4ème trimestre 2014

RETOUR

décembre 2014

Les Français à la City !

En attendant d’éventuels nouveaux maîtres…. les enseignes américaines, suisses, canadiennes ou allemandes ont envahi le « skyline » de la City. Pourtant, ce sont les Français qui sont les étrangers les plus influents de la première place financière mondiale, à en croire le Financial News.

Douze français figurent dans le classement 2014 des cent personnalités les plus influentes. La revue, qui fait autorité dans les milieux d’affaires londoniens, place les banquiers « made in France » loin devant les américains (5), italiens (5), suédois, canadiens, néerlandais (4) ou espagnols (3).

Finance de l’ombre…

Les statistiques mesurant l’ampleur du « shadow banking » (mécanismes de financement de l’économie hors circuits bancaires, et donc… hors contrôles et contraintes) sont rares, mais le FMI tente de mieux appréhender ce phénomène, selon lequel les acteurs agissent comme des banques sans être soumis à leur régulation.
Si les USA, la zone Euro et le Royaume-Uni composent l’essentiel du marché, les pays émergents ne sont pas en reste. La croissance des banques parallèles y est même plus rapide que celle du système bancaire traditionnel.
Cette croissance semble appelée à se poursuivre, avec le développement des nouveaux modes de financement tels que crédits directs inter-entreprises, plates-formes de crédit en ligne, filiales bancaires spécialisées en produits dérivés,…

Le régulateur court souvent avec quelques trains de retard après ces systèmes parallèles, issus de l’imagination inépuisable des ingénieurs financiers. Mais également parfois vertueux, si l’on regarde, par exemple, l’évolution du micro crédit ou du crowdfunding, qui, en d’autres temps, auraient pu être assimilés à ces circuits parallèles !

… Mais responsabilité croissante !

Innover, oui, mais pas n’importe comment. Un nombre croissant de fonds intègre désormais des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans leurs stratégies d’investissement. Et ce, sous la pression de leurs propres investisseurs, les fonds de pension et autres fonds souverains craignant pour leur réputation… et leurs finances.

De fait, les 1 262 signataires de la charte PRI (Principes pour l’Investissement Responsable), élaborée à l’initiative des Nations Unies, représentent aujourd’hui $45 000Mrd d’actifs sous gestion, dans le monde, contre $4 000Mrd seulement lors du lancement de cette charte, en 2006.

Chine, capital…iste !

C’est en Chine que la communauté des millionnaires en dollars connaît la croissance la plus dynamique. Elle vient, pour la première fois, de dépasser le million de membres, soit une hausse de 3,8% sur un an.

Il y a toujours plus de riches, et de « super-riches ». Les Chinois possédant plus de 100 millions de yuans ($16M) sont désormais 67 000 dans le pays !

Argentine, or(iginale) !

Le fisc argentin dispose d’un nouvel outil pour traquer la fraude : Mesi, un drone d’un mètre et demi de long et de 650 grammes. Il survole les terrains, répertoriés non bâtis dans les registres cadastraux, afin de vérifier si c’est effectivement le cas.

L’administration cible les quartiers huppés hautement sécurisés qui fleurissent autour de Buenos Aires. Une aubaine pour les caisses de l’État : l’administration a déjà recensé 120 000 propriétaires peu scrupuleux…

A chacun son éternité

$79Mrd : tel était le montant de la demande mondiale de diamants en 2013. La Chine et l’Inde boostent la demande de diamants, qui a crû de 12% en moyenne depuis 2008 dans les deux pays. Les USA restent toutefois le premier consommateur, avec 40% des diamants polis achetés en 2013.

Les trois pays se distinguent cependant dans leur choix de pierres précieuses. La demande aux USA concernant la taille des diamants est quasi-uniforme avec une préférence pour les « grosses » pierres (plus d’un carat). La Chine préfère les pierres moyennes (entre 0,18 et 0,99 carat) et ignore totalement les petites pierres (inférieures à 0,18 carat), qui rencontrent, à contrario, beaucoup de succès en Inde, où elles constituent les 3/4 des diamants polis vendus.

« L’or est tout, et le reste, sans or, n’est rien. » Diderot

Le processus de fixation des cours du métal jaune, le fameux fixing, a eu lieu pour la première fois en septembre 1919 et a duré près de 85 ans. Présidé par la banque Rothschild jusqu’à son retrait en 2004, le fixing était réalisé en « partenariat » avec cinq autre banques : Barclays, HSBC, Deutsche Bank (qui s’est retirée en janvier 2014), Société Générale et Nova Scotia. Ces institutions réalisaient un fixing deux fois par jour, matin et après-midi.

Critiquée pour son opacité, cette procédure (utilisée aussi pour les autres métaux précieux), a fait l’objet d’une modernisation qui exige dorénavant des process électroniques permettant des prix en temps réels et instaure une supervision par un administrateur indépendant.

Cette évolution a été annoncée le 16 juillet dernier à la suite d’affaires qui avaient éveillé les soupçons sur des manipulations de cours. Le tout étayé par une recherche universitaire enfonçant le clou. Un sujet en or !

Global Family Office Report 2014

(Source – UBS / Campden)

L’étude menée auprès de quelques 200 family offices internationaux, dont MJ&Cie, dévoile les principales tendances de ce métier en constante évolution :

  • 40% des family offices sont européens, 30% sont américains. L’Asie représente 20% des acteurs sondés, tandis que les pays émergents et du Moyen-Orient constituent 10% du marché.
  • Si chaque family office est unique, ils ont tous en commun d’être le hub de la famille, véritable coordinateur de l’ensemble des prestataires impliqués dans la stratégie patrimoniale. Leurs trois priorités seraient la planification et la gestion trans générationnelle, la consolidation des actifs et la cohésion familiale.
  • Le rapport au temps est différent d’une région du monde à l’autre et cela se traduit en matière d’investissements : tandis que les family offices européens ont tendance à accompagner leurs clients sur des horizons de placement à moyen et long terme, seulement 10% des structures asiatiques ont un horizon de placement supérieur à 10 ans.
  • Les actifs les plus prisés sont les actions, les produits de taux, le private equity et l’immobilier. Les family offices européens sont ceux qui font le plus investir leurs clients en immobilier (16% contre une moyenne mondiale de 14%), tandis qu’ils fuient le plus les hedge funds (5% contre 7%).

Genève capitale !

Les banques établies dans la cité de Calvin ont souffert de la chasse aux fraudeurs fiscaux menée dans de nombreux pays de l’OCDE. En 2013, la Suisse gérait 26% de la fortune mondiale (soit $2 300Mrd), contre 31% dix ans plus tôt. Entre 2012 et 2013, 18 banques ont fermé leurs portes sur les bords du Léman.

Cependant, la Suisse demeure le premier centre mondial de la gestion de fortune. En 2013, 37 391 personnes travaillaient pour le secteur bancaire et financier à Genève. La ville comptait 121 banques, 870 gestionnaires de fortune indépendants, 3 283 intermédiaires financiers et 513 études d’avocats et de notaires.

Les fonds qui y sont gérés proviennent, outre l’Europe, surtout du Moyen-Orient, des pays de l’Est et d’Amérique latine, marchés clés pour cette place toujours internationale.