pourra savoir plus facilement si le logement qu’on lui propose est au juste prix. Un décret de décembre 2018 rend, en effet, publiques toutes les données déclarées aux impôts lors des ventes de ces cinq dernières années.

Le vendeur sera lui aussi mieux informé sur le gain qu’il peut espérer. Jusqu’à présent, les acheteurs et les vendeurs pouvaient s’appuyer sur les sites d’estimation en ligne mais les informations fournies sont parfois sujettes à caution. Les notaires, quant à eux, bénéficient d’informations fiables au travers de leurs bases Perval et BIEN (base d’informations économiques notariales). Mais celles-ci ne sont pas ouvertes au grand public.

Pour connaître le montant des transactions à l’endroit où on le souhaite, le plus simple est de consulter https://app.dvf.etalab.gouv.fr/, qui emmène sur une carte de France interactive permettant de cliquer sur la zone de son choix et de trouver la parcelle cadastrale recherchée. La surface et le prix des transactions apparaissent. Il s’agit du prix déduit des droits de mutations (frais de notaires) et des honoraires de l’agence immobilière.

MJ&Cie philanthrope

MJ&Cie philanthrope

Attachée à la protection de l’enfance, MJ&Cie poursuit, depuis maintenant 3 ans, son soutien aux associations « l’Enfant Bleu » et « Toutes à l’école ».

« L’Enfant Bleu » est une association dont la mission est d’aider les personnes victimes de maltraitance durant leur enfance. En parallèle de ce combat quotidien, l’association est active sur le plan de la prévention et se porte partie civile lors des éventuelles procédures pénales. Actuellement, elle apporte ses connaissances ainsi que son expertise pour l’élaboration d’une proposition de loi visant à renforcer la protection de l’enfant, qui mettrait l’accent sur la prévention, lutterait contre tous types de violence et garantirait les droits fondamentaux des enfants (santé, éducation, justice…). Le soutien de MJ&Cie permet le financement de séances de thérapie pour les victimes.

Avec « Toutes à l’école », MJ&Cie finance, sur la durée, la scolarité d’un groupe de dix fillettes cambodgiennes, aujourd’hui en deuxième année de primaire. L’association, qui a été créée il y a 14 ans, assure une prise en charge globale des élèves (éducation, alimentation et suivi médical) et est aussi un soutien pour les familles cambodgiennes des élèves. L’association s’attache également à nouer des partenariats pour accompagner ses élèves tout au long de leur scolarisation et apprentissage. Au cours des derniers mois, un centre de formation dédié aux métiers de la coiffure, soutenu par la fondation L’Oréal, a ouvert ses portes à Phnom Penh pour aider les étudiantes de l’association à se perfectionner avant leur entrée dans la vie professionnelle.

Crit’Air

Crit’Air

C’est une première ! La justice française a reconnu coupable l’État français pour son inaction en matière de qualité de l’air.

De quoi s’agit-il ? Nous sommes à l’hiver 2016. Une mère et sa fille, habitant près du périphérique parisien, sont atteintes de problèmes respiratoires. Elles décident alors de poursuivre l’État pour « carence fautive » en matière de qualité de l’air, lui reprochant son inaction en matière de lutte contre la pollution atmosphérique.

Les juges ont donné raison aux plaignantes.

Cette décision est importante dès lors qu’elle reconnaît, d’une part, une « carence » de l’État et, d’autre part, les pathologies liées à la mauvaise qualité de l’air.

Elle reste toutefois timide et surtout symbolique. En effet, les juges estiment qu’un lien de cause à effet entre la carence de L’État et les victimes n’est pas démontré. Par conséquent, si les juges estiment que L’État est fautif, il n’est pas considéré responsable des pathologies des victimes, qui ne seront pas indemnisées.

A l’heure où Paris se déclare en état d’« urgence climatique », ce jugement n’en est pas moins un premier pavé, qui devrait fortement influencer les trois prochains cas similaires qui vont être jugés prochainement par le tribunal administratif de Paris. L’investissement responsable renforce ainsi son caractère politique !

La première obligation verte AAA est batave !

La première obligation verte AAA est batave !

Premier État doté d’une notation triple A à émettre des obligations vertes (emprunts émis pour financer des projets « verts » ayant un impact écologique positif), les Pays-Bas sont quasiment assurés du succès de l’opération qu’ils ont lancée en mai ! Le royaume, dont la dette publique devrait s’établir à 49,9 % du PIB cette année, entend récolter de 4 à €6Mrd dans un premier temps, pour porter ce montant à environ €10Mrd au cours des prochaines années. Le « greenbond » néerlandais aura une maturité de 20 ans et un taux de rendement (coupon) de 0,5%. Le gouvernement a fait appel à six banques, dont ABN Amro et HSBC, pour mener cette opération, qui cible notamment les fonds de pension et les gestionnaires d’actifs à l’échelle internationale.

La mise en circulation de ces obligations s’inscrit dans la stratégie des Pays-Bas visant à réduire leur empreinte carbone. L’objectif fixé par La Haye prévoit une réduction de 49% des émissions de gaz à effet de serre du royaume d’ici à 2030, contre un objectif de 40% pour l’UE. Une ambition qui s’explique par le fait qu’une grande partie du pays se trouvant sous le niveau de la mer, le royaume est particulièrement vulnérable aux aléas climatiques.

Le gouvernement a donc choisi de pénétrer le marché des « greenbonds» à l’aide d’une émission qualifiée de « vert foncé ». Certifiée par la Climate Bond Initiative (CBI), cette première obligation verte néerlandaise est assortie de critères très stricts et vise à financer des projets qui contribuent à l’adaptation au changement climatique : renforcement des ouvrages de protection contre les inondations maritimes et fluviales, surveillance et gestion du niveau des eaux et optimisation de leur distribution. Mais également des projets dans les énergies renouvelables, l’isolation des habitations et l’amélioration du réseau ferré.

L’opération confirme le rôle moteur de l’Europe en matière d’émissions souveraines écologiques. En dehors du Vieux continent (Belgique, France, Irlande, Pologne), seuls l’Indonésie et Fidji ont émis des obligations d’État « vertes ».

Sell in May and go away?

Sell in May and go away?

L’idée derrière la stratégie, si l’on peut l’appeler ainsi, est que de novembre à mai, les marchés actions sont plus performants que de mai à novembre.

Le problème, cependant, avec beaucoup de vieilles maximes, c’est qu’on a tendance à les prendre au pied de la lettre.

Au cours des deux dernières décennies, les performances du S&P de novembre à mai ont été meilleures que celles des six mois suivants, soit de mai à novembre, 75% du temps.

Mais ces chiffres seuls ne disent pas tout. Un investissement de 10 000$ dans le S&P en novembre 1998, aurait atteint 26 812$ aujourd’hui, soit un gain de +168%, correspondant à un rendement annuel de 4,69%. Cela peut sembler faible, mais rappelez-vous qu’il y a presque exactement 20 ans, les marchés étaient sur le point de subir l’éclatement la bulle Internet. Les rendements sont donc impactés négativement par la période choisie.

Si vous aviez investi de novembre à mai chaque année depuis 1998, la même somme de $10 000 s’élèverait désormais à 27 735$, soit un gain de +177%, ou 4,98% en rendement annuel. A l’inverse, investir $10 000 de mai à novembre au cours des 20 dernières années aurait généré seulement $9 667, soit un rendement négatif de 3,33%, et ce, avant que les coûts supplémentaires ne soient pris en compte. Si la saisonnalité sur les actions est un fait avéré, les raisons en sont obscures. Ce phénomène purement factuel pourrait être dû aux anticipations de bénéfices qui sont fortes en fin et en début d’année et sont déçues en étant confrontées à la réalité à partir de mai.

Quoi qu’il en soit, la stratégie la plus simple, acheter et conserver, est le meilleur choix, e qui a un certain sens. Après tout, il est souvent vrai que moins on bricole, meilleur est le résultat !
Conclusion : le market timing est une chose à éviter ! Mieux vaut le buy and hold, qui répond d’ailleurs à une approche beaucoup plus saine de l’investissement.

L’actualité de l’ENFO

L’actualité de l’ENFO

Le European Network of Family Offices (ENFO) poursuit ses coopérations en matière de recherche, d’outils et de pratiques. Composé d’une demi-douzaine de multi-family offices européens, leaders reconnus sur leurs marchés respectifs représentant ensemble plus de 10 milliards de patrimoines privés sous supervision, il donne à chacun de ses membres, et à leurs clients, une couverture large des opportunités et enjeux européens.

L’oracle Forrest Gump

L’oracle Forrest Gump

Dans le film oscarisé Forrest Gump, il y a une scène où l’on voit le protagoniste principal, interprété par Tom Hanks, ouvrir une lettre de remerciement d’une société dénommée Apple Computer Inc. après qu’il a investi une partie des revenus de la Bubba Gump Shrimp Company « dans un genre d’entreprise de fruit ».

25 ans après la sortie du film, si cet investissement initial dans Apple avait été réel, celui-ci s’élèverait aujourd’hui à $28Mrd !

Si le montant de l’apport initial n’est pas mentionné dans le film, le site spécialisé qui a réalisé ce calcul s’est basé sur une somme de $100 000, soit environ 3% du capital d’Apple avant son introduction en bourse, en 1980. Au premier jour de cotation, l’investissement aurait déjà représenté $43M. En juillet 2019, la capitalisation boursière d’Apple avoisinait les $940Mrd.

Cette anecdote illustre la croissance impressionnante des valeurs d’entreprises de la Tech. Elle reflète d’ailleurs, plus largement, l’inflation de la valorisation des actifs – actions, obligations, immeubles…-. Mais on se souviendra qu’à l’époque de Forrest Gump, les stars du marché se nommaient IBM ou AT&T… La roue tourne. Toujours.

Mécénat d’entreprise à réinventer

Mécénat d’entreprise à réinventer

Le formidable élan de générosité à l’occasion de l’incendie de Notre-Dame a révélé toute l’ambiguïté française vis-à-vis du don et du mécénat. Nos concitoyens ont, dans le même temps, salué la réactivité et l’ampleur des engagements financiers, dénoncé les avantages fiscaux qui en découlent, accablé l’État défaillant de s’en remettre au privé et reproché que des causes sociales ou écologiques ne suscitent pas pareille mobilisation. Part importante de la philanthropie, le mécénat d‘entreprise n’a pas été épargné.

Pareille cacophonie n’est pas le fruit du hasard : alors même que la France, avec la loi Aillagon, s’est dotée en 2003 d’un des régimes fiscaux les plus favorables au monde, elle n’a, depuis, jamais expliqué clairement ce qu’est le mécénat d’entreprise : une politique au service de l’intérêt général qui vise à mobiliser la puissance économique des entreprises au bénéfice de grands enjeux de société. Elle ne l’a pas accompagné d’une pédagogie, indispensable pourtant, sur l’utilité du mécénat d’entreprise dans un pays où l’État se veut Providence, et sur le rôle de l’entreprise, qui ne se résume pas à la seule réalisation de profits!

Cette forme d’engagement des entreprises a pourtant connu un développement exponentiel avec 80 000 entreprises aujourd’hui mécènes (x 2,5 en 6 ans) pour un montant de €2Mrd répartis à parts quasi égales entre le social, la culture et l’éducation. Il est aussi une composante accélératrice de l’engagement des entreprises : si 11% des entreprises françaises ont une politique RSE, elles sont 22% chez les entreprises mécènes.

Enfin, si 96% des mécènes sont des TPE et PME, et 0,3% des grandes entreprises, ces dernières concentrent à elles seules 57% des dons (€960M en 2017). Ce chiffre peut interpeller mais n’oublions pas qu’il intègre les centaines de millions d’euros du don en nature (denrées par ex.), sur lesquels reposent notamment un tiers de l’aide alimentaire au plus démunis et une partie des entreprises sociales de l’économie circulaire.

Pourtant, malgré cette croissance forte du mécénat en nombre comme en volume, un énorme potentiel de développement nécessaire au pays reste à mobiliser, puisque moins d’une entreprise sur dix en France est mécène. Aussi, à l’heure où la loi Pacte propose aux entreprises de se doter d’une raison d’être au service de l’intérêt collectif, le moment semble propice à construire une politique ambitieuse, qui aborde le mécénat comme un investissement public-privé au service de l’intérêt général.

La relation créée par le mécénat entre entreprise et intérêt général constitue l’un des leviers d’une vision nouvelle du capitalisme, qui changerait son rapport à la performance, en y intégrant l’impact social et environnemental, son rapport au temps, en s’éloignant du court-termisme. Mais il faudra sans doute encore beaucoup de volonté, d’énergie et de… temps, pour constater l’impact de ce qui paraît une inflexion majeure.

Alerte générosité

Alerte générosité

Le syndicat professionnel des associations et fondations faisant appel public à la générosité – France Générosités – alerte sur une baisse des dons effectués par les Français en 2018.

Le syndicat constate qu’entre 2017 et 2018, le montant des dons reçus par les œuvres caritatives a baissé en moyenne de –4,2%, contrastant avec une progression constante des dons entre 2013 et 2017 de + 9%.

D’après le syndicat, trois facteurs expliquent cette décollecte :

  • La transformation de l’ISF en Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI).
    D’après le dernier baromètre, le montant des dons reçus dans le cadre des dons IFI 2018 a baissé de 54% par rapport aux dons ISF de 2017.
  • La hausse de la CSG pour les retraités.
    Les associations précisent avoir reçu de très nombreux courriers de donateurs retraités indiquant être dans l’obligation de suspendre leurs dons cette année pour des raisons financières.
  • L’arrivée du prélèvement à la source.
    L’arrivée du prélèvement à la source en janvier 2019 a rajouté de la complexité. Couplé à la hausse de la CSG pour les retraités, cet élément fut une source d’inquiétude notamment pour les contribuables les plus modestes.

Le syndicat tient tout de même à saluer la fidélité des donateurs. En effet, si le montant des dons reçu a baissé, le nombre de dons s’est maintenu. Il faut souligner que 94% des dons proviennent de donateurs fidèles.

Si, comme on peut le souhaiter, le moteur de la générosité n’est pas seulement fiscal, cette réforme pourrait bien fournir une occasion pour les organismes sans but lucratif de se positionner sur l’efficacité, la pertinence et l’impact de leurs actions plutôt que sur la seule « carotte » fiscale…

Une fois n’est pas coutume, le secteur du non-profit pourrait s’inspirer des bonnes pratiques de celui de l’investissement !

Mars 2019

Mars 2019

« Le pessimisme est d’humeur ; l’optimisme est de volonté. » (Alain)

La Défense, 39eme étage.
A perte de vue, Paris s’estompe dans un coucher de soleil hivernal. Un flou brumeux domine au loin, la Tour Eiffel émerge, telle une boussole au milieu de cet horizon, insolent aiguillon qui affirme sa présence solide.

Ce phare dans l’océan des incertains capte, apaise et dirige. De même, le family office accompagne et guide.

Précurseur et pionnier d’un métier où beaucoup cherchent aujourd’hui à prendre pieds, où d’autres revendiquent une paternité de modèles alternatifs, MJ&Cie continue à affirmer haut et fort son attachement à une pratique globale, qualitative, soucieuse d’éthique et d’alignement d’intérêts avec ses clients. En un mot 100% « buy-side »!

Une pratique ancrée dans l’engagement, l’innovation, l’exigence et l’ouverture, pour apporter à chaque client, entrepreneur ou famille, français ou international, un accompagnement novateur et unique sur le long terme. D’humeur comme de volonté, l’optimisme de MJ&Cie ne se dément jamais !

Finance « nominale »

Finance « nominale »

Selon une étude effectuée par la Cass Business School (City University of London), les prévisions de résultats des analystes financiers dont les noms de famille sont étrangers suscitent des réactions singulières sur le marché.

Les chercheurs de cette business school londonienne ont découvert que, à la suite des attaques terroristes du 11 septembre, les prévisions formulées par des analystes dont les noms de famille étaient à consonance moyen-orientale, engendraient de plus faibles réactions du marché. Ils ont également constaté qu’après l’opposition des gouvernements français et allemand à la guerre en Irak menée par les États-Unis, les prévisions d’analystes aux noms français ou allemands avaient été moins bien accueillies par le marché américain.

L’étude a été menée auprès d’un échantillon de 5 516 analystes et 6 495 sociétés sur la période 1996 -2014. Les chercheurs ont mesuré la préférence pour des noms de famille et se sont aidés des registres historiques d’immigration aux États-Unis pour identifier les pays d’origine des noms de famille. Ils se sont également servis des données de l’étude Gallup portant sur la cote de popularité des pays étrangers aux États-Unis.

Ces découvertes concordent avec la supposition selon laquelle les gens tirent naturellement des conclusions qu’ils souhaitent obtenir. Si les investisseurs voient favorablement un analyste en raison de son nom de famille, ils sont motivés à considérer les prévisions de ce dernier comme étant plus crédibles ou de meilleure qualité, car cela réduit l’incohérence désagréable entre leurs actes et leurs pensées.

Le nom de famille a aussi des incidences sur la carrière de l’analyste : à condition de fournir de bonnes prévisions de résultats, un analyste aurait plus de chances, si son nom de famille était apprécié, d’être élu en tant qu’analyste renommé et de survivre dans ce milieu même si sa maison de courtage faisait faillite ou faisait l’objet d’une fusion-acquisition.

Après la finance comportementale, va-t-on voir émerger la finance « nominale » ?

MJ&Cie stratégique

MJ&Cie stratégique

Le Conseil Stratégique de MJ&Cie s’est réuni début mars. Enjeux métiers, enjeux RH, positionnement, vision et gouvernance à moyen terme : le développement de MJ&Cie dans un contexte en forte évolution, qui voit l’arrivée de nouveaux acteurs se revendiquant d’une profession encore mal définie, a été au cœur des échanges.

Composé, outre les associés de MJ&Cie, de membres aux expertises larges et reconnues – Denise Kenyon Rouvinez (professeur à l’IMD et experte en gouvernance), Alberto Haddad (conseil en stratégie et en investissements), Laurent Isenegger (avocat) et Christophe Delrieu (fiscaliste) – ce conseil est un organe de réflexion sur les enjeux stratégiques et la gouvernance de la société.

Il est cinq heures

Il est cinq heures

D’après la dernière étude du très sérieux The Economist, Paris devient la ville la plus chère au monde, ex-aequo avec Singapour et Hong-Kong. Le reste du Top Ten est complété par Zurich, Genève, Osaka, Séoul, Copenhague, New-York et Los Angeles. Londres disparaît du classement à cause de la dépréciation du Sterling, liée au Brexit.

Notre capitale est ainsi la ville où le coût de la vie est le plus important au monde ! 160 produits et services ont été comparés pour établir ce classement, tels que l’alimentation, l’immobilier ou encore l’éducation et les transports.
A contrario, les trois villes où le coût de la vie est le moins élevé sont : 3emeTachkent (Ouzbékistan), 2eme Damas (Syrie) et 1ere Caracas (Venezuela).

L’art mature

L’art mature

Selon le rapport Artprice, les ventes aux enchères de fine art ont atteint $15,48Mrd en 2018. Le chiffre d’affaires mondial a augmenté de 4% (3eme exercice consécutif de hausse).

Les USA (+18%) et le Royaume-Uni (+12%) portent la croissance en Occident. Les USA redeviennent la 1ere place mondiale, avec $5,8Mrd, (38% du CA mondial). La Chine se place juste derrière, avec $4,5Mrd, La France pèse quant à elle 4,5% avec $694M, soit une baisse de 10%. Christie’s reste n°1 des maisons de ventes, avec $5Mrd, devant Sotheby’s’($3,9Mrd).

« Acheter la bonne œuvre, de la bonne période, avec une belle histoire, du bon artiste, au bon moment ». Cette formule, rendue célèbre par Artprice, est peut-être simpliste mais terriblement parlante. Elle explique, à elle seule, le taux de 36% d’invendus en 2018. N’oublions pas que ce taux, référence depuis 120 ans, permet de vérifier si le marché est en mode spéculatif (taux d’invendus inférieur à 20%) ou en chute libre (supérieur à 60%). 36 étant, selon la sociologue du marché de l’art Raymonde Moulin, le « juste » chiffre…

En 2018, les valeurs sûres, doublées d’une belle provenance, ont donc eu la cote. Il n’est que de voir le succès de la collection Rockefeller dispersée en mai chez Christie’s : $833M !

Les $115M payés par David Nahmad, marchand new-yorkais, pour La Fillette à la corbeille fleurie, de Picasso, présenté dans l’exposition Picasso. Bleu et rose du musée d’Orsay, illustre à la perfection le phénomène.

David Hockney est devenu l’artiste vivant le plus cher du monde avec Portrait of an Artist. Chez Christie’s, en 9 minutes, les enchères du double portrait à la piscine ont grimpé à $90,3M, devançant le précédent record détenu depuis 2013 par Jeff Koons.

Lentement mais sûrement, les femmes émergent sur le marché… mais la palme, pour une artiste vivante, reste encore modeste, en valeur relative. Elle revient à Jenny Saville, dont un grand nu a été adjugé €10,5M en octobre chez Sotheby’s. L’artiste britannique s’est toutefois fait souffler la vedette par Banksy, qui, dans la même vente, a semé l’émoi médiatique en détruisant son œuvre à distance !

Entre logique d’investissement, spéculation, collections passionnées, demande insatiable de grandes signatures, le nombre de transactions affiche une santé insolente : avec 538 000 œuvres supplémentaires vendues en 2018, le marché signe un record absolu depuis 1945, malgré le ralentissement de l’économie mondiale.

Les leviers d’une telle croissance sont la facilité d’accès aux informations, la dématérialisation des ventes, la financiarisation du marché, la hausse du nombre des « consommateurs » d’art (de 500 000 à l’après-guerre à 120M en 2018 !), leur rajeunissement, l’extension du marché à toute la Grande Asie, la zone Pacifique, l’Inde, l’Afrique du Sud, le Moyen-Orient et l’Amérique du Sud, mais aussi l’essor d’une « industrie muséale » (700 nouveaux musées/an) devenue une réalité économique mondiale du XXIeme siècle. Il s’est construit plus de musées entre 2000 et 2014 que durant tous les XIXeme et XXeme siècles réunis.

Le marché de l’art est désormais mature. Il n’est plus l’apanage des seuls experts et amateurs éclairés. Il offre une structure permettant l’achat au plus grand nombre, mais aussi l’investissement. Il a d’ailleurs généré des rendements de plus de 8% par an pour les œuvres de plus de $200 000. Des rendements qui ne sont pas réservés aux artistes stars : les œuvres de plus de $20000 ont généré des rendements annuels de l’ordre de 5%. Les marchés financiers ou immobiliers n’ont qu’à bien se tenir !

Prudence cependant. Au-delà d’un sous-jacent qui demeure exceptionnel à bien des égards, si le vent soufflait à plein dans les voiles début 2018, plusieurs spécialistes voient une année plus calme se profiler. Un indicateur « avancé » : la première session des ventes d’art impressionniste, moderne et surréaliste de Londres a déçu le mois dernier en raison, notamment, d’estimation beaucoup trop élevées…

L’UE et la chocolaterie

L’UE et la chocolaterie

A l’instar de Willy Wonka et son fameux ticket d’or pour visiter sa chocolaterie, certains états de l’Union Européenne octroient des passeports et des visas « dorés » à des citoyens ressortissants d’état tiers, sous conditions de ressources financières importantes.

La Commission Européenne a de nouveau dénoncé ces dispositifs et promet d’intensifier l’examen des conditions d’attribution.

Cette pratique, apparue dans les années 2000, et qui s’est développée afin d’attirer les capitaux étrangers, est présente sous diverses formes dans 20 états de l’Union Européenne.

Les conditions requises sont très différentes d’un pays à l’autre, qu’il s’agisse du montant à investir (de €13 500à €5M) ou du type d’investissement à réaliser (investissement mobilier, don à un organisme caritatif ou à un club sportif…).

Malte, Chypre et la Bulgarie sont particulièrement pointés du doigt dès lors qu’il est possible d’y acquérir une nationalité permanente et complète, avec la libre circulation dans l’UE qui l’accompagne, à condition d’y investir entre €800 000 et €2M, sans qu’aucune obligation de résidence n’ait à être respectée.

A noter que l’OCDE avait également critiqué, en 2018, le système des passeports et visas « dorés », présent dans 90 états du monde, en ce qu’il permettrait d’échapper aux contrôles réalisées par l’échange automatique d’information et d’éviter les contrôles de l’état d’origine sur les montants détenus à l’étranger par son ressortissant. Sans parler du contrôle sur l’origine de l’argent.

Démembrez sans trembler

Démembrez sans trembler

A partir du 1er janvier 2020, l’administration fiscale française sera en droit de requalifier, sur le terrain de l’abus de droit, toute opération qui aurait pour objectif principal (et non plus seulement exclusif) d’éluder ou d’atténuer des charges fiscales. Bon nombre de professionnels ont exprimé leurs craintes de voir ce nouveau texte s’appliquer au mécanisme du démembrement de propriété. Dans ce schéma, les parents se réservent l’usufruit d’un bien et transmettent – souvent à titre gratuit – la nue-propriété dudit bien à leurs enfants. Au décès des parents, les enfants récupèrent la pleine propriété du bien en franchise d’impôt.

L’administration fiscale a indiqué, lors d’un communiqué de presse, que ce nouveau texte ne remettait pas en cause les transmissions anticipées de patrimoine, « notamment celles pour lesquelles le donateur se réserve l’usufruit du bien transmis ».

Si ce nouveau texte élargira de manière certaine les possibilités de contestation de l’administration, on devrait toutefois pouvoir continuer à démembrer… sans trembler. C’est l’administration qui vous le dit !

Marchés financiers : USA over all!

Marchés financiers : USA over all!

Un 1er trimestre euphorique sur les marchés, en hausse de 15% !

Suivant un dernier trimestre 2018 cataclysmique, le fort rebond de cette année a presque effacé toutes les pertes de 2018. Comment expliquer ce retournement soudain ? Est-ce un rebond de la croissance mondiale ? Un optimisme retrouvé des entreprises face à un carnet de commandes prometteur ? Une baisse des tensions géopolitiques ?

Hélas non. Comme souvent ces dernières années, c’est la banque centrale américaine qui a mis fin au krach (aussi peu rationnel que le rebond de ce début d’année d’ailleurs !), en changeant totalement de discours ; après 3 hausses de taux en 2018, pour accompagner la bonne santé de l’économie américaine, et alors qu’en décembre elle prévoyait encore 2 hausses en 2019, la FED a « rassuré »les marchés en annonçant le retour à une politique monétaire laxiste et promettant qu’elle ne monterait pas ses taux avant 2020 (le marché anticipant même une baisse en fin d’année).

Comment interpréter ce revirement significatif ?

Les récents chiffres macroéconomiques sont effectivement décevants, on constate un ralentissement généralisé de la croissance mondiale. La courbe des taux américains est aujourd’hui inversée : le 3 mois est supérieur au 10 ans. Ce qui est normalement un signal de récession prochaine, le marché anticipant une baisse des taux dans quelques années.

Pour autant, si les États-Unis ont ralenti, la croissance arrivait d’un niveau intenable de 4%, alimentée par la réforme fiscale de l’administration Trump. Il est donc normal de revenir à un rythme plus raisonnable. Sur le front de l’emploi, les chiffres du 1er trimestre sont toujours excellents, malgré la longue fermeture de l’administration fédérale en janvier, et les salaires toujours en hausse. Alors ralentissement certes, mais la récession semble encore loin…

La raison du rebond des marchés ne semble donc pas d’ordre économique, car quelle que soit l’analyse de la situation (croissance ralentie ou non), il y a contradiction entre des marchés actions en hausse de 15% (voire même 20% pour des valeurs de croissance, comme Michelin ou Kering), qui traduisent une anticipation haussière des bénéfices futurs et un marché obligataire qui anticipe une récession !

Alors comment interpréter ce changement de discours de la banque centrale américaine ?

Le marché y a vu la validation d’une idée en vogue dans les salles de marché depuis 2008 : la FED agirait comme le protecteur ultime du marché face au risque de forte volatilité sur les actions. En cas de baisses conséquentes, elle serait toujours là pour amortir le choc, faire redémarrer la machine et au final sauver les investisseurs.

Le rôle des banques centrales s’est totalement transformé au cours des 10 dernières années, post faillite de Lehman Brothers. L’impact des marchés boursiers sur l’économie réelle, particulièrement aux États-Unis où les ménages sont fortement investis via leur épargne retraite, obligerait les banquiers centraux à suivre de près les cours de bourse. Le président Trump l’a bien compris, et réclame depuis des mois que la FED stoppe ses hausses de taux : le niveau du S&P500 devient un enjeu politique !

A court terme, tout le monde applaudit. Mais est-ce le rôle d’une banque centrale ? Est-elle là pour cajoler et rassurer les investisseurs dont le métier est de prendre des risques? Si, en tant que sauveur ultime, elle annule le risque, comment donner un vrai prix aux actifs ? Quelle est l’efficience réelle du marché ? Comment discriminer les bonnes entreprises des mauvaises ? Ce débat a déjà eu lieu après 2008, avec le principe du too big to fail : si les états doivent sauver les banques ou les gros employeurs, comme les constructeurs automobiles, de leurs propres erreurs, où est l’efficience économique ?

Et quid de l’indépendance de la banque centrale face au pouvoir politique ? Faut-il s’attendre à des politiques monétaires laxistes les années électorales pour contenter le pouvoir en place au détriment des fondamentaux économiques ? Les banques centrales sont sorties renforcées des années post Lehman Brothers et ont gagné une grande crédibilité. En revenant sur leur émancipation du pouvoir politique, les effets à long terme pourraient être chèrement payés pour quelques semaines de hausse des actions.

Pour autant, le débat n’est pas tranché entre réel ralentissement économique et changement du rôle de la FED :

  • si cette dernière a effectivement correctement anticipé un ralentissement plus marqué, cela se traduira dans les publications de résultats des entreprises du 1er trimestre. Les investisseurs réévalueront le prix des actions au regard de ces chiffres. S’ils sont décevants,la valorisation de certains secteurs sera difficilement justifiable.
  • si la croissance est toujours là et que les entreprises anticipent une bonne année 2019, le marché peut-il encore monter et retrouver ses records historiques ? Dans ce cas, la FED aura du mal à expliquer son discours prudent. Et si l’inflation augmente dans un contexte toujours porteur (les salaires continuent à augmenter), que va faire la FED ? Se contredire et monter les taux, en ruinant sa crédibilité ? Ou tenir sa parole et voir les taux longs monter face aux risques inflationnistes. Ce qui ne manquerait pas d’impacter l’économie réelle ! A suivre dans les prochaines semaines.

La seule avancée économique de ce 1er trimestre est le rapprochement sino-américain sur le commerce : les discussions semblent être positives, même s’il faut rester prudent avec le président Trump.

En revanche il est certain qu’après s’être attaqué à ses voisins canadiens et mexicains, puis à la Chine, le prochain ennemi sur la liste de Trump sera l’UE, qui affiche un fort excédent commercial avec les USA (particulièrement l’Allemagne). Au regard de la faiblesse politique de l’Europe (Brexit, populisme italien, gouvernement minoritaire en Espagne, faiblesse politique de Mme Merkel en Allemagne, gilets jaunes en France, risques de montée des eurosceptiques lors des prochaines élections européennes…), il est difficile d’imaginer comment l’UE pourrait raisonnablement être en position de force pour négocier.

Une fois de plus, il est à craindre que l’Europe soit la perdante du bras de fer à venir avec les Américains : l’Allemagne, et particulièrement son secteur automobile, sera la 1ere concernée.

Face à ces risques, nous pouvons assister à une nouvelle sous-performance des actions européennes, comme les actions asiatiques ont sous-performé en 2018 face aux attaques du président Trump.

A l’inverse, une fois de plus, les États-Unis semblent avoir beaucoup de cartes en main : une croissance toujours robuste, une position de force pour renégocier les accords commerciaux, une banque centrale pro-business avec des munitions si besoin (baisses de taux possibles contrairement à l’Europe) et entreprises toujours très profitables.

Principale faiblesse américaine potentielle, nous semble-t-il : la campagne présidentielle, avec certains candidats à l’investiture démocrate affichant des projets très à gauche. La précédente campagne avait vu les candidats taper sur le secteur pharmaceutique, qui avait souffert en bourse. Cette année, le secteur de la technologie (Google, Amazon, Facebook) pourrait servir de cible.

Slowbalisation

Slowbalisation

Si les problèmes de l’économie mondiale se résumaient à un animal, ce serait l’escargot. Du moins, si l’on en croit la couverture de l’hebdomadaire britannique The Economist du 26 janvier, où le gastéropode est à l’honneur. Au-dessus de sa coquille en forme de planisphère trône le mot « slowbalisation », contraction de slow (« lent » en anglais) et de globalisation.

Tel est le mal dont souffre le commerce mondial : il est devenu trop mou et trop lent. L’âge d’or de la mondialisation est derrière nous. Celle reposant sur l’intensification croissante des échanges, la baisse continue des coûts de transport et l’intégration toujours plus grande des chaînes de production. Après avoir grimpé de 39% à 61% du PIB mondial entre 1990 et 2008, le commerce international est retombé à 58% en 2018. Les investissements transfrontaliers des entreprises ont chuté de 3,5% à 1,3% du PIB entre 2007 et 2018.

Que s’est-il passé ? Les pistes d’explication ne manquent pas. Le coût des transports a cessé de baisser. L’industrie des pays émergents a suffisamment monté en gamme pour fournir les marchés locaux. Les services, plus difficilement exportables, prennent un poids croissant dans la plupart des économies. La hausse des salaires dans nombre de pays émergents limite peu à peu l’intérêt des délocalisations. S’ajoutent à cela les politiques de repli national entamées par plusieurs États, dans le sillage des États-Unis de Donald Trump.

Est-ce à dire que la slowbalisation est une malédiction ? Seulement si l’on oublie d’y voir une opportunité. Celle de corriger les excès de la mondialisation passée. Occasion, aussi, de mieux concilier protection de l’environnement et croissance. Mais, jusqu’ici, la volonté politique pour en tirer les conséquences et enclencher un véritable changement a manqué, aucun état n’étant prêt à risquer sa compétitivité pour, par exemple, relever la fiscalité des multinationales.

Certains d’entre eux viennent, malgré tout, de faire un petit pas. Le 29 janvier, l’OCDE a ainsi dévoilé un accord entre 127 pays visant à mieux taxer les GAFA dès 2020. L’objectif : assurer que les géants du web paient un juste niveau d’impôt là où ils réalisent leurs activités et bénéfices, au lieu d’y échapper en grande partie, comme aujourd’hui.

L’inflexion, quoique légère, semble suffisamment notable pour être relevée !

Dolce Vita

Dolce Vita

A l’instar d’autres pays de l’Union Européenne, l’Italie cherche à son tour à attirer les retraités disposant de revenus confortables.

Après avoir instauré un statut au « forfait » (impôt forfaitaire de €100 000 par an, portant sur l’ensemble des revenus mondiaux du contribuable), le pays présente la « flat tax » des retraités : une taxe forfaitaire de 7% sur les revenus pour les retraités étrangers qui viennent s’installer sur son territoire.

Pour avoir droit à cet avantage fiscal, valable cinq ans, les personnes intéressées doivent s’installer dans une ville de moins de 20 000 habitants, dans une des huit régions du Sud de l’Italie : la Sicile, la Calabre, la Sardaigne, la Campanie, les Pouilles, les Abruzzes, le Molise ou la Basilicate.

A noter que cette idée avait déjà été expérimentée par le Portugal. Le nombre de citoyens français s’y étant installés avait ainsi bondi de 35% en 2017.

Toutefois, les administrations fiscales étrangères ne voient pas d’un bon œil ce genre de législation qui permet à un état de contourner les conventions fiscales bilatérales. En réaction à cette politique fiscale, la Finlande a, par exemple, dénoncé sa convention fiscale avec le Portugal, qui n’est ainsi plus en vigueur depuis le 1er janvier 2019.

Irrépétible…

Irrépétible…

Une révolution dans les palais de la République : les juridictions administratives de France, jusqu’au Conseil d’État, ont depuis le 1er janvier adopté un nouveau mode de rédaction de leurs décisions, abandonnant des formules centenaires, comme le «considérant que», qui introduisent d’interminables paragraphes.

Permis de construire, changement de nom, crèche dans les mairies, burkini sur les plages, circulation sur les voies sur berge : la juridiction administrative tranche les litiges opposant une personne privée à l’état, une collectivité territoriale ou un établissement public.

L’ancien « Conseil d’État du Roy » a renoncé à des siècles de « considérant que », qui ponctuait les débuts de chaque paragraphe, au profit d’un unique « considérant ce qui suit » placé au début de la décision et offrant l’immense avantage de passer au style direct.

Le Conseil d’État recommande, dans un copieux vade-mecum à destination des professionnels, de bannir une série de formules désuètes, inusitées ou latines et donc sibyllines pour le plus grand nombre. Ainsi, foin des « ester en justice », « irrépétible », « ultra petita » ou « susvisé ».

Le rédacteur, qui écrit pour différents publics, doit veiller à ce que sa décision soit, pour les parties qui en sont les premiers destinataires, lisible, convaincante et intelligible.

Dans un souci de lisibilité, un paragraphe ne doit pas excéder une demi-page et une phrase ne doit pas, en principe, dépasser quelques lignes, plaide la haute juridiction qui dispense aussi des conseils de mise en page !

MJ&Cie sur scène

MJ&Cie sur scène

KEDGE Business School – IMPI – Fév. 2019 : « Le Family Office »

Le Cercle des Dirigeants AUDENCIA – Mars 2019 : François Mollat du Jourdin est intervenu aux cotés de Yann Boissière, rabbin du MJLF, théologien et historien, sur le thème de « L’argent : valeur, moyen, objectif ou tabou ? ».

Le hedge de l’Ivy League

Le hedge de l’Ivy League

Les universités américaines, qui disposent d’importants capitaux au travers « d’endowment funds » (fonds de dotation), sont aussi des clientes des hedge funds. Elles investissent historiquement beaucoup dans ces fonds comme dans les autres classes alternatives (private equity immobilier, matières premières…).

Les fonds de dotation des universités de l’Ivy League, les huit universités du nord-est des États-Unis (Harvard, Princeton, Stanford…), chargés de gérer les dons, disposaient de $135Mrd en juillet dernier.

Elles investissent dans des hedge funds plus du quart de ces actifs. En 2017, des universités comme Brown et Columbia investissaient un peu plus du tiers de leurs actifs dans les fonds alternatifs. Harvard y plaçait 15%, Yale (dont la stratégie de gestion est considérée comme une référence mondiale – www.investments.yale.edu), 20.5% et Princeton 24.6%.

Pour terminer en tête de l’Ivy League, une question de prestige, les universités ont pris davantage de risques. Elles estiment qu’elles ont « la matière grise » nécessaire pour être plus performantes que les fonds de pensions traditionnels. Elles doivent aussi dégager plus de rendement pour contribuer aux dépenses croissantes dans un contexte d’âpre concurrence pour attirer les meilleurs étudiants.

Cette politique de gestion, très axée sur les classes alternatives risquées, dont Yale fut la pionnière dès 1985, a cependant été critiquée pour son coût lié aux frais de gestion élevés. Les universités versent des centaines de millions de dollars de commissions aux hedge funds, un argent dont certains considèrent qu’il pourrait être mieux utilisé au bénéfice direct des étudiants. Faut-il croître pour dépenser ou dépenser pour faire croître : un débat sans fin…

L’ode à la défense

L’ode à la défense

Pendant juridique des tensions commerciales entre les grands de ce monde, le Parlement européen vient d’adopter un règlement mettant en place un instrument d’examen des investissements directs étrangers pour des motifs de sécurité et d’ordre public. Une première au niveau européen !

Il s’agit d’un mécanisme de filtrage des investissements directs étrangers qui permettra aux états-membres et à la Commission de coopérer et d’échanger des informations sur certains investissements d’états-tiers pouvant porter atteinte à la sécurité ou à l’ordre public au sein de l’UE.

Si l’Europe tient à conserver le régime d’investissement le plus ouvert au monde, elle doit aussi défendre ses intérêts stratégiques, et pour cela un examen approfondi est nécessaire avant toute acquisition par des entreprises étrangères qui ciblent des actifs stratégiques européens.

En effet, l’Europe est la première destination des investissements directs étrangers qui s’élevaient à €6295 Mrd fin 2017. Les investissements chinois ont ainsi été multipliés par six ces vingt dernières années, en particulier dans le domaine des hautes technologies. Ceux du Brésil ont été multipliés par dix et ceux de la Russie ont quasiment doublé.

Ce règlement couvre de nombreuses industries telles que l’énergie, les transports, les télécommunications ou encore la finance, l’intelligence artificielle ou la robotique. En pratique, les états-membres pourront échanger entre eux des informations et publier des commentaires sur les investissements étrangers ciblant d’autres états-membres. La Commission pourra également solliciter des informations et présenter son avis à l’état dans lequel l’investissement doit être réalisé, étant précisé que l’autorisation d’investissement reviendra toujours à l’état concerné. La Commission ne pourra ainsi jamais, à elle seule, bloquer un investissement.

Ce règlement devrait entrer en vigueur d’ici deux ans.

Prospérité partagée ?

Prospérité partagée ?

D’après la Banque mondiale, cinq pays concentrent plus de la moitié des pauvres dans le monde ! En 2015, sur les 736 millions de personnes vivant dans l’extrême pauvreté (moins de $1,9par jour), 368 millions vivaient dans les cinq pays suivants : l’Inde (24%), le Nigeria (12%), la République démocratique du Congo (7%), l’Éthiopie (4%) et le Bangladesh (3%).

La bonne nouvelle est que le taux d’extrême pauvreté dans le monde est passé de 36% à 10% sur les 25 dernières années, ce qui est équivalent à un recul d’un point par an en moyenne. Selon les projections de la Banque mondiale, l’extrême pauvreté devrait même être éradiquée en Inde et au Bangladesh en 2030.

Il est l’or mon seignor

Il est l’or mon seignor

Comme chaque année, l’ONG Oxfam a publié son rapport sur les inégalités mondiales. Elle souligne une concentration toujours plus importante de la richesse.

D’après ce rapport, en 2018, 26 milliardaires détenaient autant d’argent que la moitié de l’humanité la plus pauvre. L’ONG invite ainsi les États à taxer davantage les plus aisés, car, d’après l’organisation, dans certains pays comme le Brésil ou le Royaume-Uni, les 10% les plus pauvres paient désormais des impôts plus élevés en proportion de leurs revenus que les plus riches.

L’organisation indique par exemple que le budget de santé de l’Éthiopie (110M d’habitants) correspond à 1% de la fortune de Jeff Bezos, patron d’Amazon et homme le plus riche au monde avec $112Mrd de patrimoine.

De quoi donner des idées aux gouvernements du monde entier ?

Elizabeth Warren, professeur de droit à Harvard et candidate déclarée aux primaires démocrates de 2020, vient de rendre public ce qui sera sans doute l’un des points clés de la campagne à venir, à savoir la création, pour la première fois aux États-Unis, d’un véritable impôt fédéral sur la fortune. Sa proposition impose un taux de 2% aux fortunes comprises entre $50M et $1Mrd, et de 3% au-delà. Le projet prévoit également une exit tax égale à 40% du patrimoine pour ceux qui choisiraient de quitter le pays et d’abandonner la citoyenneté états-unienne. La taxe s’appliquerait à tous les actifs, sans aucune exemption, avec des sanctions dissuasives pour les personnes et les gouvernements qui ne transmettraient pas les informations adéquates sur les actifs détenus à l’étranger.

Le débat ne fait que commencer, et le barème proposé pourrait encore être étendu et rendu plus progressif, avec des taux atteignant par exemple 5% à 10% par an pour les multimilliardaires. Ce qui est certain, c’est que la question de la justice fiscale sera au cœur de la campagne présidentielle de 2020. La représentante de New York, Alexandria Ocasio-Cortez, a proposé un taux de 70% sur les plus hauts revenus, alors que Bernie Sanders défend un taux de 77% sur les plus hautes successions.

Si la proposition de Warren est la plus novatrice, les trois approches sont complémentaires et peuvent s’enrichir mutuellement.

Mais on peut surtout s’interroger sur le point de savoir si une répartition plus équilibrée doit nécessairement passer par la taxation ou plutôt par une évolution du mode de production qui permette une meilleure répartition des revenus.

Enrichir les pauvres ou appauvrir les riches, tout un programme.

Immobilier : cigales et fourmis

Immobilier : cigales et fourmis

Globalement, 153 maisons et appartements de plus de $25M se sont vendus dans le monde en 2018. En cumulé, cela représente $6,6Mrd, soit une progression de 13% par rapport à 2017 !

Alors que le nombre d’UHNWI (personnes détenant plus de $30M de fortune) reste en augmentation sensible, comme en témoigne ce chiffre, leurs lieux de résidence de prédilection évoluent.

Selon une étude Barnes, Hong Kong s’impose comme la ville où se sont vendus le plus de logements très haut de gamme en 2018. Longtemps en pointe dans ce secteur, Londres, troisième, est à la peine.

Mais au-delà de la croissance, c’est surtout l’évolution de l’offre qu’il faut relever. De nouveaux acteurs émergent sur ce marché du très haut de gamme ; les particuliers fortunés peuvent acquérir des biens conçus par des marques expertes du secteur du luxe, qui proposent davantage que les « traditionnelles » résidences dotées des équipements luxueux, tels piscines et spas.

En effet, l’acquéreur type n’est plus seulement l’investisseur proche de la retraite. Il couvre désormais toutes les générations, y compris des jeunes dont les attentes riment avec l’époque. Ainsi, un projet, à Florence, construit dans une bâtisse restaurée du XVIeme siècle, propose 37 luxueux appartements, incluant aussi un programme de distractions et d’activités haut de gamme à l’année.

S’il s’internationalise fortement, ce marché reste dominé par les États-Unis. Mais cela n’empêche pas Paris d’être en tête des hausses de prix attendues. La confiance revient. Les prix dans les quartiers prestigieux demeurent 32% inférieurs à ceux de Londres et 69% à ceux de Hong Kong (où il ne faut jamais oublier que l’indexation de la devise sur le Dollar US, alors que l’inflation y est plus élevée, accroît le niveau général des prix de façon « artificielle » sur le long terme).

Au niveau européen, seules deux autres capitales, aux côtés de Paris, se détachent dans le palmarès mondial des hausses attendues pour 2019 : Berlin et Madrid. A Paris, la hausse prévue de 6% pourrait cependant être remise en cause par les manifestations violentes à répétition. En tout état de cause, après des années 2017 et 2018 exceptionnelles, les professionnels de l’immobilier prime s’attendent à un rythme d’évolution plus normal en 2019.

Pour l’investisseur, dans un contexte de prix élevés, il est légitime de s’interroger sur la stratégie à adopter. Une des raisons de l’envolée des prix est le niveau des taux, depuis plusieurs années maintenant. A la lecture des dernières communications des banques centrales, cette situation ne semble pas prête de changer. En Europe tout au moins.

Conséquence directe, les rentabilités des opérations immobilières dites patrimoniales sont faibles, même si elles ont l’avantage de présenter aussi un faible niveau de risque. L’investisseur vise donc surtout la préservation du capital sur le long terme. Mais dénicher des investissements de ce type devient une gageure et requiert patience et extrême réactivité.

L’alternative est la stratégie dite « added value », qui consiste à acquérir des biens décotés pour des raisons de structuration complexe ou d’inadaptation aux normes ou marchés actuels. Présentant évidemment des perspectives de rentabilité supérieure, ce type d’opération demeure difficile, nécessite un horizon d’investissement long mais surtout un niveau d’expertise juridique, fiscale et technique élevé.

Il est d’ailleurs intéressant de relever l’évolution impressionnante du secteur immobilier qui propose aujourd’hui un accès beaucoup plus élaboré par le truchement de véhicules qui n’ont rien à envier au private equity. Le tout animé par un écosystème de professionnels qui ont structuré le marché sur un modèle proche de l’industrie financière : asset managers, brokers, etc.

Mais au-delà de cette sophistication du secteur, bienvenue dans une période compliquée et un marché cher, l’investisseur ne doit jamais oublier le prérequis à tout investissement immobilier : emplacement, emplacement, emplacement !

D’autant qu’on peut s’attendre, le jour où les taux se normaliseront, à une normalisation simultanée des prix ! Il sera alors primordial d’avoir une valeur d’actif préservée par sa localisation.

Couples internationaux : la nouvelle donne

Couples internationaux : la nouvelle donne

Avis aux couples internationaux : la loi applicable aux rapports patrimoniaux est désormais définie par deux nouveaux règlements européens, l’un pour les couples mariés, l’autre pour les couples pacsés après le 29 janvier 2019.

Par couple international entendez : deux époux de nationalités différentes, ou de même nationalité mais résidant dans deux pays différents, ou encore, des couples, par exemple, franco-français partant élire domicile à l’étranger. Cela représente entre 16 et 20 millions de couples pour l’UE.

L’un des changements majeurs est d’en finir avec une mesure très critiquée de la convention de la Haye : la « mutabilité automatique ». Deux époux français, mariés en France dans les années 2000 et partis vivre à Londres pouvaient ainsi, s’ils se fixaient sur place pour plusieurs années, voir leur régime français de communauté muter en régime séparatiste britannique… sans le savoir !

En général, ils le découvraient trop tard, soit au moment de leur divorce, soit au décès de l’un des deux. La façon dont ils pensaient avoir organisé leur patrimoine devenait alors totalement obsolète. Avec ces nouveaux règlements, cela n’arrivera plus. Malheureusement, il ne concerne que les couples mariés après le 29 janvier 2019…

Pas de panique si vous vous êtes mariés avant, vous pouvez quand même agir ! Ainsi, pour ceux qui se sont mariés avant 2019, la première chose à faire est de se renseigner sur la loi applicable au régime matrimonial. Bien souvent, même sans mutabilité automatique, les couples internationaux ne soupçonnent pas qu’ils peuvent être soumis à une autre loi que la loi française. Être marié sous une loi espagnole, polonaise ou russe n’est pas nécessairement un problème, encore faut-il en connaître les conséquences !

Un verre, ça va, trois verres…

Un verre, ça va, trois verres…

Le célèbre slogan français n’a visiblement pas passé la frontière belge, où une étude du cabinet de conseil en RH Securex, menée auprès de 1 500 salariés dévoile que 22% des travailleurs belges déclarent boire plus de deux à trois verres d’alcool par jour. Selon la même étude, réalisée chaque année, ce pourcentage n’était que de 14% en 2015.

La hausse, quasi continue depuis 2010, refléterait des conditions de travail de plus en plus difficiles. L’étude pointe notamment que les salariés qui envisagent de changer d’employeur à court terme boivent presque deux fois plus que ceux satisfaits de leur situation. Elle établit aussi un lien de causalité avec le stress généré par les transports, dans un pays où les bouchons sont fréquents et les trains d’une ponctualité toute relative.

Dans le détail, le problème serait, selon l’étude, plus marqué en région Bruxelloise qu’en Flandre et en Wallonie, frapperait deux fois plus les hommes que les femmes et irait croissant avec les responsabilités.

Le constat dressé par l’étude fait écho à celui du panorama de la santé 2017 publié en avril dernier par l’OCDE, qui sacrait la Belgique championne du monde de la consommation d’alcool, avec 12,6 litres d’alcool pur par an par habitant (contre 11,9 litres pour la France, troisième derrière l’Autriche). Soit l’équivalent de 134 bouteilles de vin ou de 1 008 demis de bière.

La révolution socio-écologique sera donc peut-être la solution à ces excès…

Système D

Système D

Financer sa startup est un passage essentiel dans la vie d’un entrepreneur. Aussi bonne soit son idée, sans financement, les chances sont maigres de la voir se concrétiser. Financement participatif, aides d’état, subventions… sont quelques-unes des ressources les plus communes pour monter une entreprise.

Un entrepreneur français, pourtant, a décidé de ne pas suivre cette voie traditionnelle. Il prévoit de financer son projet d’une manière atypique : en recyclant les quelques 500 réponses négatives, ou inexistantes, à ses demandes de financement adressées aux 500 plus grandes fortunes françaises.

À l’aide d’artisans locaux et d’artistes, il a mis sur pied une statue de 2,10 mètres de haut, d’architecture métallique, surfacée de papier mâché, d’accusés de réception, peinte et vernie. L’œuvre, baptisée Paper Rabbit, représente un lapin de magicien, pour montrer qu’il « n’est pas nécessaire de passer son temps à tenter de chercher la magie perdue de notre enfance ailleurs qu’en nous-mêmes ».

Une fois sa statue achevée, l’entrepreneur a prévu de la mettre sur eBay et d’ouvrir une vente aux enchères fin octobre au prix de départ de €3M. Si la vente est réalisée, il emploiera cette somme pour lancer officiellement les cinq startups de sa holding.

Si le Paper Rabbit se vend, il deviendra alors le premier single founder à lever au moins €3M en un mois avec zéro actionnariat ! Le résultat dira si cette créativité entrepreneuriale est un art !

Justice prédictive

Justice prédictive

Les Legaltechs viennent-elles de remporter l’ultime bataille qui leur permettrait de réaliser l’un des plus grands fantasmes du juriste contemporain : la justice prédictive ? C’est, en tout cas, ce que pourraient laisser penser deux arrêts récents rendus par les cours d’appel de Douai et de Paris.

Le terme « Legaltech », utilisé depuis le début des années 2000, désigne une entreprise qui utilise la technologie pour repenser les services juridiques, en permettant notamment leur automatisation. L’un des objectifs ultimes de ces entreprises est la création d’un marché du droit reposant sur une justice de nature prédictive.

D’après la formule d’un grand professeur de droit, il s’agit de « tenter de prédire avec le moins d’incertitude possible ce que sera la réponse de la juridiction X quand elle est confrontée au cas Y » grâce au Big Data, c’est-à-dire l’utilisation et le croisement des données fournies par l’ensemble des décisions de justice.

Ces nouveaux outils permettent notamment d’établir des statistiques sur les chances de succès d’une procédure judiciaire, de faire une prévision sur le montant des indemnités qu’il est possible de recevoir, et les éléments, de fait ou de droit, qui ont le plus de chance de convaincre les juges de telle ou telle juridiction. Inversement, il est possible de calculer le risque de se faire condamner ainsi que le montant des indemnités qu’il conviendra de verser.

La matière première de ces entreprises est ainsi constituée par les décisions de justice, que les Legaltechs doivent compiler dans d’énormes banques de données. Toutefois jusqu’à présent, lesdites décisions de justice ne leur étaient pas librement accessibles. En cause, l’insurrection des greffes des tribunaux qui ont argué du fait qu’ils « n’ont pas vocation à se substituer aux éditeurs juridiques, sauf à nuire à la continuité du service public de la Justice ». La loi pour une République numérique du 7 octobre 2016 autorise un accès libre et gratuit à l’ensemble des décisions rendues par les juridictions françaises.

Les juges ont ainsi donné raison aux Legaltechs et enjoignent les greffes à fournir les décisions qui leur sont demandées, sous réserve de les anonymiser.

A noter que le projet de loi de programmation 2018-2022 de la réforme pour la justice, actuellement en discussion au Parlement, réaffirme le principe de l’open data tout en ajoutant une limite en ce que les tiers pourront toujours demander copie des décisions de justice « sous réserve des demandes abusives, en particulier par leur nombre ou par leur caractère répétitif ou systématique ».

L’avenir de la justice prédictive n’est ainsi pas encore assuré en France, qui est en retard sur ce sujet. Aux États-Unis par exemple, certains juges vont même jusqu’à recourir à des algorithmes qui leur suggèrent la sanction à appliquer !

Legor

Legor

D’après l’analyse d’un professeur russe d’économie, investir dans des boîtes de Lego pourrait être plus rentable qu’un investissement en bourse ou dans l’or !

Ce dernier a analysé les prix de vente de près de 2 300 boîtes de Lego à thème, vendues entre 1987 et 2015, et a comparé leur prix lors de leur sortie puis à la revente en 2015.

Conclusion, les boîtes de collection à thème comme Harry Potter ou StarWars ont notamment vu leur valeur augmenter en moyenne de 11% par an, soit un rendement supérieur à celui des principales valeurs boursières américaines. Il existe même des sites Internet qui affichent les valeurs et les cotes des boîtes Lego !

Terra incognita

Terra incognita

Le 20 décembre 2014, un volcan sous-marin entre en éruption dans l’archipel des Tonga, dans l’océan Pacifique. La caldera crache de tels volumes de lave et de cendres qu’une petite île d’un kilomètre de diamètre environ émerge peu à peu des flots entre les deux îlots Hunga Tonga et Hunga Ha’pai. Les scientifiques pensent alors qu’il ne faudra que quelques mois pour que les eaux engloutissent ce nouveau territoire.

Quatre ans plus tard, la petite île est pourtant toujours là. Les cendres se sont consolidées pour former une roche solide. Elle est même désormais reliée aux deux petits îlots entre lesquels elle était apparue ! Récemment, des scientifiques ont constaté que la vie n’aura pas mis longtemps à s’approprier les lieux. Des plantes ont commencé à coloniser les plages (il pourrait s’agir de «patates à Durand»). Ils ont aussi constaté la présence de « patches de végétation » sur les flancs du volcan. Les végétaux ne sont pas les seuls à s’être approprié les lieux. La petite expédition a pu observer une chouette effraie, probablement installée sur l’un des deux petits îlots, mais surtout des sternes fumeuses. Ces dernières nidifient dans les ravines formées par le ruissellement des eaux de pluie sur les flancs du cône volcanique.

Découvrir des horizons nouveaux, les transformer en terreaux fertiles, pour favoriser croissance et pérennité : ceci résonne pour MJ&Cie, qui œuvre en ce sens depuis bientôt 20ans !

MJ&Cie philanthrope

MJ&Cie philanthrope

Attachée à la protection de l’enfance, MJ&Cie poursuit, depuis maintenant 3 ans, son soutien aux associations « l’Enfant Bleu » et « Toutes à l’école ».

« L’Enfant Bleu » est une association d’aide aux personnes victimes de maltraitance durant leur enfance. Si la mission principale de cette association est d’agir au quotidien auprès des victimes, elle s’implique également dans les procédures pénales et propose régulièrement des séances de prévention auprès de la société civile mais aussi des professionnels. Jusqu’à présent, les contributions de MJ&Cie ont permis à l’association de financer un nombre important de séances de thérapies.

Avec « Toutes à l’école », MJ&Cie finance, sur la durée, la scolarité d’un groupe de dix fillettes cambodgiennes, aujourd’hui en deuxième année de primaire. Chacune est suivie par un collaborateur de MJ&Cie. L’association, créée il y a 14 ans, accompagne au Cambodge plus de 1 300 élèves de l’école primaire à l’université avec pour maîtres mots pédagogie et orientation, afin de les conduire à un métier qui leur apporte liberté et dignité. La prise en charge des élèves est globale : éducation, alimentation et suivi médical. Un soutien est également apporté aux familles. L’école, située à 12 kilomètres de Phnom Penh, est aujourd’hui un véritable campus, avec une école primaire, un collège, un lycée, un internat, un centre de formation professionnelle et un centre médico-social. En septembre 2018, un foyer a ouvert dans Phnom Penh afin d’accueillir les élèves qui poursuivent leurs études supérieures.

The press review section features articles about MJ&Cie and the family office business in general.