4ème trimestre 2015

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décembre 2015

Fonds et fondations

Si le nombre de fonds de dotation a atteint le chiffre record de 1 793 à fin 2014, selon les derniers chiffres publiés par le CFF (Centre Français des Fonds et Fondations), la 4ème étude menée par l’Observatoire de la Fondation de France, nous apprend que le nombre de fondations créées en France a doublé entre 2001 et 2014 (2 229 fondations).

On observe une forte croissance, sur tous les indicateurs, du poids économique des fondations, et un double phénomène de concentration des actifs et de morcellement (1/5 des fondations ont moins de €100000 d’actifs).

Elles disposent de près de €22Mrd d’actifs cumulés et dépensent chaque année près de €7,4Mrd.

Le secteur philanthropique est très jeune puisque 75% des fondations existantes ont été créées depuis 1980. La dynamique s’est renforcée dans les années 2000 avec la multiplication des fondations abritantes : 45% des fondations ont été créées depuis 2000.

Outre les fondations d’entreprise, dont les fondateurs sont exclusivement des sociétés privées, les FRUP (fondations reconnues d’utilité publique) rassemblent toutes les catégories de fondateurs (privés, puissance publique, secteur associatif). Les fondations abritées restent l’outil philanthropique privilégié des particuliers (72%), dans une moindre mesure celui des entreprises (18%). Depuis les années 1980, sur cinq nouvelles créations de fondations, quatre sont des fondations distributives, c’est-à-dire privilégiant un modèle de flux, sans objectif de pérennité.

Concernant les fondateurs, ils ont un âge moyen de 61 ans (1/3 ont moins de 55 ans), 87% d’entre eux sont encore en activité, en très grande majorité dans le secteur privé.

Rappelons que depuis 2003 (lois Aillagon) et l’apparition du fonds de dotation en 2008, la France dispose de l’un des arsenaux les plus incitatifs et les plus complets en matière de philanthropie.

Pauvres banques !

Une étude Estin & Co a calculé ce que les 250 plus grandes sociétés occidentales rapportent chaque année à leurs actionnaires. Réponse : beaucoup d’argent. En moyenne, le total shareholder return (qui cumule tout ce qu’une action peut rapporter à celui qui la détient, dividende, actions gratuites, plus-value,…) de cet échantillon est de 10% par an sur la dernière décennie, ce qui est mieux que la croissance du PIB mondial (5% en rythme annuel sur la période) et bien sûr, que l’inflation (2%).

D’un secteur à l’autre, la performance peut varier du tout au tout. Sans surprise, sur la décennie 2005-2015 le numérique a pu compter sur un TSR annuel de…29%. De l’autre côté du spectre, le secteur qui affiche le moins bon TSR moyen est celui des banques. De 1989 à 2004, le TSR moyen était de 14%. Depuis 2005, il est de…1%. Ce sont les banquiers qui ont été les principales victimes de la crise qu’ils ont contribué à provoquer. Déjà confrontés à un cadre réglementaire singulièrement renforcé, attaqués sur leurs métiers par les géants du numérique, ils ne sont pas au bout de leurs peines.

Palmarès de l’opacité financière

L’association britannique Tax Justice Network, pourtant réputée pour sa sévérité, ouvre son nouveau rapport par des félicitations. Dans son classement, réalisé tous les deux ans, de l’indice d’opacité financière, elle souligne que le score de la plupart des pays s’est amélioré et que de vraies mesures ont été prises.

Conçue comme un potentiel nouveau standard mondial d’échange automatique d’informations pour lutter contre la fraude fiscale internationale, la législation FATCA a trouvé un écho considérable auprès de l’OCDE qui a proposé une nouvelle norme multilatérale d’échange automatique de renseignements : CRS (pour « Common Reporting Standard »). Elle a été adoptée par une cinquantaine de pays en octobre 2014 et autant ont manifesté leur intérêt. Parmi les signataires, la France s’est engagée à mettre en œuvre les premiers échanges automatiques de renseignements avant septembre 2017, la Suisse en 2018.

Si un mouvement irréversible est en marche à l’échelle mondiale, les progrès apparaissent pourtant encore fragiles. Le rapport pointe du doigt plusieurs dérives, venant en particulier de quatre juridictions :

– La Suisse, malgré une évolution notable, termine en tête des pays les plus opaques de la planète. C’est, en partie, une conséquence de la taille de son secteur financier. Si elle a accepté le principe de l’échange automatique de données, elle n’a signé des accords qu’avec les pays occidentaux, omettant la plupart des pays d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie.

– Le UK, en tant que tel, n’est pas trop mal classé (15ème place), mais en incluant les dépendances de la Couronne (Jersey, Guernesey et l’île de Man) et les 14 Territoires d’outre-mer (dont les îles Caïmans, les îles Vierges Britanniques, les Bermudes,…), il serait très largement à la première place !

– Les USA (sans même parler des états comme le Delaware…) refusent de faire partie de l’échange automatique de données, mis en place sous l’égide de l’OCDE et se justifient en faisant valoir qu’ils ont créé leur propre loi (FATCA), en vigueur depuis 2014. Cette dernière est cependant très déséquilibrée : dure envers les Américains qui échappent à l’impôt, elle reste en revanche très douce avec les étrangers qui viennent abriter leurs capitaux aux Etats Unis.

– Hong Kong et Singapour, respectivement à la 2ème et à la 4ème place, n’ont pas signé l’accord d’échange automatique de données et ne montrent aucune volonté de le faire. Ils représentent pourtant 8% des services financiers mondiaux, bien plus que la Suisse.

Indicateur (avancé ?) suisse

Indicateur toujours très regardé localement, considéré comme significatif de l’évolution économique générale du pays, les exportations horlogères de la Suisse ont chuté de 7,9% en comparaison annuelle. Les marchés asiatiques ont particulièrement influencé l’évolution. En septembre, cette baisse s’est étendue, en Asie, à d’autres marchés que Hong Kong et la Chine.

Hong Kong (-18,2%), les USA (-17,6%) et le Japon (+3,6%) constituent les destinations d’exportation les plus importantes. En plus des baisses enregistrées sur ces marchés, le franc fort pèse fortement.

L’Europe a, en revanche, maintenu sa hausse pour le 10ème mois consécutif. La plupart des marchés du Vieux Continent y a contribué. Concernant les types de montres, le recul a concerné tous les segments de prix, plus marqué dans la gamme CHF200-500 (prix export), avec notamment -14,5% en valeur. Les montres de plus de CHF500 ont vu leur résultat diminuer globalement de 7%, en nombre de pièces et en valeur.

Ces performances laissent augurer d’une année économique globalement morose pour le pays, qui a cependant régulièrement démontré une forte capacité d’adaptation et de rebond lors des réévaluations de la monnaie. C’était probablement le pari (risqué) de la BNS lors de la décision du décrochage monétaire de janvier, qui devrait être compensée par une réforme de la fiscalité des entreprises…. qui tarde cependant à venir.

Les Français et la Bourse

Le désamour des Français à l’égard de la bourse se poursuit. Les investisseurs en valeurs mobilières, hors épargne salariale, représentent aujourd’hui 11% des Français, contre 18% en 2009.

En réalité, la majorité des détenteurs d’actions le sont désormais indirectement, via l’assurance-vie notamment. 34% des Français de plus de 15 ans détiennent un contrat d’assurance-vie, une proportion stable sur 6 ans. En revanche, le taux de détention de contrats en unités de compte a, quant à lui, progressé, passant de 8% à 10,5%. Des tendances nouvelles se dégagent.

D’une part, le nombre de particuliers investissant en actions sur internet est en légère hausse de 2% sur un an. En avril 2015, la France comptait environ 520 000 actionnaires particuliers actifs sur internet (+10% par rapport à 2012), soit 1% de la population française adulte. Contrairement à une idée reçue, les investisseurs actifs sur internet sont plutôt âgés : leur âge moyen est de 56 ans, les plus de 60 ans représentant environ la moitié d’entre eux. Ce sont à 93% des hommes disposant d’un patrimoine financier médian de 230 000 €.

D’autre part, le nombre d’investisseurs en ETF (exchange-traded funds ou trackers) est en forte croissance (+ 50% depuis 2012 et + 12% en un an) pour atteindre environ 82 000 particuliers. En moyenne, ils ont investi 10% de leurs avoirs financiers en ETF, soit autant qu’en placements collectifs. Parallèlement, le nombre d’investisseurs actifs en warrants (produits boursiers optionnels à effet de levier) est en chute libre : ils ne sont plus qu’environ 23 000 en 2015, soit 25% de moins en 4 ans.

Riche comme un Helvète

Avec une fortune moyenne par adulte d’environ CHF545000 en 2015, les Suisses restent les plus riches au monde, selon une étude de Crédit Suisse. Le pays se maintient au sommet de la pyramide, mais ce chiffre y a toutefois reculé de 4,2% en un an.

Si, depuis 2000, la richesse par adulte en Suisse a augmenté de 144% (en grande partie grâce à l’appréciation du franc), parmi les dix pays dans lesquels la répartition des richesses est enregistrée depuis longtemps, elle est le seul pays à ne pas montrer une réduction importante des inégalités.

En 2ème position, la Nouvelle-Zélande vient loin derrière, avec une fortune moyenne de $400 800 par adulte à mi-2015. L’Australie ($364 900) et les USA ($353 000) se talonnent. La France ($262 100) et la Belgique ($259 400) ferment le cercle du « top dix ».

Selon les prévisions de Crédit Suisse, le patrimoine mondial pourrait progresser à un taux annuel de 6,6%. En 2020, il pourrait atteindre $345 000Mrd, contre $250 100Mrd aujourd’hui. A cet horizon, la Suisse resterait en tête du classement.

Quant au nombre de millionnaires, il pourrait exploser de 46% dans les cinq prochaines années, pour atteindre 49,3M de personnes. Pour l’heure, les marchés émergents comptent 6,5% de ces privilégiés, et cette part devrait passer à 7,4% d’ici à la fin de la décennie.

Franc fort

La Banque nationale suisse (BNS) a dégagé une perte de CHF33,9Mrd sur les 9 premiers mois de 2015, contre un bénéfice de CHF28,5Mrd un an auparavant. L’appréciation du franc, après l’abandon du taux plancher EUR/CHF en janvier, a entraîné des pertes de change sur toutes les monnaies de placement. Des pertes néanmoins moins douloureuses que la poursuite impossible du financement de ce taux plancher !