4ème trimestre 2016

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décembre 2016

Perle rare

34 kg, 61 cm de long et 31 cm de large : c’est probablement la plus grosse perle naturelle du monde, trouvée par un pêcheur philippin à Puerto Princesa au large de la côte de Palawan et conservée sous son lit pendant 10 ans, pensant qu’elle lui porterait chance. Il tomba sur ce trésor quand son ancre se bloqua contre un rocher et l’obligea ainsi à plonger pour la libérer. Elle est actuellement conservée en lieu sûr et sera prochainement soumise à l’expertise de gemmologues. Elle n’est pas, loin s’en faut, d’une régularité parfaite, mais pourrait néanmoins être estimée quelques €100M !

Philanthropie française

Une étude récente de l’Observatoire de la Fondation de France met en lumière la diversité des habitudes de dons entre les régions françaises. Si Paris et sa région sont prépondérantes (33% du total national des dons, don moyen de 653€ par rapport à une moyenne nationale de 391€, 66% des fondations françaises abritées), certaines régions se démarquent.

Parmi les territoires qui se détachent aux côtés de l’Ile-de-France, on retient l’Alsace, avec une proportion de foyers donateurs élevée et un don moyen nettement supérieur à la moyenne nationale, ainsi que la région Rhône-Alpes, avec la 2ème contribution la plus importante au total national des dons. Le pourtour méditerranéen enregistre des dons très importants pour peu de foyers donateurs. A l’inverse, la Bretagne se distingue par sa forte proportion en foyers donateurs mais un don moyen plus faible (297€).

Globalement, on constate que le montant des dons est lié aux richesses disponibles ainsi qu’aux poids des grandes agglomérations. La générosité en France peut se décliner en deux « modèles » : dans les zones économiquement plus dynamiques, la générosité est répandue mais moins importante tandis que dans les zones moins dynamiques, ce sont les couches les plus aisées de la population qui contribuent à la générosité.

En France en 2014, le montant des dons déclarés à l’administration fiscale s’élevait à €2,3Mrd. Quant aux fondations, leurs actifs financiers ont été évalués à près de €22Mrd pour 2 213 fondations actives.

Monaco en pointe

Monaco a adopté fin novembre une règlementation visant à organiser le métier de multi family office. Elle s’inscrit dans un mouvement général de reconnaissance de ce métier.

Ce texte apparait, de très loin, comme le plus abouti des initiatives en la matière (le Luxembourg avait adopté un texte en 2012, faisant la part belle aux banques, avocats et experts-comptables, ce qui prêtait à de nombreuses interrogations sur la finalité et la pertinence du projet).

La Principauté acte ainsi le rôle essentiel de ces entités, pour conseiller, accompagner et coordonner les prestataires de grandes fortunes, dans un alignement d’intérêts qui interdit en conséquence que le capital soit majoritairement contrôlé par une institution financière, et oblige à une rémunération exclusivement en honoraires, totalement transparente.

15 ans après la création de MJ&Cie sur un concept que cette loi reflète par nombre de ses caractéristiques, et faisant un large écho aux travaux menés par l’AFFO, cette avancée conforte la pertinence et la valeur des choix réalisés dès 2001 par les fondateurs de MJ&Cie !

OCDE – I

Une nouvelle étape a été franchie dans la mise en œuvre de l’échange automatique d’informations relative aux comptes financiers : les relations d’échanges viennent d’être activées parmi les premières juridictions signataires du fameux Common Reporting Standard (CRS) de l’OCDE.

Au total, 101 juridictions se sont engagées à lancer l’échange automatique de renseignements relatifs aux comptes financiers en septembre 2017 et 2018 dans le cadre du CRS, reflétant leur détermination à honorer leur engagement politique dans la lutte contre l’évasion fiscale. A moins que la nouvelle administration américaine ne renverse le sens de l’histoire ?

OCDE – II

Le Brésil, Guernesey, Jersey, l’île de Man et la Lettonie viennent de signer l’accord de l’OCDE visant à renforcer la transparence des multinationales en matière fiscale, portant à 49 le nombre de signataires de cet instrument. Il s’agit d’une nouvelle étape dans la mise en œuvre du projet sur l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices, ainsi qu’un renforcement sensible de la coopération internationale en matière fiscale.

Les administrations pourront désormais comprendre comment les multinationales structurent l’ensemble de leurs transactions. Objectif ? Faire en sorte que chaque entreprise verse une juste part d’imposition dans la juridiction où sont menées les activités et la création de valeur correspondante. Les problèmes liés à l’érosion de la base d’imposition et au transfert de bénéfices revêtent en effet une importance toute particulière dans les pays en développement, dont les recettes fiscales dépendent fortement de l’impôt sur les bénéfices et notamment de celui acquitté par les multinationales.

Sans imaginer un monde parfait, il est certain que ces initiatives favorisent une plus grande équité fiscale. Mais les séismes que sont le Brexit et l’élection de D. Trump, pourraient sérieusement remettre en cause ces tendances. Espérons que l’Europe saura rester arrimée à ces projets, qui sont aussi des réponses de long terme aux enjeux socio-politiques rencontrés par le monde occidental !

Sustaining momentum

La finance éthique et solidaire, ou finance alternative, recoupe des réalités bien différentes (méthodes mises en œuvre, finalité des placements), dont le dénominateur commun est l’attention portée à des critères extra-financiers (social, développement,…).

Le 2ème Annual European Alternative Finance Industry Survey montre que le marché global européen de la finance alternative en ligne a crû de 92% pour atteindre €5 431M en 2015. Le Royaume-Uni mis à part, l’industrie européenne de la finance alternative en ligne a augmenté de 72% de €594M en 2014 à €1 019M en 2015. L’industrie continue à maintenir le rythme, avec une expansion substantielle des volumes de transactions enregistrés à travers presque tous les modèles de finance alternative en ligne. Plusieurs tendances :

  • En 2015, la France, l’Allemagne et les Pays-Bas sont les trois premiers pays en Europe, hors Royaume-Uni, en termes de volume de marché (respectivement €319M, €249M et €111M) ;
  • Le crédit à la consommation de pair à pair (peer-to-peer consumer lending) est le segment le plus important de la finance alternative, avec €366M enregistrés en 2015 en Europe. Le crédit aux entreprises arrive second avec €212M, suivi de l’investissement participatif (equity-based crowndfunding – €159M) et du crowdfunding avec récompense (reward-based crowdfunding – €139M) ;
  • Les institutionnels y ont une part de plus en plus active : en Europe continentale en 2015, 26% des crédits à la consommation et 24% des crédits aux entreprises ont été financés par des fonds de pension, des FCP, des sociétés de gestion et des banques.

Sans prétendre à la solution idéale, cette finance alternative offre évidemment des alternatives de placements, à un moment où l’épargnant cherche activement de nouvelles solutions mixant de façon raisonnable risques et espérances de rendement !

Global Family Office Report (UBS / Campden)

L’étude menée auprès de 242 family offices internationaux dévoile à nouveau les principales tendances de ce métier en constante évolution :

  • Une performance globale en forte baisse : 0,3% en 2015 (contre 8,5 en 2013 et 6,1 en 2014) ;
  • D’importants changements dans l’allocation, avec une croissance continue de l’investissement dans le private equity, majoritairement au travers de fonds et une baisse de l’investissement dans les hedge funds;
  • Une maîtrise des coûts accrue, avec plus d’un tiers des family offices affirmant être davantage ou bien plus soucieux des coûts qu’un an auparavant;
  • 43% des family offices prévoient de faire face à un changement de génération dans les dix années à venir et 69% dans les quinze prochaines. Il n’est donc pas étonnant que la mise en place d’un plan de succession soit devenue la priorité majeure de gouvernance dans les 12-24 mois ;
  • L’impact investing avec le temps, a su convaincre les family offices. Ils sont en effet 61% à être actifs dans ce domaine ou à espérer le devenir. 47% d’entre eux y voient un moyen plus efficient d’avoir un impact social que ne l’aurait la philanthropie. La génération des Millenials n’est pas étrangère à ce phénomène.

Baromètre AFFO

Le premier baromètre AFFO / OpinionWay révèle que les familles préfèrent majoritairement la prudence (69% choisissent la performance avec risque modéré). Elles se tournent ainsi plutôt vers les placements immobiliers : ces derniers représentent 30% de l’allocation d’actifs (23% pour les actions cotées, 17% pour le private equity et 3% pour la philanthropie/l’art).

Airbnb at risk

Depuis quelques années déjà, la mairie de Paris s’est lancée dans l’encadrement des locations saisonnières, principalement portées par le site d’annonces en ligne Airbnb, en mettant en place, selon l’usage du bien concerné et la durée de location, une obligation de déclaration en mairie accompagnée d’une autorisation et dont le non-respect peut conduire à une amende allant jusqu’à 25 000€. Ce n’est probablement qu’un début.

Berlin, qui dispose d’un site de signalisation semblable, a interdit depuis le 1er mai dernier la location d’un logement entier à la nuit. Quatre propriétaires utilisateurs d’Airbnb contestant cette interdiction ont d’ailleurs été déboutés.

Barcelone a quant à elle appliqué 30 000€ d’amende à 234 propriétaires de logement Airbnb, qui verront par la suite leur logements fermés, et complète la mesure par un durcissement important des conditions de location.

Mêmes constats aux Etats-Unis, où New York a adopté l’application d’une forte amende pour la publication d’annonces non conformes à la réglementation de la ville.

Dans sa ville natale, San Francisco, la plate-forme d’hébergement riposte et a porté plainte car elle est désormais contrainte de vérifier que toutes les personnes proposant un logement à San Francisco sont bien enregistrées auprès des services municipaux, sous peine de sanctions pénales et civiles.

A contrecourant, Londres laisse libres les londoniens de louer leurs biens jusqu’à 90 jours, sans risque d’amende et sans être soumis à autorisation grâce au Deregulation Act.

RDR – le revers de la médaille

La Retail Distribution Review (RDR), réforme sensée révolutionner la distribution des services financiers outre-Manche, connaît un bilan mitigé dans le domaine de l’assurance-vie. Entrée en vigueur au 1er janvier 2013, elle visait à améliorer, entre autre, la formation des distributeurs mais surtout à accroître la transparence de leurs pratiques de rémunération. Elle s’est ainsi traduite par l’interdiction des rétrocessions, les distributeurs devant négocier directement leurs honoraires de conseil avec leurs clients, en amont de toute transaction.

En dépit d’une introduction quelque peu houleuse, l’industrie financière britannique a su s’en accommoder. La RDR a eu pour effet de diminuer de £6Mrd la base des coûts de l’assurance-vie entre 2012 et 2014. Pendant cette même période, les commissions versées par les compagnies d’assurance ont diminué de façon draconienne, passant de £2,8Mrd à £692M.

Revers de la médaille : la hausse de la qualité du conseil s’est accompagnée d’une augmentation corrélative de son coût, créant ainsi un véritable « advice gap ».

Les sociétés de conseils financiers de petite et moyenne taille sont celles qui en pâtissent le plus, qui consacrent désormais 12% de leurs revenus aux coûts réglementaires directs ou indirects. Elles privilégient donc les clients les plus « rentables » : entre 2013 et 2015, celles exigeant un portefeuille minimum de £100K sont passées de 13% à 32%.

Le législateur, dans ses bonnes intentions, parvient ainsi à pénaliser aussi celui qu’il voulait protéger.

Vendanges, creux de vingt ans

La production mondiale de vin s’inscrit parmi les plus faibles depuis vingt ans : les 7,5M d’hectares de vignes plantés sur la planète auront produit cette année 259M d’hectolitres (Mhl). Cela représente un recul de 5% sur un an.

Principale raison de cette baisse : la météo. Le phénomène climatique El Niño a affecté la production sud-américaine en même temps qu’une pluviométrie exceptionnellement élevée. La production en Argentine, connue pour son malbec, chute de 35%. Ces mauvais résultats rétrogradent l’ex-5ème producteur mondial au 9ème rang. Les volumes chiliens dégringolent de 21% et le Brésil réduit de moitié sa production !

La France n’a pas été épargnée: printemps pluvieux et peu ensoleillé, gel tardif, épisodes de grêle violents. Les vendanges y ont été les plus faibles depuis trente ans ! Avec 41,9 Mhl (- 12% par rapport à 2015 !), le pays de Rabelais se classe tout de même au 2ème rang en termes de volumes. L’Italie a profité de cette contre-performance pour se maintenir, comme en 2015, au 1er rang mondial, avec 48,8Mhl. L’Espagne reste sur la 3ème marche.

Les phénomènes climatiques inhabituels étant amenés à se multiplier, il semble plus que jamais opportun de réfléchir à l’investissement viticole, en direct pour les plus audacieux, via des groupements foncier viticole (GFV) !