Actualités 2ème & 3ème trimestres 2017

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juillet 2017

Paris, capitale de la finance…… verte

Face aux enjeux du développement durable, le secteur de la finance doit s’adapter et générer des innovations en phase avec la transition énergétique. L’un des produits issus de cette prise de conscience environnementale est le green bond, ou obligation verte.

Le principe d’un green bond? Une entreprise, une association ou une organisation internationale émet une obligation sur les marchés financiers afin de financer un projet ou une activité à bénéfice environnemental.

Le marché des green bonds a explosé l’an dernier, atteignant $81Mrd. Depuis le début de l’année, il dépasse les $49Mrd.

Une nouvelle initiative vient porter les ambitions de la place financière de Paris, baptisée Finance For Tomorrow. Elle vient remplacer Green & Sustainable Finance, destinée à promouvoir la place de Paris au plan international. Le tout avec un nouveau logo et des cris de ralliement pour les investisseurs du monde entier, notamment #TheSustainableFutureBeginsInParis et #ShiftTheTrillions.

La place de Paris a été pionnière en matière d’investissement responsable et de finance durable. L’organisation du premier Climate Finance Day en 2015 a marqué un tournant : grandes banques, compagnies d’assurance et grands investisseurs institutionnels ont pris des engagements sur l’accélération d’émissions de green bonds et la « décarbonisation » des portefeuilles.

Résultat ? Au premier semestre 2017, la France est le premier émetteur de green bonds, devant la Chine, le Brésil et les États-Unis. Une performance due à la « méga » obligation verte de €7Mrd de l’État français, le plus grand emprunt vert souverain jamais réalisé… et au fait que les chiffres cumulés (Bloomberg) comprennent également les obligations dites « sociales » et «durables». Pour les green bonds stricto sensu, le mastodonte chinois mène toujours la danse, ayant émis, à lui seul, $36Mrd d’obligations vertes en 2016, soit 38% du total.

Leader européen, Paris l’est dans tous les domaines : 24% des émetteurs sont des entreprises françaises, un quart des émissions sont arrangées par des banques françaises et 27% des green bonds sont achetés par des investisseurs français.

Parmi les chantiers prioritaires de Finance For Tomorrow, qui compte 36 membres (de la Banque de France à la Mairie de Paris, en passant par EDF et SNCF Réseau, BNP Paribas et Amundi), l’un porte d’ailleurs sur l’établissement d’un benchmark des places financières vertes, piloté par l’institut de recherche sur le climat I4CE, qui sera publié en septembre, avant la Cop23.

La grande barrière de corail

Faut-il fixer un prix à l’inestimable pour réveiller les consciences ? C’est ce que pense la Fondation de la Grande Barrière de Corail, qui a mandaté le cabinet Deloitte Access Economics pour estimer la valeur économique et sociale de l’immense récif corallien situé au large du Queensland, en Australie.

Selon Deloitte, la « valeur » touristique du récif corallien, dont 64 000 emplois dépendent, est estimée à AUD29Mrd. Quant à sa valeur « indirecte » (celle auprès des gens qui ne se sont jamais rendus sur le récif mais savent qu’il existe), elle est chiffrée à AUD24Mrd, portant à AUD56Mrd (€37Mrd) la valeur économique et sociale totale de la grande barrière de corail.

Classée au patrimoine mondial de l’Unesco, elle couvre 345 000 km2 et a failli être reclassée en 2015 dans la liste des sites en péril. Elle vient de subir deux graves épisodes consécutifs de blanchissement de ses coraux. En cause, les ruissellements agricoles, le développement économique et surtout le réchauffement climatique. En effet, et malgré les risques encourus par son récif, l’Australie reste l’un des principaux émetteurs de carbone en raison de ses centrales au charbon. Tout en promettant depuis plusieurs années de réduire ses émissions de CO2, l’Australie continue à soutenir des projets basés sur les énergies fossiles, notamment celui de la mine de charbon Carmichael, dans le Queensland.

L’argument économique et social de l’actif corallien parviendra-t-il à convaincre d’inverser cette tendance ?

« Chères » voitures !

Si vous pensiez bien faire en achetant des actions Google au lendemain de la crise des subprimes, détrompez-vous. Les automobiles classiques ont été l’un des actifs les plus performants. Illustration sur l’année 2016 :+17%.

Si des chiffres suggèrent que ce marché a récemment ralenti, pour les experts, parler d’éclatement de bulle est prématuré. Les belles automobiles se vendent encore très bien, mais les acheteurs sont moins pressés et savent qu’ils pourront, quoi qu’il en soit, retrouver la voiture de leurs rêves auprès d’un intermédiaire plutôt que d’avoir à se battre fébrilement lors d’une vente aux enchères.

Pour preuves, quelques ventes récentes relativement décevantes au Royaume-Uni et à Monaco, durant lesquelles de nombreux lots sont restés invendus après avoir manqué leurs estimations basses…

Il faut cependant relativiser : les ventes aux enchères continuent d’afficher des records (€32M pour une Ferrari 335 S de 1957), mais les collectionneurs se concentrent plus que jamais sur l’argument best in class. La maison de ventes britannique Bonhams a vu 12 collectionneurs disposés à payer plus de £3M pour une Jaguar C-Type dans l’état d’origine adjugée à Monaco en mai 2016 pour finalement £5,75M.

Nul besoin, cependant, du célèbre félin ou d’un étalon sur le capot pour obtenir des prix élevés. Lors d’une vente Artcurial, une rare Citroën 2CV Sahara, estimée… €90 000, est partie pour… €192 000 ! La « Deuche » n’a pas fini de nous surprendre !

Le coût de la violence

Un huitième des revenus de l’humanité ! $14 300Mrd, soit €4,60 par jour et par personne. C’est le coût de la violence dans le monde en 2016, selon le Global Peace Index 2017. Autrement dit, 12,6% des revenus de l’humanité sont dépensés en investissements militaires, frais médicaux, dépenses engendrées par les conflits, destructions, pertes,…

La guerre en cours en Syrie et en Irak fait de ces pays ceux où l’impact économique des violences pèse le plus lourd. Les deux tiers (67%) du PIB syrien sont engloutis dans les coûts directs ou indirects liés au conflit.

En Irak, la situation n’est guère plus reluisante avec 58% des richesses englouties par les conséquences des conflits. L’Afghanistan complète ce triste podium, avec plus de la moitié de sa richesse nationale touchée (52%). Juste derrière eux, la Colombie est la démocratie la moins bien classée du monde (36%).

La Suisse (1%), l’Indonésie et le Ghana (2%) sont les pays où l’économie a le moins été impactée par les violences en 2016. La France occupe le 127ème rang (5%). En Europe, l’Ukraine (20%) se distingue au 19ème rang mondial.

Cependant, en 2016, l’impact économique des violences recule de 3% par rapport à 2015, selon les calculs de l’Institut pour l’économie et la paix. Il s’agit de la première baisse enregistrée depuis 2011, année marquée par le début de la guerre en Syrie et les premières conquêtes territoriales de l’État islamique en Irak. Mais la facture reste très lourde dans la mesure où cette amélioration suit une longue période de dégradation ouverte en 2011.

Éducation, éducation, éducation

Soucieuses de leur donner « le meilleur » et alimentées par la concurrence internationale forcenée dans le domaine, beaucoup de familles fortunées cherchent à inscrire leur progéniture dans de prestigieuses écoles à l’étranger. C’est ainsi le cas de 45% des HNWI d’Amérique du Sud, de 40% d’entre eux au Moyen-Orient et de 38% en Asie.

Bien que les États-Unis et la Suisse aient leurs faveurs, les pensionnats privés du Royaume-Uni sont encore considérés comme un must par beaucoup, selon les conseillers spécialisés qui aident les HNWI à trouver les écoles de leurs rêves pour leurs chères têtes blondes.

Si l’une des premières inquiétudes des parents concernant ces écoles est le nombre de leurs concitoyens qui les fréquentent déjà, dans le cas très particulier du Royaume- Uni, les parents souhaitent avant tout s’assurer que l’école conserve une éthique britannique traditionnelle. Conscientes de cela, la plupart des écoles britanniques tâchent de maintenir le niveau des étudiants étrangers à moins de 20%. Enfin, si un certain nombre de « franchises » d’écoles britanniques bien connues, telles que Harrow, Marlborough, Repton et Dulwich College, fleurissent en Asie et au Moyen-Orient, l’authenticité reste le choix privilégié pour ceux qui peuvent se le permettre.

En France, l’Ecole des Roches a récemment annoncé un programme important de refonte visant à mettre cette institution, qui attire un nombre significatif de jeunes étrangers, à ces mêmes standards internationaux. Prix inclus !

Entreprises familiales : difficiles successions…

Selon une étude de l’Edhec Family Business Center, seulement 12% des entreprises familiales françaises seraient aujourd’hui transmises à la génération suivante, contre plus de 50% dans la plupart des pays d’Europe. La transmission familiale atteint même 65% en Allemagne et 76% en Italie !

Pourquoi une telle différence ? Il ne faut pas négliger l’importance de l’environnement économique, social, voire politique, plus favorable à la reprise familiale dans certains de ces pays. Toutefois, l’écart s’expliquerait avant tout par des raisons civiles et fiscales.

Les règles françaises de dévolution successorale, notamment la réserve héréditaire, constituent un premier handicap à la transmission des entreprises familiales. Surtout, le régime fiscal de la succession peut s’avérer prohibitif. Le pacte Dutreil est certes favorable, mais peut constituer une véritable « usine à gaz », avec des engagements de conservation collectifs et individuels complexes, des contraintes importantes sur le fonctionnement des holdings, sans oublier un formalisme et des obligations déclaratives qui peuvent entraîner sa remise en cause a posteriori.

A l’étranger, les taux d’imposition sont nuls ou très faibles, avec des mécanismes souvent beaucoup plus simples. Avec un pacte Dutreil, on peut au mieux réduire son taux d’impôt à 5,6% de la valeur des titres en cas de donation avant soixante-dix ans, tandis que le taux effectif peut atteindre 0% chez la plupart de nos voisins européens (Allemagne, Belgique, Italie et Royaume-Uni) sous conditions liées généralement au maintien de l’activité.

Le club des huit

Bill Gates, Amancio Ortega, Warren Buffett, Carlos Slim, Jeff Bezos, Mark Zuckerberg, Larry Ellison et Michael Bloomberg. A eux huit, ces hommes détiennent autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, ce qui représente 3,6 milliards de personnes, selon l’ONG britannique Oxfam.

Jamais ce décalage entre les plus riches et les plus pauvres n’a été aussi important. L’an dernier, 62 personnes possédaient autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale. En 2015, elles étaient 80 et l’année précédente 85.

La France, malgré une évolution moins marquée en ce sens, n’échappe pas aux critiques d’Oxfam. Selon l’étude, 21 milliardaires possédaient autant que les 40% les plus pauvres en 2016. Dans l’Hexagone, les 1% les plus riches détiennent 25% des richesses nationales. Et alors que le niveau de vie mensuel moyen des plus riches est resté stable (+ 272€), de 2003 à 2014, celui des plus pauvres a diminué de 31€.

Le club des cinquante

Les 50 plus grandes entreprises américaines, dont Apple et Microsoft, « stockent » quelques $1 600Mrd dans des paradis fiscaux pour éviter l’impôt. Cette somme, qui représente plus de la moitié du PIB français, échappe au fisc américain grâce à un réseau de 1 751 filiales offshore, privant les Etats-Unis de $135Mrd de recettes fiscales chaque année.

Le plan de réforme fiscale du président Trump pourrait y mettre fin. Peu de détails, mais un effet d’annonce garanti, bien entendu !

La Maison Blanche a présenté une vaste réforme fiscale, pour les ménages et les entreprises, abaissant notamment le taux d’imposition de 35% à 15% pour ces dernières. Elle devrait également permettre aux entreprises de rapatrier leurs liquidités détenues à l’étranger en n’acquittant qu’une seule fois l’impôt sur cette opération. Le taux qui leur serait appliqué n’a toutefois pas encore été fixé….

Cette proposition devra, bien sûr, être soumise au Congrès. Exercice qui pourrait s’avérer périlleux compte tenu des divisions entre républicains et démocrates, mais aussi entre républicains eux-mêmes…. Les paradis fiscaux ont encore de beaux jours devant eux !