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décembre 2017

Philanthropie, la dernière utopie ?

Le monde de la philanthropie vient de prendre une douche froide. Cet été, l’OCDE a recalculé la part des dons privés dans l’aide au développement : $7,6Mrd par an, contre $60Mrd estimés jusque-là. Les gouvernements donnent bien davantage : $143Mrd en 2016.

Pour la défense des philanthropes, c’est bien sûr la qualité qui prime… laquelle, dans ce milieu, est synonyme d’impact. Ce qui compte, c’est aussi l’innovation. Peu de secteurs ont connu autant de nouvelles idées, de nouveaux outils, ces dernières années. A commencer par la notion de don. Faut-il donner, au risque de créer une dépendance, un déséquilibre ? Ou faut-il plutôt investir dans des projets bienfaisants mais rémunérateurs, afin de récupérer sa mise et de l’utiliser ailleurs ?

De fait, cette approche « capitaliste », l’impact investing, que certains ont baptisé « capitalisme socialement responsable », rivalise désormais avec la charité, sans l’avoir encore fait disparaître. Comme s’il n’y avait bientôt plus de finance que solidaire, d’entreprises que sociales et de pauvres que provisoires.

Utopie que tout cela ? Oui, justement, la philanthropie est l’un des derniers refuges de l’utopie humaine, et mérite, à ce titre, qu’on s’y attarde. Qu’on la comprenne, qu’on la questionne. C’est tout le propos de la journée que lui consacrèrent récemment, à Genève, Le Monde et Le Temps, avec l’Institut de Hautes Etudes Internationales et du Développement (IHEID).

En attendant un avenir où la philanthropie, par ses succès, aura elle-même supprimé sa raison d’être, le combat continue. A commencer par celui visant à convaincre davantage de personnes fortunées de s’intéresser au reste du monde. En 2010, Bill Gates lançait le Giving Pledge, cet engagement à donner, de son vivant, la moitié de sa fortune. Il y a 2 043 milliardaires sur terre, mais seuls 170 l’ont signé, dont pas un seul Français.

Prudent, Bill Gates estime, dans un entretien récent, qu’il doit « encore améliorer la qualité de son plaidoyer » et que, dans certains pays, « le gouvernement joue un rôle si important » que cela n’encourage pas la mobilisation des privés.

Utopie ou non, la créativité, la générosité et la puissance financière des philanthropes sont aujourd’hui plus nécessaires que jamais.

Tombeau numérique

Si l’on ne lui communique pas l’information, l’intelligence artificielle de Facebook ou de Google est incapable de détecter qu’un utilisateur est décédé. Il n’est donc pas rare qu’elle décide d’envoyer à tous les « amis » et relations numériques du défunt une notification engageante pour lui suggérer de « prendre de ses nouvelles » ou pire, lui « souhaiter son anniversaire » !

En 2017, la mort humaine et la mort numérique sont deux choses distinctes même si elles concernent la même personne. Pourtant, dans les prochaines années, des dizaines de milliers de défunts continueront à vivre sur le web.

Gestion de funérailles numériques, « e-testament », héritage de données numériques… Peu à peu, des entreprises commencent à créer des services liés au « marché de la mort » et innovent. En 2016, la loi pour une République numérique permettait aux personnes de donner des directives relatives à la conservation, à l’effacement et à la communication de leurs données après leur décès.

Il semble important, qu’à l’avenir, le droit des contrats et des successions anticipe la problématique de la mort numérique. Il leur faut intégrer les données numériques comme l’une des composantes de l’héritage dans un testament. Le notaire pourra alors jouer un rôle de conseil sur l’opportunité de mentionner également la transmission de l’identité numérique avec les différents identifiants et mots de passe de la personne.

Certains réseaux sociaux permettent déjà des options de paramétrage. Sur Facebook il est possible de désigner un légataire à qui reviendra la gestion du compte de la personne après sa mort avec une procédure de demande de suppression de compte. Sur le même modèle, Google a également mis en place un gestionnaire de compte inactif qui permet d’indiquer la personne qui doit avoir accès aux informations, et si le compte doit être supprimé.

Il existe par ailleurs des solutions de coffre-fort numérique qui permettent de stocker ses informations et qui peuvent être ouverts à la mort de son propriétaire par les ayants-droit. Mais il faudrait que l’effort soit collectif pour que le testament numérique soit véritablement généralisé.

Expat explorer

Economie forte, confiance dans les affaires financières, qualité de l’éducation pour les enfants,… Autant de qualités que les expatriés attribuent à Singapour et qui propulsent la cité-Etat, pour la troisième année consécutive, en tête du classement mondial établi par HSBC.

Plus des trois-quarts des expatriés estiment que le pays offre de meilleures opportunités en matière de revenus que leur pays d’origine. Ils sont d’ailleurs 42% à dire être mieux payés qu’auparavant, soit en moyenne $118 000 annuels.

La Norvège, qui a grimpé de quatre places en un an, était à un cheveu de la première place, grâce à des scores économiques et « familiaux » particulièrement élevés. On trouve dans la suite du classement l’Allemagne, les Pays-Bas et le Canada.

Ceux qui rêvent d’expatriation pour améliorer leurs perspectives financières doivent plutôt se mettre à la mode helvète. En Suisse, les étrangers gagnent en moyenne $193 000 par an. L’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis et le Qatar sont également des pays où l’on peut compter sur une forte hausse de revenus.

Mais l’expatriation est plus souvent synonyme d’expérience et de défi à relever (38% des « expats » invoquent cette raison à leur départ) que de considérations pécuniaires (22% d’entre eux). De ce point de vue, la Nouvelle-Zélande est la destination la plus plébiscitée, pour la troisième année consécutive, devant l’Espagne et le Portugal. Les expatriés du « paradis du Pacifique » s’y sentent tellement bien que sept sur dix y vivent depuis cinq ans ou plus, contre 52% des expatriés à l’échelle mondiale.

Si la France n’est que 23ème au classement mondial (malgré sa neuvième place dans la catégorie « expérience »), les expatriés la plébiscitent quand vient l’heure de leur retraite. Parmi la communauté des expatriés en France, près de 39% sont retraités, alors qu’ils sont 11% dans la communauté des expatriés au niveau mondial ; et 58% des expatriés en France ont plus de 55 ans (contre 22% des expatriés en général). C’est le style de vie (pour 71% des expatriés retraités), le climat (pour 62%) et la qualité des soins médicaux qui les a convaincus. 53% des expatriés en France affirment même être en meilleure santé qu’ils ne le seraient dans leur pays.

Il s’agit de la dixième édition de cette étude mondiale conduite par HSBC. Les résultats s’appuient sur une enquête menée en ligne par YouGov dans 159 pays.

My tailor is rich

Tous les ans, l’Education First English Proficiency Index détermine dans quel pays non anglophone on parle le mieux anglais. En 2017, plus d’un million de personnes, originaires de 80 pays, ont participé à l’étude.

L’Europe est le continent où l’anglais est le mieux maîtrisé. Huit des dix premiers pays du classement sont européens. Les Pays-Bas remportent la palme, suivis de près par la Suède, le Danemark et la Norvège. La Finlande, le Luxembourg, l’Allemagne et l’Autriche sont également dans le top 10.

Cependant, les disparités sont grandes sur le continent. Si le Portugal s’en sort plutôt bien, l’Espagne, l’Italie ou la Grèce sont loin derrière leurs voisins du Nord.

La Suisse est 14ème, la France 32ème, ce qui fait d’elle l’avant-dernier pays européen du classement, juste avant l’Italie. C’est malgré tout le pays qui a le plus progressé par rapport aux années précédentes.

Les pays asiatiques sont plutôt doués en anglais. Singapour est en 6ème position, la Malaisie 12ème, les Philippines 13ème et l’Inde 22ème.

En revanche, le Japon fait figure de mauvais élève. Le pays atteint avec peine la 37ème place du classement. Ce retard s’explique par un nombre d’heures de cours de langues trop réduit dans les écoles japonaises.

Cette année encore, aucun pays d’Amérique du Sud ne fait partie du top 20. L’Argentine, 25ème pays du classement, est le pays d’Amérique latine où l’on parle le mieux anglais. Le Brésil stagne quant à lui à la 41ème place. Le géant lusophone est le dernier pays des « BRICS » en termes de compétences linguistiques.

L’Afrique se situe juste au-dessous de la moyenne mondiale. Mais le résultat pourrait être biaisé par le nombre réduit de pays africains représentés.

Du paradoxe de l’investisseur

85% des investisseurs français souhaitent renforcer leurs connaissances en matière d’investissement. Les crises financières, la dématérialisation des activités financières et l’accès facilité à l’information n’y sont pas étrangers.

S’agissant de leur revenu disponible, 39% ont pour priorité d’investir, 26% d’épargner (contre 4% des investisseurs américains !), 17% de dépenser et 8% de rembourser leurs dettes.

Fait étonnant, les incertitudes géopolitiques mondiales ne semblent pas les dissuader d’investir. Il faut néanmoins souligner que 38% d’entre eux avouent en ignorer, à long terme, les implications sur leurs investissements (56% conservent même leurs objectifs).

Dernier constat, qui reflète sans doute une culture encore insuffisante : le risque qu’ils sont prêts à prendre ne correspond en rien à leurs espérances de rendement. En effet, 1/3 des investisseurs souhaitent une performance supérieure à 10%. Alors que près de 50% de l’épargne française est investie en fonds général Euros, sans risque, mais dont le rendement est inférieur à 1,5% !

Des plantes… mélomanes

La musique adoucit les moeurs, et peut aussi soigner les plantes !

Certaines mélodies méticuleusement sélectionnées ont en effet la capacité d’inhiber virus et champignons ou de stimuler la pousse des plantes.

C’est le constat fait par un producteur de courgettes des Bouches-du-Rhône, dont toutes les cucurbitacées avaient été contaminées par le virus de la Mosaïque. Bien qu’aucune méthode de lutte contre ce fléau n’existât, il ne put se résigner à arracher ses plants et choisit alors de se tourner vers une start-up française proposant de soigner les plantes avec les protéines de musique ! Après quelques ajustements de départ, il parvint à sauver ses plants de courgettes. Aujourd’hui, le virus est toujours présent mais il est inhibé par la musique et ses légumes n’en portent aucune trace.

Pour atteindre ce résultat, le producteur applique à la lettre le protocole établi par la société. Il diffuse toutes les nuits entre 5 et 7 minutes d’une musique ciblée, mais pas plus, au risque de fatiguer les plantes.

La « protéodie » serait à l’origine de ces résultats confondants. Pour faire simple, lors du processus de synthèse des protéines, les acides aminés produisent des notes. Une mélodie spécifique à chaque protéine est ainsi émise. Il faut connaître les protéines pertinentes de la pathologie que l’on veut combattre puis l’isoler et trouver le chant de la protéine pour en stimuler ou inhiber sa synthèse.

Avec ses techniques, la société a aidé plus de 130 agriculteurs à lutter contre des pathologies qui menaçaient leur production. Son rôle est ainsi d’identifier puis de déchiffrer la partition de la protéine.

Quand la French Tech réconcilie Agri et Culture !

Insubmersible Albion

Quel sera le coût du Brexit pour le Royaume-Uni, et Londres en particulier ? La Banque d’Angleterre (BoE) anticipe jusqu’à 75 000 suppressions d’emplois dans la finance, un scénario « raisonnable », selon l’institution, en particulier si aucun accord n’est trouvé sur les services financiers.

Cette évaluation pourrait varier en fonction des relations commerciales entre le UK et l’UE après mars 2019. La BoE a d’ailleurs demandé aux différentes banques et institutions financières de lui transmettre leurs plans de rechange en cas de hard Brexit, c’est-à-dire de perte du passeport européen qui permet à de nombreux secteurs, notamment les services financiers, d’accéder au marché unique. Sans compter d’éventuelles obligations de l’UE de relocaliser certains secteurs comme la compensation des dérivés libellés en euro.

De nombreuses études ont tenté d’évaluer l’impact sur l’emploi : de 30 000 (Institut Bruegel) à 75 000 (Oliver Wyman). Xavier Rolet, l‘(ex) patron du London Stock Exchange (LSE), avait parlé de 100 000 jobs.

Même avec ces coupes, Londres resterait, dans l’immédiat, le plus grand centre financier d’Europe avec plus d’un million de professionnels employés dans le secteur. D’autant que la stratégie européenne semble confirmer un éclatement des centres financiers entre plusieurs capitales (Francfort, Paris, …etc).

Reste à voir ce qu’il adviendra à long terme (10 / 20 ans).

Exemplaires contribuables

Le gouvernement français envisage de diminuer le taux des intérêts pour les contribuables retardataires.

Sont-ils très nombreux ? Pas vraiment. Il n’y a d’abord pas de retard possible pour tous ceux qui sont mensualisés (59% des Français). Même chose pour les 8% qui ont choisi le prélèvement à l’échéance. Seuls 33% des Français doivent faire une démarche pour payer leurs impôts, et même parmi eux, rares sont les retardataires : en France, 98% de l’impôt reste payé spontanément ou après seulement une relance !

Des chiffres qui confirment l’excellence du recouvrement de l’impôt par l’administration française, considérée comme l’une des plus performantes au monde. Grace également à des contribuables exemplaires ?

La baisse de la fiscalité et l’introduction du « droit à l’erreur », peuvent apparaître ainsi comme une juste conséquence !