2ème & 3ème trimestres 2017

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juillet 2017

Multi devises, multi pays !

Pour mieux jongler entre plusieurs comptes dans plusieurs pays en plusieurs devises, une nouvelle venue parmi les néo banques, Ipagoo, présente, comme ses concurrentes, les avantages de la simplicité et de la rapidité. Mais aussi une singularité : une fois un premier compte activé, il est possible d’en ouvrir d’autres… hors des frontières (pour l’instant en Espagne, en Grande-Bretagne ou en Italie), mais aussi dans d’autres devises (dollar ou livre sterling) !

L’opération ne prend que quelques secondes depuis l’application mobile du compte : à peine la demande d’ouverture effectuée, un IBAN local est généré et le compte étranger peut être immédiatement utilisé. Ipagoo va encore plus loin : tous les comptes, pilotables depuis l’application, peuvent être rattachés à une seule et même carte. L’interface permet aussi de faire des virements instantanés de compte à compte dans toutes les devises.

Le compte a été pensé pour les grands voyageurs, les expatriés, les frontaliers, les jeunes qui étudient à l’étranger… Mais aussi pour les entreprises ayant des activités internationales.

Encore en devenir, Ipagoo annonce avoir de grandes ambitions. Et d’abord élargir le nombre de pays de son portefeuille : Allemagne, Pologne et Portugal puis autres pays de l’UE, voire Etats-Unis ou Canada. Limité aux paiements, ce type d’offre devrait permettre, à terme, une mise en concurrence qui élargirait le champ des possibles pour les emprunteurs et les épargnants.

Mais pas seulement : choisir des produits bancaires dans les pays les moins risqués pourrait devenir un critère de décision plus important que celui du taux de rémunération ou d’emprunt… en d’autres termes une véritable gestion de risques !

Lire, partager, s’enrichir !

La révolution du collaboratif n’épargne aucun secteur. Pas même la culture !

Vous avez déjà lu tous vos livres plusieurs fois et ils prennent la poussière ? Le projet TonBookToo (www.tonbooktoo.com) pourrait leur redonner un peu de fraîcheur. L’idée est simple : constituer une bibliothèque numérique géante et conviviale afin de permettre à ses utilisateurs d’échanger, de prêter ou de vendre leurs livres. À l’aide de l’application, il suffit de créer l’inventaire de sa collection personnelle, en scannant le code ISBN (International Standard Book Number) de ses livres.

En fonction de vos choix et de vos habitudes, la plateforme vous oriente alors vers des lecteurs qui pourraient partager avec vous leur collection, pour un prêt ou un achat.

En octobre, les entreprises auront accès à un portail dédié pour que les salariés s’échangent des livres. Cinq sociétés de plus de 150 personnes ont déjà précommandé des abonnements.

L’art de l’invendu

Au premier semestre 2016, sur un total de 1 622 036 objets mis en vente aux enchères, 541 050 n’ont pas trouvé acquéreur (33%). Le middle market (objets estimés entre €50 000 euros et €1M) est le marché le plus frappé par les invendus. Sur les 17 374 lots proposés à la vente, 9 961 n’ont pas trouvé preneur (57,3%), soit un manque à gagner de €1,16Mrd ! Le segment le moins touché par les invendus est aussi le plus élevé du marché. Pour les lots estimés à plus de €10M, le taux d’invendu s’est élevé à 4,17 %, soit 9 œuvres invendues sur les 216 proposées à la vente sur la même période.

S’aventurer du côté des invendus, c’est observer une face du marché de l’art que celui-ci ne voulait peut-être pas voir. L’invendu est dénigré, même quand il avait tout pour plaire. En réalité, la seule lacune du lot marqué du sceau de l’invendu est bien souvent l’adéquation entre l’offre et la demande à un instant donné.

Internet, la naissance des réseaux sociaux et celle des analyses de données permettent une formidable évolution. Les objets et les œuvres sont mis en avant aux yeux du monde entier et la mise en relation entre les acheteurs et les vendeurs est facilitée. Une nouvelle génération d’acheteurs arrive sur le marché des enchères avec ses propres règles et ses propres valeurs.

C’est en observant ce phénomène et en prenant conscience que la catégorie des lots invendus représente avant tout un marché d’opportunités, que des entrepreneurs ont choisi de développer la plateforme en ligne www.auctionaftersale.com. Les lots invendus émanant du monde entier s’y trouvent ainsi reconsidérés et renouvelés quotidiennement. Consultables 10 jours uniquement, par catégories ou par nom d’artistes, ils attirent ainsi l’attention de nouveaux acheteurs potentiels pour la plus grande satisfaction des vendeurs et …des maisons de ventes ! Même si les commissaires-priseurs français paraissent moins empressés……

Après la mondialisation de la demande, la révolution numérique semble pouvoir apporter un nouvel élan à la mondialisation de l’offre ; qui pourrait, peut-être, susciter une nouvelle vérité des prix ?

Contrats luxembourgeois, pour (et contre ?)

Le contrat d’assurance-vie luxembourgeois présente quelques caractéristiques qui en font un dispositif particulièrement prisé par les investisseurs (français), notamment en termes de gestion financière. Caractéristique fondamentale du contrat luxembourgeois, le fonds interne dédié permet une gestion à la carte et l’accès à une gamme extrêmement large d’actifs et de niveaux de risque (produits structurés, fonds non agréés AMF tels que private equity ou hedge funds).

Dans les faits cependant, les actifs auxquels on a accès dépendent du niveau de patrimoine : pour disposer à la fois de la gamme d’instruments la plus large et d’une gestion réellement personnalisée, il faut compter plusieurs millions d’euros d’actifs.
La protection des épargnants au Luxembourg est encadrée par deux principes stricts :

– Les actifs des épargnants sont détenus par une banque dépositaire approuvée par le Commissariat aux Assurances, ce qui les isole des actifs propres de la compagnie d’assurance.

– En cas de défaillance de la compagnie, le principe de « super privilège » donne une certaine priorité aux épargnants sur les autres créanciers.

Par ailleurs, au Luxembourg, règne le principe de neutralité fiscale: c’est la fiscalité du pays de résidence de l’investisseur qui s’applique au contrat.

Pour les résidents français, c’est donc l’imposition classique de l’assurance-vie qui s’appliquera. Ils sont néanmoins tenus, sous peine d’amendes, de déclarer les contrats qu’ils détiennent à l’étranger. Et les assureurs sont tenus de coopérer avec l’administration fiscale.

Par ailleurs, l’apport en titres est un atout indéniable de ce contrat, entre autres pour un chef d’entreprise qui peut, sous certaines conditions, y loger des parts de sa société pour bénéficier de la fiscalité attractive de l’assurance-vie (dividendes, plus-value et succession). Cela dit, inscrire des titres vifs dans son contrat requiert de disposer d’actifs conséquents… et n’est pas toujours une démarche simple, d’autant que certaines compagnies d’assurance refusent d’intégrer des titres non cotés.

Plus sûrs, plus souples, ces solutions sont souvent un quasi passage obligé pour les grands investisseurs privés français. Mais attention, tous les acteurs ne sont pas égaux, en matière de souplesse comme de solidité bilancielle. Sans parler d’accès à des fonds généraux Euros, qui, à long terme, retrouveront certainement de l’attrait à la faveur de la hausse des taux. Or, un contrat d’assurance-vie étant généralement mis en place pour du très long terme (viager), il est important de sélectionner le bon partenaire qui pourra accompagner le souscripteur tout au long de la vie.

Assurance-vie : régime exceptionnel

En attendant une éventuelle réforme pour 2018 qui prévoirait un taux forfaitaire (30% ?)…. il faut se rappeler que lors d’un rachat sur contrat d’assurance-vie ou de capitalisation, l’imposition à l’impôt sur le revenu ou au prélèvement forfaitaire libératoire est laissée au choix du contribuable. Concernant cette imposition sur le revenu, une décision de la cour administrative de Lyon a récemment confirmé que l’on peut considérer comme exceptionnels les produits réalisés lors du rachat d’un contrat d’assurance-vie ou de capitalisation (à l’instar des indemnités de licenciement ou les primes de mobilité professionnelle). Le mécanisme de quotient, qui s’avère bien utile pour atténuer l’impôt lors de la perception de revenus exceptionnels, trouve alors à s’appliquer et peut permettre d’éviter un franchissement de tranche.

Pour bénéficier de ce système de quotient, deux conditions sont à réunir : les gains taxables doivent dépasser la moyenne des revenus des trois dernières années et il ne faut pas avoir effectué de rachats partiels les années précédentes afin de prouver le caractère exceptionnel du revenu.

Ce mécanisme peut être mis à profit dans le cas d’importants rachats sur des contrats récents. En deçà de 4 ans, le souscripteur peut avoir intérêt à choisir l’imposition à l’IR plutôt que le taux forfaitaire de 35%. Le recours au quotient permettra ici d’éviter un changement de tranche du fait de ce revenu exceptionnel (par exemple de 14% à 30% ou de 30% à 41%) ou du moins d’en limiter les conséquences.