4ème trimestre 2015

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décembre 2015

Entreprises familiales

Sujet cœur du family officer, qui accompagne de nombreuses familles entrepreneuriales, l’entreprise familiale apparaît comme un axe majeur dans le tissu économique. Ainsi, 68% d’entre elles anticipaient une augmentation de leur production en 2015 et 54% prévoyaient de créer de l’emploi.

Pourquoi les entreprises familiales seraient-elles plus performantes et plus pérennes? EY et Deloitte viennent chacun de publier une enquête sur les piliers fondateurs de ces entreprises.

Premier enseignement : la préparation de la transmission. 87% des entreprises familiales interrogées par EY ont déjà clairement identifié le responsable de la succession, le processus de transmission, compliqué, devant être préparé plusieurs années en amont. D’après Deloitte, les jeunes, amenés à prendre la relève, le font principalement pour deux raisons : la pérennité de l’entreprise familiale (54%) et le désir de mener des projets à long terme (26%), tels que le développement à l’international, la croissance externe ou bien l’innovation. Au préalable, nombreux sont ceux qui débutent dans une autre entreprise afin d’acquérir une première expérience et gagner leur légitimité pour intégrer l’entreprise familiale. Il semble que la meilleure préparation à l’intégration de l’entreprise familiale reste, en effet, le fait d’avoir, en amont, travaillé quelques années dans une autre entreprise du secteur (35%), et/ou d’avoir suivi une formation spécifique (25%).

Les entreprises familiales présentent un niveau de cohésion et d’unité élevé, entretenu par une organisation bien rôdée. 62% sont ainsi organisées en SA, dont 27% à Directoire et Conseil de Surveillance, la plupart du temps composés des parents, anciens dirigeants, qui gardent un œil critique sur le fonctionnement de l’entreprise. Au-delà d’instances de direction très organisées, beaucoup d’entreprises familiales ont mis en place des organes de gouvernance tels que les conseils de famille (57%), les comités stratégiques, les associations familiales, des comités de cousins ou encore la formalisation et la rédaction d’une charte familiale (35%). Objectif : développer l’affectio societatis des futures générations.

Sur le plan managérial, on retrouve de plus en plus de femmes aux commandes des entreprises familiales. Selon EY, elles sont largement présentes dans les instances de direction, bien plus que dans les autres types d’entreprises. Plus de la moitié des entreprises familiales (55%) comptent au moins une femme au conseil d’administration. Et ce n’est pas fini, car 70% d’entre elles envisagent de nommer une femme comme prochain CEO. L’intégration de personnes externes est de plus en plus plébiscitée : 90% de la nouvelle génération est favorable à l’implication de managers et administrateurs externes au sein de leurs organes de direction.

De beaux sujets de gouvernance et de succession, pour les family offices, dans leur accompagnement des familles !

13 °C, température d’or

Comme il existe en géométrie un nombre d’or, étalon de l’harmonie universelle, il existerait aussi, en matière d’activité économique, une température idéale.

Des chercheurs de Stanford et Berkeley ont corrélé l’évolution du PIB de 166 pays, sur la période 1960-2010, avec les fluctuations de la colonne de mercure. Selon eux, la productivité atteint son pic à une température annuelle moyenne de 13°C, au-delà de laquelle elle décline fortement. Un climat trop chaud nuirait non seulement aux productions agricoles, mais aussi aux performances et à la santé des travailleurs de l’ensemble des secteurs d’activité.

L’économie de la planète est déjà en surchauffe : sur l’ensemble de l’année 2014, le thermomètre a en effet grimpé, au niveau moyen de 14,59°C. Par ailleurs, les pays du Sud sont déjà désavantagés dans la compétition économico-climatique, puisque si la France (12,6 °C en moyenne sur la période 1981-2010), le Royaume-Uni, l’Allemagne, les USA ou le Japon connaissent des températures médianes légèrement en-dessous ou voisines du seuil fatidique, le Brésil dépasse allègrement les 20°C, tandis que l’Inde, l’Indonésie, le Nigeria ou le Mali flambent entre 25 et 30°C. Pour ces nations, chaque degré supplémentaire au-delà de l’optimum de 13 °C amputerait davantage le PIB, alors que dans les zones froides ou tempérées, chaque degré de moins, en-deçà de cette limite, se traduirait en gain de richesse.

Les chercheurs se sont projetés vers l’horizon de la fin du siècle. Dans un scénario « business as usual », avec une poursuite de la trajectoire actuelle des émissions de gaz à effet de serre, la productivité serait, globalement, inférieure de 23% au niveau qu’elle atteindrait sans réchauffement et 77% des pays connaîtraient une croissance moindre que si le globe restait à température constante.

Social Progress Index

Créé dans les années 1930 pour mesurer l’effet de la Grande Dépression sur l’économie américaine, le PIB a souvent été critiqué, en raison de son champ strictement économique. D’autres tentatives de quantifier la richesse d’un pays, en fonction de critères plus étendus, ont depuis été répertoriées, dont le fameux BNB (bonheur national brut), lancé dans les années 1970 au Bhoutan.

Sa version moderne, le SPI (Social Progress Index), s’est, cette année, penchée sur 133 pays, représentant 99% de la population mondiale. Sa méthodologie s’articule autour de trois axes : la capacité d’une société à satisfaire les besoins de base de ses citoyens (qualité et accès au système de santé, au logement, à la sécurité,…), à construire les fondements de leur bien-être sur la durée (en leur donnant accès à l’éducation et à l’information) et à leur donner l’opportunité de s’accomplir.

Au terme de ce classement, la France se placerait en 21ème position, loin derrière sa 6ème place au classement traditionnel du FMI, et les USA en 16ème position, abandonnant leur 1ère place mondiale.

Les pays émergents comme la Chine, la Russie ou l’Afrique-du-Sud, arrivent respectivement en 92ème, 71ème et 63ème positions. Les trois premières places du podium sont occupées par la Norvège, la Suède et… la Suisse.

S’ils sont corrélés, la croissance économique n’est pas forcément le moteur du progrès social. Quoi qu’il en soit, la Commission Européenne s’est engagée à intégrer le SPI dans son processus de décision, au même titre que le PIB.

(Géo)stratégie d’investissement

L’économie géopolitique permet d’expliquer comment la géographie et le contrôle de tous types de ressources affectent non seulement le processus politique et les relations internationales, mais aussi, et de plus en plus, l’économie et la finance, avec un rapport de cause à effet allant dans les deux sens. Si les enjeux géopolitiques pèsent de plus en plus lourd dans la politique économique et monétaire, les intérêts économiques influent en effet eux aussi sur la politique étrangère et énergétique. C’est le reflet de la complexité d’une économie globalisée et en constante évolution, avec ses effets de rétroaction.

Sachant que la géopolitique englobe l’ensemble des facteurs géographiques et des ressources des Etats-nations (réseau hydrographique, relief, ressources géologiques, hydrocarbures, mais aussi main-d’œuvre, population, religion et système politique), et que ces derniers connaissent des changements spectaculaires, l’analyse macroéconomique ne peut plus rester cantonnée aux phénomènes monétaires et financiers, comme elle l’a été depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Faute de s’ouvrir à ces nouvelles perspectives, elle continuera de produire des prévisions économiques outrageusement inexactes. L’économie mondiale post-moderne est de plus en plus soumise aux influences géopolitiques, une évidence encore peu prise en compte !

L’art français du temps disponible

Certains dénoncent une fainéantise à la française, d’autres y voient le signe d’une meilleure qualité de vie : les Français détiennent bel et bien le record du temps disponible pour leurs loisirs et activités personnelles, selon l’OCDE. Historiquement et culturellement, les Français ont une appétence pour le temps disponible, notamment en raison d’une offre de loisirs très étoffée. La France est également championne du monde des dépenses publiques pour la culture et les loisirs.

Dans le temps disponible global, il y a le temps de sommeil (les Français font partie des plus gros dormeurs avec environ 8h30 de sommeil par jour), ou le temps passé pour manger (là encore, la France est championne avec plus de deux heures par jour) mais aussi le temps consacré à ce que l’OCDE, qui ne prend en compte que les personnes exerçant une activité à temps plein, appelle le « travail domestique ».

En réalité, le temps de « loisirs » réel, celui qui consiste à faire du sport, participer à des évènements culturels, rendre visite à ses amis, n’est pas le plus élevé des pays développés. C’est en Norvège et en Finlande que la partie « détente » du temps disponible est la plus utilisée. Les Allemands sont particulièrement sportifs. Les Hongrois regardent le plus la télévision et les Irlandais sont ceux qui passent le plus de temps entre amis.

Très friands de leur temps libre, les Français sont pour autant productifs. Si la France est l’un des pays où l’on travaille le moins en Europe, sur le front de l’efficacité des salariés, l’Hexagone se classe 4ème mondial en termes de productivité horaire du travail.

Algos et Krachs

Est-ce le « self-trading » (le fait qu’une firme s’achète et se vende à elle-même ses actions, par algorithmes automatisés interposés) qui produit les nombreux krachs instantanés observés récemment ? La responsable serait, paradoxalement, une bien meilleure évaluation du marché par les « algos » que ce n’était le cas auparavant par les opérateurs humains. En feignant être prêts à acheter ou à vendre à une multitude de prix différents, pour annuler ensuite la transaction proposée, ils obtiennent en effet une excellente connaissance du marché dans sa totalité : une véritable cartographie. C’est cela qui conduit à des effondrements : les « algos » parviennent à véritablement deviner avec justesse si le prix est à la hausse ou à la baisse et… se précipitent alors en masse dans la direction qui rapporte !

Solution ? Pénaliser les annulations de transactions par une légère amende, et les krachs instantanés provoqués par les « algos » disparaîtront comme par enchantement!