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avril 2018

Art : radioscopie

Côté pile : La croissance vigoureuse (12%) des ventes publiques et privées en 2017, à $63,7Mrd (toutefois en deçà du record de 2014, à $68Mrd) !

Côté face : la concentration de ce marché, pourtant mondial, sur quelques pays seulement.

Et tous ne progressent pas au même rythme, les plus grands étant les mieux servis ! Ainsi, les Etats-Unis, avec 42% de part de marché, affichent une hausse de 16%, devant la Chine qui croît de 14% et s’adjuge 21% du gâteau. Le Royaume-Uni n’est pas loin derrière, détenant 20% du marché, avec cependant une augmentation de « seulement » 8% l’an dernier. Ces trois pays représentent 83% du marché mondial. La France, elle, ne pèse que 7% du total, à $4,1Mrd. Petite consolation, en 2017, elle enregistre une hausse de 9%.

Côté marchands, même constat : les galeries réalisant plus de $50M de ventes annuelles ont enregistré une croissance de 10% en 2017, quand celles totalisant moins de $500 000 ont vu leur activité reculer de 4%.

Côté « auction », le rapport Artprice dresse un panorama des évolutions du secteur sur vingt ans (ventes aux enchères, à l’exclusion du mobilier) : 59 pays sont désormais impliqués, contre 34 en 1998. Le nombre de lots mis en vente a augmenté de 221% (128% si l’on considère les seuls lots vendus). Il y a aussi deux fois plus d’artistes proposés aux enchères. Face à une demande supérieure à l’offre, les frais ponctionnés sur les acheteurs ont crû de 45% en moyenne. Enfin, les maisons de vente ont développé les ventes thématiques en marge des grands rendez-vous culturels.

Côté Beaux-Arts : $14,9Mrd, C’est le bilan 2017, selon Artprice, des ventes aux enchères dans ce domaine. L’année a été marquée par une progression de 20% du produit des ventes publiques, après plusieurs semestres de contraction. Mais malgré les progressions enregistrées, principalement aux Etats-Unis et en France, le marché n’atteint pas le pic de $18,5Mrd décroché en 2011. Qu’importe ! Après deux années de recul, les enchères ont enfin repris des couleurs. Christie’s, porté par les $450M du Salvator Mundi attribué à Léonard de Vinci (la Lettre n°47), a vu son bilan annuel progresser de 26% !

Côté acheteurs, les milliardaires d’Extrême-Orient se sont longtemps focalisés sur leur patrimoine national, qu’ils traquent toujours assidûment, jusque dans les ventes de province. Si le nom de l’Indonésien Raden­Saleh, formé au XIXème siècle dans l’atelier d’Horace Vernet, ne vous dit rien, une de ses toiles, gardée dans une cave dans le Morbihan, a pourtant été adjugée, en janvier, pour la coquette somme de €7,2M à un collectionneur de Djakarta.

Depuis cinq ans, les acheteurs asiatiques ont toutefois élargi leur terrain de chasse. En décembre 2017, un acheteur de Taïwan a acheté une esquisse de « La Liberté guidant le peuple », de Delacroix, pour €3,4M. Quelques mois plus tôt, les deux tiers des lots phares de la collection des meubles Diego Giacometti du couturier Hubert de Givenchy ont été emportés par des Asiatiques. Pour François de Ricqlès, président de Christie’s France, « l’Asie actuelle fait penser aux Etats-Unis entre 1880 et 1920, lorsque le Nouveau Monde chassait le meilleur des œuvres de l’Ancien ».

Côté art contemporain, le secteur joue toujours un rôle moteur. Au sommet, les acheteurs cherchent des œuvres trophées et des marques. Selon Artnet, les enchères se concentrent sur vingt-cinq artistes au maximum, tels l’Allemand Gerhard Richter ou le Britannique Peter Doig. Mais il y a toujours « de l’herbe à brouter au pied des mammouths » : en 2017, le street art et la scène africaine, deux marchés encore de niche, ont connu un essor notable. Il n’est pas anodin que, d’après le palmarès Artprice 2017, quatre des dix artistes les plus vendus au monde viennent de l’art urbain, à l’instar de Kaws et Banksy. Une nouvelle génération de street artists monte d’ailleurs en puissance, comme les jumeaux brésiliens Os Gêmeos, qui ont décroché le record de $310 000 (€252 000) chez Phillips en 2016. Depuis les premières ventes d’art africain contemporain, organisées par Bonhams à Londres en 2008, Piasa et Sotheby’s se sont mis sur les rangs. Les œuvres du Ghanéen Ibrahim El-Anatsui dépassent désormais allégrement le million d’euros.

On revient sur un art vintage, comme on parle du design vintage. Les collectionneurs veulent des artistes qui jouissent d’une caution historique et ne snobent plus les créateurs des années 1950-1970, notamment ceux de l’Ecole de Paris ou de la figuration libre.

Côté tableaux anciens, les goûts évoluent aussi. Les tableaux primitifs et de la Renaissance nordique et italienne sont recherchés. En 2017, un tableau représentant Lucrèce par Lucas Cranach l’Ancien s’est ainsi vendu £669 000 (€769 000) chez Sotheby’s. Tout aussi prisés, les tableaux caravagesques, au fort contraste de clair-obscur. Une scène de genre par Valentin de Boulogne a été adjugée $1,9M (€1,5M) en février chez Sotheby’s, malgré un état de conservation moyen. En revanche, les paysages hollandais du XVIIème siècle et les vues de Rome ou Venise datant du XVIIIème siècle ne sont plus en vogue. Voilà encore dix ans, les vedute de Gaspare Vanvitelli se vendaient comme des petits pains. De nos jours, une belle vue de Rome reste sur le carreau à €500 000. Même Canaletto a perdu de son lustre, sauf chef-d’œuvre.

Côté mobilier classique et orfèvrerie lambda du XVIIIème siècle, le constat est aussi à la morosité, le marché est en recul comme également dans les arts asiatiques, et de la céramique Tang.

Plus que jamais, le marché est global, orchestré par les majors, soutenu par une création de richesse vigoureuse et porté, ici encore, par la révolution numérique.

Mais il reste sélectif, capricieux parfois même, soumis à la conjoncture et la psychologie de ses acteurs, les « engouements sectoriels » tournent. Tout cela n’est pas sans rappeler….. les marchés financiers !

Pour qui en doutait, le marché de l’art a véritablement pris sa place dans le monde de l’investissement (on voit même émerger des fonds de titrisation dabs le secteur). L’important reste bien sur le plaisir, mais aussi et surtout, l’exigence, la sélectivité et le temps.

Immobilier mondial : recentration

Comme pour l’art, l’immobilier subit un phénomène de concentration massif, géographique et économique. Un phénomène baptisé recentration…..

Ainsi en France, 2017 a mis en exergue un marché à deux vitesses : une progression rapide des prix dans les grands centres urbains, portée par une demande soutenue. Une stagnation, voire une baisse des prix, sur une grande partie du territoire, en raison du manque d’acheteurs.

Un investisseur, qui aurait acheté un bien de €100 000 en 2007, verrait aujourd’hui celui-ci valorisé €122 000 en moyenne dans les dix plus grandes villes françaises. En revanche, dans les villes de moindre importance, le même bien ne vaudrait en moyenne plus que €87 000 !

Le phénomène est le même à l’échelle européenne. Le marché grec ne s’est toujours pas « rétabli » depuis 2008.

A Athènes, les prix des appartements ont diminué de 45% entre 2008 et juin 2017. Le prix moyen du mètre carré en Grèce est de €2 846, presque €1 000 de moins que le Portugal, trois fois moins cher qu’en Italie ou en Autriche… Et l’obligation de mise aux enchères des biens saisis par les banques (exigence de la Troïka européenne, qui estime que 41% des crédits en résidence principale sont douteux) accélère la « braderie ».

Pendant que l’Europe du nord et les grandes métropoles économiques atteignent des sommets, l’Espagne, le Portugal, l’Irlande, la Pologne et même la Hongrie, ne font que se rapprocher des niveaux d’avant crise.

On constate cependant une hausse significative de la demande internationale vers ces destinations, Grèce particulièrement, qui alimente une reprise, soutenue également par la hausse du tourisme, et des perspectives de rendement et de plus-values alléchantes.

A l’opposé, mais toujours sur les bords de la grande bleue, d’autres records font parler d’eux, comme celui de la Villa des Cèdres, à Saint-Jean Cap Ferrat (La Lettre N°47). Cette propriété, figurant à l’Inventaire Général du Patrimoine Culturel, mise en vente à l’automne dernier … pour €350M, ne semble, néanmoins, pas encore avoir trouvé preneur.

Autre zone, même constat d’emballement ciblé : dans la lointaine, prospère et calme Nouvelle Zélande, havre épargné par les grands troubles mondiaux, le pays, destination prisée, est confronté à une importante demande, que le secteur de la construction n’a pas été en mesure de suivre. Résultat : en dix ans, les prix ont augmenté de 56%. A Auckland, ils ont même doublé. L’investissement étranger explose. Et le marché immobilier y connaît la plus importante croissance au monde !

Du coup, la nouvelle Première Ministre, Jacinda Ardern, souhaite ajouter un amendement au décret relatif aux investissements étrangers, pour classer l’immobilier résidentiel comme « sensible », et donc inaccessible aux étrangers, dès cette année. Les nouveaux résidents auront cependant toujours la possibilité d’acquérir des terrains et de construire.

Plus généralement, nous connaissons une nouvelle « révolution industrielle », technologique et digitale, qui impacte l’activité immobilière en plein cœur. Historiquement, le progrès technologique est un important catalyseur de la « formation de la ville » au cours de l’histoire.

L’une des différences entre ce que nous vivons et le XIXème siècle vient de ce que les grands employeurs étaient établis en dehors de la ville. Ils se doivent désormais d’être au cœur de celle-ci.

Les géants de la technologie, grands employeurs, ont besoin d’une main-d’œuvre nombreuse et hautement qualifiée. Ils doivent être dans les centres villes pour attirer les « bons calibres » et profiter des infrastructures de communication et transports. La recentration est à l’œuvre !

Mais ces entreprises technologiques ne sont pas seulement une source d’emploi impactant le marché immobilier d’une ville : la technologie elle-même, et les changements de comportements qu’elle induit, remodèlent ce marché :

  • Dans son fonctionnement : actuellement, 16% des ventes sont traitées en ligne aux États-Unis… La route est encore longue… mais les jeunes professionnels remplacent peu à peu les anciens.
  • Dans son évolution : la demande d’entrepôts augmente avec l’explosion du commerce en ligne ; la demande de centres de données augmente avec l’explosion des données à transférer et à stocker ; la demande de bureaux flexibles augmente pour s’adapter aux nouvelles formes de travail…..Bien sûr, cela n’est pas sans conséquences sur les actifs traditionnels comme les commerces de détail ou les espaces de bureaux décentralisés. Ainsi, si le positionnement d’un actif immobilier n’est pas le bon, il existe un réel danger que la vague techno lui fasse subir ce qu’Amazon a fait subir au commerce de détail ou Uber aux prestations de services traditionnelles. Les frontières se redéfinissent, les « disrupteurs », changeant l’ordre établi.
  • Cette recentration peut pourtant sembler paradoxale à l’heure du travail à distance, qui finalement, n’entraîne pas de décentralisation.

    L’essor des bureaux flexibles démontre que la concentration des compétences est plus importante que jamais pour construire des réseaux. Nous entrons dans l’ère du télétravail, à la différence du travail à distance. La technologie permet de travailler presque n’importe où.

    « Location, location, location » disent nos amis anglo-saxons ! Jamais ces 3 critères n’ont été plus pertinents. Le besoin de recentrer, basé sur le partage des connaissances, sur un site ou plusieurs, est au cœur de ce remodelage !

    Marchés

    2018, Montagnes russes ? Après une année 2017 étonnamment calme, sans aucune volatilité sur les marchés, 2018 est partie sur des bases plus instables : +5% en 3 semaines puis -10% les 2 semaines suivantes, rebond puis nouvelle baisse…le stress est revenu. En effet les 2 risques majeurs identifiés depuis longtemps semblent s’être concrétisés : accélération de l’inflation aux Etats-Unis et imprévisibilité du président Trump.

    Retour de l’inflation ?… pas encore….

    Pour l’instant, cela ne concerne que les Etats-Unis (l’Europe peine toujours à dépasser 1%…) : la brusque accélération de la croissance des salaires est venue casser 14 mois de hausse ininterrompue des marchés américains, depuis l’élection du président Trump. Bien qu’à première vue, cette hausse des salaires soit un signe de robustesse de l’économie, qui plus est un phénomène normal après 8 ans de croissance et le plein emploi, la crainte d’une accélération de l’inflation a matérialisé le risque principal : une augmentation plus rapide et brutale que prévue des taux d’intérêts de la FED, mettant ainsi brusquement fin à la période d’argent facile. La montagne de dettes accumulée depuis 2008 ne supportera pas un resserrement des conditions de financement trop brusque, alors que la FED, depuis 3 ans, prépare les marchés à des hausses de taux prudentes, maitrisées et graduelles. La résurgence de l’inflation ne doit pas compromettre le plan de sortie attendu par les marchés.

    A court terme, dans un pays sans chômage et soutenu par les baisses d’impôts du gouvernement Trump (probablement pas nécessaires à cette période du cycle économique…), l’inflation pourrait s’emballer. Mais il faut garder à l’esprit les facteurs structurels de long terme qui pèsent sur les salaires mondiaux : croissance de la population active mondiale, automatisation et robotisation, hausse de la productivité… Il est encore trop tôt pour déclarer que le cycle déflationniste mondial commencé il y a 2 décennies lors de l’intégration de la Chine à l’Organisation Mondiale du Commerce touche à sa fin.

    C’est pourquoi le krach obligataire a été contenu, le taux 10 ans US restant sous les 3% : le marché distingue bien pour l’instant l’inflation court et long terme, et garde confiance dans la capacité de la FED et de son nouveau président à piloter finement la politique monétaire, sans à-coups excessifs.

    Guerre commerciale ?…. le pire n’est pas certain…..

    En cette année électorale de mi-mandat aux Etats-Unis, après les baisses d’impôts, Donald Trump se lance dans une rhétorique protectionniste dont les effets seront probablement davantage la galvanisation de sa base électorale du MidWest que la réduction de l’énorme déficit commercial américain.

    Mais ce discours, ainsi les quelques mesures annoncées comme la hausse temporaire des droits de douane sur l’acier et les lave-linge, puis l’éviction des 2 poids lourds pro-business de son gouvernement (son conseiller économique ex-Goldman Sachs, et son secrétaire d’Etat ex-Exxon) font craindre le pire au niveau de sa politique économique : une guerre commerciale avec la Chine et l’Europe serait peu propice à la croissance économique (et peut vite dégénérer. Citons, par exemple, Jean-Claude Junker : « Si les Etats-Unis veulent instaurer des barrières, nous serons aussi stupides qu’eux »).

    Est-ce pour autant le début de la fin de la mondialisation ? La même semaine que cette annonce, 11 pays de part et d’autre du Pacifique ont signé un accord de libre-échange ! Pas sûr que l’administration Trump arrive à inverser le sens de l’histoire…

    Economie mondiale ?…. mieux serait indécent….

    A côté de ces bruits, rappelons que la croissance mondiale est toujours robuste.

    L’Europe retrouve ses niveaux de chômage pré-crise, les pays émergents, dans le sillage de la Chine, poursuivent leur croissance rapide, et celle des Etats-Unis, déjà en plein forme, va être tirée, cette année, par les baisses d’impôts.

    La croissance mondiale 2018 s’annonce déjà comme un bon cru, à l’instar de 2017, car toutes les zones économiques progressent en même temps. Et aujourd’hui aucun indicateur ne montre de ralentissement à court terme. Même les risques géopolitiques s’estompent (Corée du Nord en particulier).

    En Europe, le risque financier est maitrisé grâce à la bonne visibilité sur les taux, la BCE ayant annoncé qu’elle ne les augmenterait pas en 2018. Quant aux risques politiques, ils semblent, temporairement au moins, s’éloigner : la formation d’un gouvernement en Allemagne, après 5 mois de doute, a rassuré et le résultat des élections italiennes, sans majorité stable, est devenu un non-sujet. Reste le Brexit, qui ne semble plus passionner les marchés….. Jusqu’à l’an prochain peut être ?

    Enfin, en Chine, l’introduction du concept de président à vie repousse à très loin les hypothétiques risques de transition politique.

    Côté entreprises, aucun nuage à l’horizon : la croissance des bénéfices, en Europe par exemple, est attendue à +9%, signe de l’optimisme qui prévaut aujourd’hui sur le vieux continent. Rappelons l’année 2017 exceptionnelle en France : bénéfices nets cumulés de 94 milliards d’euros pour les entreprises du CAC 40, soit une hausse de 24%, malgré une hausse de l’Euro de 14% face au Dollar.

    Guerre des changes ?…. peut-être……

    Pour la suite de l’année, il faut surveiller si le discours du président Trump peut avoir un impact sur l’économie réelle. L’affaiblissement du dollar peut entrainer des tensions : depuis 2008, les banques centrales ont travaillé de concert pour redresser l’économie mondiale, il ne faudrait pas que les américains commencent à faire cavalier seul. Leurs partenaires commerciaux pourraient riposter en affaiblissant à leur tour leurs monnaies et ainsi lancer une guerre des changes. La faiblesse de son équipe économique et le départ des dernières personnalités de poids (porteuses d’une parole contrariante) dans son entourage peuvent faire craindre de nouvelles décisions irréfléchies, à 6 mois des Mid-term.

    Alors ?…..

    Aujourd’hui encore, seul le risque rémunère, il semble donc qu’il faille, pour qui est prêt à subir cette volatilité, privilégier les actions. Avec la prévision de 3 hausses des taux US, des opportunités sur les actifs obligataires en dollar pourraient apparaitre, par des rendements plus attractifs en fin d’année.

    La tendance entrevue depuis quelques mois devrait se poursuivre : plus de volatilité et plus de dispersion entre secteurs et sociétés (éviter celles sensibles aux taux et à la baisse du dollar) incitent à privilégier les gérants actifs et la gestion alternative, qui savent naviguer dans cet environnement. Pour l’instant, les mini-krachs sont des opportunités d’achats sur les valeurs qui profitent des tendances long-termes (technologie, robotique, biotech, exposition aux classes moyennes des pays en développement…) et pourront résister aux chocs de court-terme.

    Et pour ceux que la volatilité rebute, le private equity pourra peut-être apporter une réponse, même s’il convient d’être particulièrement circonspect dans un secteur ou l’abondance de liquidités a fait flamber les valorisations…..

    On le voit, 2018 ne sera pas un long fleuve tranquille, mais il nous semble pourtant que le bon sens sera le meilleur des outils pour y naviguer !