2ème & 3ème trimestres 2014

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juin 2014

« Disruption » !

(Source : Le Monde)
Pourquoi les entreprises recrutent-elles encore à l’ancienne ? Pourquoi la seule voiture électrique qui ait connu du succès dans le monde est-elle construite par un nouveau venu dans le monde de l’automobile ? Pourquoi aucune société de médias n’a-t-elle su créer une offre de streaming vidéo sur abonnement ? L’explication de Clayton Christensen, professeur à la Harvard Business School, pourrait être la bonne : les entreprises n’innovent plus véritablement, se contentant d’innovations marginales, qui créent certes de la valeur pour l’actionnaire à court terme, mais détruisent des emplois.

Seules les innovations de rupture créent de l’emploi, mais innover dans la rupture exige deux choses : du temps et du capital. Le temps est devenu une denrée rare, tant la pression du marché pousse les sociétés à se concentrer sur « faire leur trimestre », cher aux actionnaires. Par ailleurs, une faible utilisation du capital est une vertu aux yeux de Wall Street… alors même que nous vivons dans un monde « inondé » de capital !

Séance « émotions »

Si pilotes d’avions ou chirurgiens se tiennent à des procédures rigoureuses, c’est pour conserver la maîtrise permanente de situations qui, sans cela, pourraient conduire à des catastrophes. Quid des investisseurs ?

Aujourd’hui, l’idée germe parmi les experts de la finance comportementale, étudiant la psychologie de la prise de décision de l’investisseur, que ce dernier, particulier comme professionnel, devrait lui aussi se plier à des procédures. La théorie traditionnelle, supposant des investisseurs rationnels et non influencés par leurs émotions, semble quelque peu dépassée. Il est désormais largement admis que « le principal problème de l’investisseur, et même son pire ennemi, est potentiellement lui-même » (B. Graham).

Et si la checklist était la solution ? Identifier ses besoins en matière d’investissement, s’assurer d’avoir abordé toutes les solutions pour finalement retenir la meilleure, réduire le coût des opérations au maximum et enfin…rester rigoureux !

Le secret : concept à revisiter

Le temps des hésitations est révolu pour la régularisation des avoirs financiers non déclarés détenus à l’étranger, tant l’évolution règlementaire, française et internationale, ne laisse plus d’alternatives. Il est aujourd’hui utopique d’imaginer que ce mouvement n’est qu’une mode passagère : l’échange automatique d’informations bancaires devient la règle pour un grand nombre de pays et l’OCDE entend faciliter la coopération internationale en la matière. A ce jour, 64 pays ont signé la convention relative à l’assistance administrative en matière fiscale. De Singapour à la Colombie, en passant par la Chine et la Suisse, jusqu’à Montserrat, par l’extension territoriale avec le Royaume-Uni, le maillage se densifie. L’Europe n’est pas en reste et la Commission propose d’élargir l’échange automatique d’informations entre les administrations. Cet échange concernerait, à compter de 2015, les revenus professionnels, jetons de présence, assurance-vie, pensions et revenus immobiliers.

Le choix d’une fiscalité allégée, pour autant qu’il soit encore réaliste de l’envisager, nécessitera plus que jamais un changement de cadre de vie et une mobilité des personnes et de leurs capitaux. La concurrence fiscale entre Etats offre donc encore de belles perspectives !

Très « chères » têtes blondes

L’une des principales craintes des personnes fortunées ? Que leurs enfants manquent d’ambition, selon une enquête menée récemment par des avocats britanniques auprès d’un échantillon de 4 500 HNWI. C’est plus précisément la principale préoccupation d’une personne « riche » sur sept, juste après la santé.

Certains ont d’ailleurs trouvé la parade pour éviter que leurs enfants ne s’endorment sur leurs lauriers : léguer la plus grande partie de leur fortune à des œuvres caritatives. C’est notamment le cas de Warren Buffett ou de Bill Gates, dont le « Giving Pledge » contribue aussi à un tel mouvement, qui n’est pas la moindre des vertus éducatives de la philanthropie !

Performance et loyauté

Pour 17% des clients fortunés (disposant en moyenne de $2,9M), la performance est un critère déterminant de fidélité à leur conseiller. C’est particulièrement vrai dans la zone géographique des Amériques (24%), mais moins en Asie (13%) ou en Europe (14%). Les clients asiatiques sont ainsi plus sensibles aux services et aux solutions d’investissement adaptés à leurs besoins. En Europe, le principal critère qui détermine la fidélité des clients privés est la qualité du conseil.

Génie français…..

Sous Henri IV, le duc de Sully inventa « la paulette », taxant les offices royaux pour l’hérédité de leur charge. Sous la Révolution, le Directoire instaura des taxes sur le tabac, le sel et l’alcool, rassemblées par Napoléon sous le vocable de « droits réunis », avant de devenir les taxes indirectes. Après la Libération, la taxe à la consommation et celle à la production, dont le taux était calculé sur le prix de vente global, intervenaient tout au long du circuit et chacun devait s’en acquitter sur l’ensemble de ses achats comme sur la totalité de la valeur ajoutée. Il s’agissait donc de dé-complexifier ce système fiscal incompréhensible au commun des mortels.

En 1954, fut donc mise en place la TVA : facile à collecter, difficile à frauder, elle est, selon le mot de son génial inventeur, Maurice Lauré, « assise sur la valeur ajoutée de sa nation ». Les entreprises servent seulement de percepteurs, avec la certitude qu’elles ne supportent pas l’impôt tant que le produit est chez elles, pourvu qu’elles le perçoivent dès qu’il les quitte !
Elle est en vigueur aujourd’hui dans plus de 150 pays, où elle représente en moyenne jusqu’à 1/5 du total des recettes fiscales et l’UE en a même fait un des éléments du passeport, que les pays candidats doivent accepter pour y entrer.

Investissez par grand froid !

Le réflexe à avoir en cas de journée d’hiver particulièrement froide : bien se couvrir et… investir en bourse, selon des universitaires canadiens !

Les hivers particulièrement rigoureux, surtout les jours en-dessous de la moyenne de saison, seraient ceux où les retours sur investissement sont les plus élevés. Pour analyser ce phénomène, les auteurs se sont penchés sur les index des marchés de Thomson Reuters de 1973 à 2012, dans 49 pays.

D’autres études avaient déjà souligné l’influence de la météo sur les cours de bourses. L’une d’elles relevait en 2001 que, si le rendement moyen annualisé de la bourse de New York les jours ensoleillés était de 24,8%, il était de 8,7% les jours nuageux, mais ce phénomène s’inversait en cas de canicule. L’étude ne tenait cependant compte « que » de 26 pays, de 1982 à 1997.

La banque réinventée ?

Alors que les grandes banques défrayent la chronique, la première « banque éthique » est née en France. D’ici deux ans, cette petite institution devrait pouvoir proposer la gestion des dépôts via des livrets, puis les règlements par chèques, puis des cartes bancaires…

La banque éthique ne recourt à aucun produit spéculatif pour rémunérer son capital et finance uniquement des projets qui ont un impact social, culturel ou écologique, alors qu’une banque traditionnelle finance certes l’économie locale, mais sans un tel filtre.

Espérons que de telles initiatives ne restent pas l’apanage de petites structures et que cela puisse inspirer les grandes institutions, même si la refonte du système financier international semble encore très…lointaine.