2ème & 3ème trimestres 2015

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août 2015

Heureux comme un…Suisse !

Le rapport 2015 du Sustainable Development Solutions Network sur le bonheur dans le monde considère que la Suisse est le pays le plus heureux du monde, suivie de près par l’Islande, le Danemark, la Norvège et le Canada. Sur 158 pays, la France se classe à la 29ème place.

Pour parvenir à leurs conclusions, les chercheurs ont étudié l’espérance de vie en bonne santé, le PIB par habitant, le soutien social (avoir quelqu’un sur qui compter), la confiance (mesurée par la perception d’une absence de corruption politique ou dans les affaires), la perception de liberté dans ses choix de vie et la générosité.

L’Afghanistan et la Syrie, rejoignent les dix pays les moins heureux en fin de classement, majoritairement situés en Afrique saharienne et sub-saharienne.

Outre l’argent, le rapport souligne l’importance de l’équité, de l’honnêteté, de la confiance et de la bonne santé, soulignant que les crises économiques ou désastres naturels n’écrasent pas forcément le bonheur. L’Irlande et l’Islande sont les meilleurs exemples de pays ayant su rester « heureux », grâce à un fort soutien social, en dépit de la crise financière qui les a durement frappés.

“Robo advisors” vs gestion

Les offres basées sur des placements entièrement automatisés vont gagner en importance, selon une étude menée en Suisse, où des solutions de type «robo advisors» sont déjà proposées par certaines plateformes et banques en ligne. Le client doit simplement fournir des indications sur sa tolérance au risque et ses préférences d’investissement. La gestion de ses placements et le rééquilibrage du portefeuille sont ensuite automatisés, sans contact entre le client et la plateforme. Certaines grandes banques ont, quant à elles, élaboré des solutions hybrides, alliant gestion en ligne en grande partie automatisée et conseil personnalisé. L’une des justifications avancées est l’amélioration des capacités des conseillers, qui auraient ainsi davantage de temps pour leurs clients… sans parler d’une réduction des coûts.

Reste à voir ce que sera la performance réalisée par ces plateformes sur la durée. Et surtout l’adéquation avec les attentes des clients sur le long terme. En Suisse, celles lancées depuis moins d’un an ont un historique trop court.

Quoi qu’il en soit, en matière de placement, 90% des Suisses affirment rester attachés au conseil. Et ce n’est pas le family office que nous sommes qui contredira la nécessité de conserver l’humain au cœur de la création de valeur patrimoniale !

Fondations : acteurs sociaux majeurs…

Caractérisées par leur diversité et leur vitalité, les fondations sont aujourd’hui des acteurs incontournables du financement de l’intérêt général.

En 2014, il y avait en France 2 229 fondations, un nombre deux fois plus élevé qu’en 2001. La hausse a été de 25% entre 2009 et 2013. Cette année-là, les 2 109 fondations recensées détenaient €21,9Mrd d’actifs et ont dépensé €7,4Mrd, dont €1,5Mrd distribués sous la forme d’aides, de subventions, de bourses et de prix.

L’action sociale est le premier domaine d’intervention des fondations, 29% d’entre elles ayant choisi cette thématique à titre principal.

Philanthropie : effets pervers

L’exigence de mesurer l’impact de son action oriente aujourd’hui le philanthrope vers des projets circonscrits, lui permettant d’identifier une «niche», comme un entrepreneur rechercherait une niche de marché. Les donateurs semblent dorénavant chercher à nouer des relations plus engageantes, quasi partenariales, avec les organisations qu’ils choisissent de soutenir. Leur recherche d’efficacité est prégnante et ils veulent connaître, mesurer et évaluer les effets de leurs dons.

Ils peuvent cependant parfois oublier les effets pervers de la mesure d’impact : celle-ci étant le critère principal de l’évaluation d’efficacité de l’action, elle en devient l’objectif même.

Fondations, actionnaires ?

Qui sait que Bosch ou Bertelsmann (Allemagne), Rolex (Suisse), Ikea (Suède), Carlsberg (Danemark), ou encore Pierre Fabre (France) appartiennent à des… fondations ?
Selon la première étude européenne sur les fondations actionnaires, réalisée par Prophil, en collaboration avec Delsol Avocats, la Chaire philanthropique de l’ESSEC et Mazars, elles sont plus de 500 en Allemagne (parmi 20 000 fondations), 1 300 au Danemark (14 000 fondations), ces entreprises dont les fondateurs ont fait le choix de transmettre tout ou partie du capital et des droits de vote, à des fondations.

Elles ont trouvé deux intérêts majeurs à ce mode de gouvernance. Une raison patrimoniale : la fondation actionnaire protège le capital de l’entreprise qu’elle détient. Celui-ci a été transmis de façon irrévocable et inaliénable. Elle inscrit par définition l’entreprise dans le long terme grâce à un actionnariat stable qui la protège des OPA hostiles sans pour autant l’empêcher d’être en partie cotée (au Danemark, 54% de la capitalisation boursière est le fait d’entreprises détenues par des fondations). On constate par ailleurs que les fondations actionnaires présentent un niveau de sécurité financière élevé (ratio « equity/assets » de 47 au lieu de 36 pour les entreprises à l’actionnariat dispersé, et 38 pour les entreprises familiales).

L’autre raison est philanthropique : la valeur créée par l’entreprise concourt directement à financer, via les dividendes perçus, des activités d’intérêt général. La fondation actionnaire est donc une nouvelle expression de la liberté d’entreprendre au service du bien commun.

A l’heure où 700 000 entreprises familiales devraient être transmises dans les prochaines années, où la question de la protection du patrimoine économique et industriel sur le territoire national est pleinement d’actualité, le modèle des fondations actionnaires semble indéniablement à encourager.

Airbnb vs Ritz

Selon le Wall Street Journal, Airbnb est en train de « faire main basse sur Paris ». Certains quartiers (Marais,…) sont particulièrement touchés par ce phénomène, faisant de la location de meublés touristiques un véritable métier, concurrençant donc le secteur hôtelier.

Le site internet s’étend désormais aussi sur le secteur du luxe, ce qui inquiète les palaces parisiens, dont bon nombre est en train de faire peau neuve. On trouve sur Airbnb des appartements luxueux à moins de 500€/nuit dans le 8ème arrondissement, soit moins cher qu’une chambre dans un cinq étoiles. Une nouvelle concurrence dommageable pour les palaces qui souffrent déjà d’une baisse de fréquentation (-15% de janvier à juin 2015). En cause : les attentats de janvier mais aussi la dévaluation du rouble qui a freiné les touristes russes.

La clientèle de ce tourisme de luxe d’un nouveau genre est avant tout européenne. Ses clients sont suisses, belges, allemands ou encore anglais. Si Airbnb vient de se lancer sur ce secteur, d’autres sites occupent le marché depuis quelque temps, à l’instar d’une start-up française qui met en ligne des biens allant de 2 000 à 16 300€/nuit.

Si elle entrait en Bourse, la plateforme de location pèserait €21,4Mrd, soit deux fois plus que le géant de l’hôtellerie Accor. Une valeur qui pourrait même augmenter avec le développement du luxe…