4ème Trimestre 2016

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décembre 2016

(Good) Morning !

La banque traditionnelle pourrait bientôt être aussi obsolète que le bas de laine des siècles passés. Le « Compte-Nickel », service alternatif de compte bancaire et moyen de paiement, créé en 2012 (la Lettre n°34) peut en témoigner. Ce compte « sans banque » qui s’ouvre en 10mn chez les buralistes avec une pièce d’identité et un numéro de téléphone mobile pour seulement 20€ (frais annuels), vient de passer le cap des 400 000 clients.

Quant à Morning, jeune FinTech toulousaine qui s’est d’abord spécialisée dans la cagnotte en ligne, elle vient de décider de créer une néo-banque plus transparente et collaborative. Néo-banque, parce que rien n’y est fait comme dans une banque mais que, jusqu’à preuve du contraire, et l’invention d’un néologisme solide, aucun mot ne s’applique mieux à la gestion de son argent que le mot banque. Collaborative car les utilisateurs peuvent voter pour les fonctionnalités qu’ils aimeraient voir développées dans le futur. Dès la fin de l’année, la carte permettra, en un clic, depuis son espace personnel ou depuis l’application, de choisir son code PIN, activer/désactiver temporairement la carte et le retrait d’espèces, autoriser/bloquer le paiement sans contact et les paiements en ligne et gérer ses plafonds. La carte, gratuite, ne cache ni frais de gestion ni abonnement mais n’autorise pas de découvert.

Ceux qui rêvent d’une banque pourraient bien l’avoir trouvée. En concurrence frontale avec la Fintech allemande Number 26, Morning n’est adossée à aucune banque en France et a développé son propre système d’information. Agréée « Établissement de paiement », par l’ACPR, elle détient une licence de membre principal Mastercard et proposera, dès 2017, la fonction prélèvement et virement grâce aux IBANs. L’avènement des néo-banques est en marche !

Taxe sur le paysage

Votre maison est baignée par le soleil, vous disposez d’une vue imprenable sur la mer ? Tremblez. A l’avenir, vous pourriez bien payer une taxe foncière en hausse de 10 à 20%.

Le gouvernement portugais a en effet annoncé la mise en place, au niveau municipal, d’un impôt foncier proportionnel à l’intensité de la lumière naturelle et à la vue dont le logement bénéficie. Le propriétaire d’un appartement situé en rez-de-chaussée ou particulièrement exposé au bruit aurait quant à lui de bonnes chances de voir le montant de sa taxe foncière diminuer. Cette taxe ne devrait pas s’appliquer à tous les propriétaires, mais uniquement à ceux qui ont acheté ou fait estimer leur logement récemment.

Cigales (grecques) et fourmis (suisses)

Les Français sont de gros épargnants. C’est en tout cas ce que veut la croyance. Pourtant, à en croire une étude comparative menée par le site Expert Market, la France n’est pas le pays où l’on épargne le plus. A partir du salaire annuel moyen et du taux d’épargne des ménages, selon les dernières données de l’OCDE, le site a établi un classement. Et si dans le haut du tableau, on trouve principalement des pays d’Europe, ce sont aussi des Européens qui trustent les dernières places avec des pays dont le taux moyen d’épargne est même négatif.

Avec 9 937€ mis de côté par an, les Suisses sont de loin les plus gros épargnants des pays de l’OCDE. Le taux d’épargne annuel des ménages se trouve en moyenne autour de 19%. Au pays des banques, les travailleurs épargnent en moyenne 1,1€… par heure.

C’est presque le double de ce que mettent de côté les Suédois. Avec 0,7€ épargnés toutes les heures, cela représente, par ménage, un taux moyen de 15,7%, soit 5.752€ par an. Puis viennent la Norvège (4.147€), l’Australie (4.139€), premier pays non-européen, et enfin les Allemands bouclent ce top 5 avec un taux d’épargne annuel de 9,5%. Au final, la France n’est que 6ème de ce classement, juste devant l’Autriche, les Pays-Bas et enfin les Etats-Unis. Les Français n’épargnent que 37 centimes par heure, à un taux moyen annuel par ménage de 8,9%. Cela représente 3 279,5€ mis de côté en moyenne par an.

Outre-Manche, l’épargne est très largement boudée. En effet, le Royaume-Uni ne se classe que 23ème sur les 30 pays de l’OCDE étudiés par Expert Market, avec un taux d’épargne annuel négatif (-0,2%). Le trio de fin est constitué du Portugal (28ème, -4,1%), la Lettonie (29ème, -11,2%) et enfin la Grèce (30ème). Un Grec bénéficie de l’épargne annuelle la plus faible, avec -3 895.7€, ce qui correspond pratiquement à une perte de 0.45€ par heure!

Et si l’on en faisait un indicateur d’investissement long terme ?

De l’âge et du patrimoine

Si l’on observe la pyramide des âges de la France à l’horizon 2050, le sommet est plus important que la base, les personnes âgées plus nombreuses que les enfants.

Or, le vieillissement des détenteurs de capital emporte des conséquences : leurs comportements patrimoniaux peuvent changer, comme leurs attentes, leur appétence au risque, qui décroît, leur besoin renforcé de protection. Sans parler de l’augmentation des mesures de protection (tutelle ou curatelle, mandats de protection future).

Sur ce plan déjà, le défi est majeur. Un énorme travail de pédagogie s’impose. Le Japon est à cet égard très avancé, qui a développé la prévoyance pour couvrir le risque de dépendance.

Par ailleurs les personnes qui partent à la retraite, cèdent une entreprise, devront continuer à créer de la valeur avec leur patrimoine. Avec un horizon de vie de 4 décennies, on ne peut se satisfaire de voir son épargne fondre au fil des années, il faut une approche viagère. Quand les taux longs sont nuls, la difficulté est de préserver, a fortiori accroître, le pouvoir d’achat de son patrimoine. Pour les conseils en patrimoine, le challenge sera de convaincre des épargnants de plus en plus âgés que l’absence de risque les condamnera à une perte certaine.

Plus que jamais, les évidences démographiques doivent être intégrées au conseil patrimonial ! Il faut sortir des sentiers battus et des raisonnements traditionnels, sans céder aux modes. Par sa capacité de veille et de recherche, le family office s’inscrit naturellement dans la réponse à cet impératif.