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avril 2018

Tax & Admin !

La 12ème édition de l’étude Paying Taxes (PwC et la Banque mondiale), qui se penche sur le poids des impôts pour les entreprises, souffle le chaud et le froid sur les performances françaises.

D’une part, l’Hexagone demeure, toujours, le pays dont le taux moyen de prélèvements des sociétés (impôts et charges) est le plus élevé en Europe, atteignant 62% du résultat commercial (résultat comptable avant impôt, taxes et cotisations sociales). Il est, à titre de comparaison, de 20% au Luxembourg, 31% au Royaume-Uni, 47% en Espagne ou 49% en Allemagne.

Néanmoins – serait-ce d’ailleurs lié à ce niveau de pression fiscale ?-, la France s’illustre parmi les pays les plus attractifs dans le domaine de la simplification administrative. Ainsi, dans l’Hexagone, une entreprise met en moyenne 139 heures par an pour accomplir ses démarches fiscales, contre 218 heures en Allemagne et 240 heures au niveau global. Une performance portée par la digitalisation croissante de l’État qui vise à…..

…. Dématérialiser !

Le lancement de Demarches-simplifiees.fr en est l’une des dernières initiatives. Dans le cadre de la stratégie « France Connect », destinée à accélérer la transformation numérique des administrations, ce service en ligne doit permettre à l’ensemble des acteurs publics de supprimer leurs formulaires papier pour passer à une complète dématérialisation.

Aujourd’hui 80% des démarches administratives se font encore sur papier. En se connectant à Demarches-simplifiees.fr, un organisme public évitera les développements informatiques longs et onéreux, avec une économie à la clé de €100M pour mille démarches dématérialisées.

Concrètement l’organisme crée en quelques minutes un formulaire en ligne auquel l’usager pourra avoir immédiatement accès. Dans le cas d’une demande de permis de construire ou d’immatriculation, la personne n’aura plus besoin de s’adresser à plusieurs interlocuteurs. Son dossier sera directement partageable par les administrations et un tableau de bord lui permettra d’en suivre l’avancée. Une messagerie lui permettra aussi de communiquer avec l’agent traitant son dossier. Cinq cents démarches devraient être dématérialisées dès cette année, trois mille à l’horizon 2022.

Cette volonté d’efficience est sans doute le moyen de mieux servir ses administrés, et d’une possible réconciliation entre Etat et administrés. Mais, peut-être, est-ce aussi là le début de l’uberisation de l’administration !

10 ans de RSE !

Nous voulions, dans ces colonnes, saluer la réussite de ce qui fut, il y a 10 ans, un projet peut-être… utopique !

Depuis sa création, Mozaïk RH, le premier cabinet de recrutement et de conseil en ressources humaines spécialisé dans la promotion de la diversité, a collaboré avec plus de 200 entreprises et généré plus de 11 000 entretiens avec des candidats, débouchant sur plus de 5 000 recrutements de jeunes diplômés et profils expérimentés.

Certes !… mais ce ne sont pas n’importe quels candidats !

Mozaïk RH a été créée à partir de deux convictions fortes : l’entreprise du XXIème siècle sera à l’image de la société dans laquelle elle est immergée : plurielle et riche de sa diversité. En s’ouvrant à des profils qu’elle n’identifie pas spontanément, elle renforce son potentiel de créativité et d’innovation. Par ailleurs, le recrutement de diplômés des territoires moins privilégiés – les « quartiers » – est source de cohésion sociale.

Pour lutter contre les discriminations à l’embauche, Mozaïk RH propose aux entreprises des candidats dotés d’un réel potentiel, compétents et motivés, sélectionnés à partir d’une banque unique de profils qualifiés. Son double ancrage dans le monde professionnel des ressources humaines et dans les territoires moins privilégiés permet à Mozaik RH de créer des passerelles entre deux univers trop souvent étanches : les entreprises à la recherche de talents reflétant la société d’aujourd’hui, et les jeunes diplômés ne disposant pas des relais et réseaux d’accès aux filières professionnelles ou aux entreprises.

2017 a été une année plus qu’encourageante, avec une croissance de 60% du nombre de recrutements réalisés sur l’année. Parce qu’elle entend fermement engager l’avenir, l’entreprise a investi 20% de son budget dans la recherche et l’innovation. Objectif ? Démultiplier, grâce au digital, la mise en relation entre les recruteurs et les jeunes des territoires moins privilégiés pour plus d’égalité.

2018, souhaitons-le, la portera plus loin encore : meilleure prise en considération de la question de l’inclusion économique par les entreprises comme par les pouvoirs publics, relance de l’emploi, nouvelles expérimentations de la mesure des emplois francs…

Modèle d’entrepreneuriat social réussi, Mosaik RH, créée par Saïd Hammouche, démontre la validité de modèles qui savent allier réalisme économique et responsabilité sociale et sociétale.

Une RSE qui irrigue de plus en plus les stratégies des grands investisseurs, en quête d’ISR. Et qui suppose que leurs conseils prennent, sans tarder, la mesure de cette évolution pour proposer les expertises requises !

Fonds ISR, en grande forme !

Longtemps, l’ISR a davantage été un prétexte marketing qu’une véritable méthodologie d’investissement. Cette tendance évolue rapidement et on constate qu’un nombre grandissant d’investisseurs, institutionnels mais aussi privés, intègrent l’ISR dans leur démarche, dès l’origine.

Cela est particulièrement vrai, semble-t-il, chez les grands investisseurs privés américains : beaucoup de single family offices US sont aujourd’hui moteurs en la matière. L’Europe accuse encore un grand retard. Heureusement, l’offre s’étoffe et commence à démontrer son bien-fondé.

Novafi, qui se présente comme le portail web dédié à la nouvelle finance et a passé au crible la rentabilité de 348 fonds d’investissement socialement responsables (ISR) constate que ceux-ci ont clairement tiré leur épingle du jeu en 2017. Les placements « utiles » qui ont connu les meilleures performances en 2017 sont les fonds spécialisés dans les énergies renouvelables (+11,9%), les fonds de gestion et accès à l’eau (+11,4%), les fonds solidaires 90/10 (+10,3%) et enfin les fonds santé et accès aux soins (+10%).

La rentabilité des fonds labellisés « Label Public ISR » a été supérieure à celle des autres fonds ISR : 8.4% contre 6,2% pour l’ensemble des fonds ISR. Choisir les entreprises les plus respectueuses des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance ne s’est donc pas fait au détriment de la performance, bien au contraire !

GDPR contre Big brother

Le marché français de la publicité digitale continue de grossir. Et le rythme s’accélère : les investissements ont augmenté de 12% en 2017, contre 8% en 2016.

L’e-pub vient ainsi de franchir le cap symbolique des €4Mrd, affirmant sa position de premier média, devant la télévision (€3,2Mrd).

Tous les segments sont en hausse : le search (liens sponsorisés) représente l’essentiel du marché (plus de €2Mrd), en hausse de 8%. Le display (bannières, vidéos,…) augmente, lui, de 20%, à €1,45Mrd.

Phénomène notable, les investissements search et display dans la publicité sur mobile (presque €1,7Mrd) augmentent de 34% et sont en passe de dépasser ceux sur ordinateur. Pour donner un ordre de grandeur, le mobile est désormais quasiment au même niveau que le total des investissements dans l’affichage et la radio !

Dans ce contexte, Google et Facebook ont encore accru leur prédominance. A eux deux, ils représentent environ 78% du marché et captent 92% de la croissance digitale.

En creux, cela signifie donc que les autres médias (presse, télévision, radio) se partagent tous ensemble les 22% restants sur le marché. Il semble que l’on s’oriente vers l’installation durable d’un grand déséquilibre. Et d’une concentration de l’information sur les comportements des internautes, entre les seules mains de ces deux mastodontes…….

Rappelons que les règles de protection des données ne sont pas les mêmes de chaque côté de l’Atlantique, et qu’elles sont souvent plus protectrices dans les pays européens.

Il était donc urgent que l’Europe instaure des règles en la matière : RGPD / GDPR entrera en vigueur le 25 mai prochain !

Grandes fortunes


En 2017, deux Chinois ont fait leur entrée dans le Top 10 des plus grandes fortunes mondiales selon Forbes (le patron de Tencent et Jack Ma / Alibaba). Avec $120Mrd, le fondateur d’Amazon Jeff Bezos s’est hissé au premier rang, devant Bill Gates. Le PDG français de LVMH, Bernard Arnault, s’est lui hissé au 4ème rang (+ 7 places par rapport à l’année précédente) de ce classement, derrière l’américain Warren Buffet.

Avec une fortune estimée à $72,2Mrd (€58,6Mrd), le PDG du géant du luxe a consolidé sa position de Français le plus riche, indique l’édition française du magazine, qui a établi le classement des 40 milliardaires hexagonaux en se basant sur l’estimation de leur fortune en février, calculée à partir des cours des actions et des taux de change. Grâce en partie au renforcement de l’euro par rapport au dollar au cours des derniers mois, 29 milliardaires français ont vu leur fortune augmenter par rapport à 2017. La moyenne d’âge des plus grandes fortunes françaises est de 69 ans. Sur les 40 milliardaires du classement, 17 sont des héritiers.

Si seulement quatre femmes figurent parmi les 40 Français les plus riches selon Forbes, au niveau mondial, ce déséquilibre est aussi marqué analyse Bloomberg. Les femmes ne représentent que 13% des 500 personnes les plus riches du monde et seulement sept, soit à peine 1,4%, sont des self-made women. Pendant que les self-made men représentent 63% du classement. Etonnant !

Démocratie environnementale

Après six ans de discussions, c’est un traité historique qui a finalement été mis sur les rails à San José début mars. Les vingt-cinq pays d’Amérique latine présents à cette ultime réunion de négociation ont convenu d’entériner leur engagement à garantir la démocratie environnementale et la vie de ceux qui défendent les écosystèmes et leurs territoires.

Le traité, baptisé « Principio 10 » (Principe 10), prévoit notamment de protéger les leaders de causes environnementales contre les menaces qui pèsent sur eux et de faciliter leur accès à la justice. Il devra être ratifié par les pays signataires, ou au moins onze d’entre eux, en septembre 2018, sous l’égide de l’Assemblée Générale des Nations Unies. Il sera assorti d’un comité de suivi et de contrôle.

Il était temps d’agir : l’Amérique Latine demeure la région la plus dangereuse pour les défenseurs de l’écosystème, avec des conflits liés à l’usurpation de terres, aux mines illégales, aux groupes armés, à l’extraction des ressources naturelles, aux projets de barrages hydrauliques.

En 2017, selon les chiffres de l’ONG Global Witness, 197 militants ont été assassinés dans le monde, dont 116 en Amérique latine. C’est au Brésil et en Colombie que les défenseurs de l’environnement sont le plus exposés, ainsi qu’au Mexique et au Pérou.

Le projet de traité avait vu le jour en 2012 lors du sommet de Rio + 20, impulsé par une dizaine de pays latino-américains qui s’inquiétaient de voir que quelque chose ne tournait pas rond, dans un contexte où le prix des matières premières flambait, augmentant la cadence de l’extraction… et les assassinats d’opposants.

Un diamant gros comme le Ritz

Son poids (910 carats) classe la pierre récemment découverte par une société minière britannique comme l’une des cinq plus grosses jamais extraites sur la planète. Le Cullinan et ses 3 106 carats, découvert en 1905 en Afrique du Sud n’est pas détrôné. Un soulagement pour la Couronne britannique qui en possède quelques belles fractions. Cette fois, le joyau vient du royaume du Lesotho, de la mine de Letseng qui avait déjà livré, une semaine plus tôt, deux diamants de plus de 100 carats.

Certains avancent un prix de $40M. Mais nul ne peut lire dans la boule de cristal. Tout dépendra de la qualité de la pierre et de la manière de la commercialiser. Le record d’enchères est détenu jusqu’à présent par le Pink Star qui s’est arraché pour $71M chez Sotheby’s à Hong Kong en 2017.

Si les gros cailloux suscitent toujours rêve et fantasme, la réalité est toute autre. Les clients sont de moins en moins enclins à choisir une belle pierre montée en bague ou en collier. Ils optent pour de petits brillants de moindre qualité. Une pierre dans la chaussure des diamantaires.

Et le prix du diamant s’en ressent : il a subi une baisse de plus de 10% en 2017. Selon Investdiamond, il est même passé sous la barre des €10 000 le carat en janvier dernier.

Enfin, la concurrence des ersatz synthétiques se fait plus dure. Ils séduisent en particulier les jeunes, soucieux de ne pas porter des « diamants du sang », extraits de zones en conflits. Des histoires sombres qui ternissent l’éclat du joyau. De quoi inciter les groupes miniers à relancer des campagnes publicitaires pour susciter l’envie. Mais qui interpelle sur la pérennité de l’investissement diamant !