1er trimestre 2017

RETOUR

avril 2017

From Oxford to Paris

Il n’y a pas que la City qui intéresse les Français. D’après The Telegraph, les universités, en particulier celle d’Oxford, attirent beaucoup les dirigeants français qui espèrent tirer avantage du Brexit. Les universités seraient en effet les premières touchées par un Brexit dur et cherchent déjà des alternatives. L’université d’Oxford a même embauché un chef de la stratégie post-Brexit pour continuer à attirer le plus de talents possible et préserver sa réputation prestigieuse. Comme d’autres universités, l’institution a déjà rencontré des représentants français pour évoquer une délocalisation à Paris.

Oxford n’est pas la seule université convoitée par les Français. Warwick pourrait également faire partie du campus international qui ouvrirait ses portes à Paris en 2018. Tout campus ouvert en France pourrait bénéficier du statut juridique français et continuerait à recevoir un financement de l’Union européenne, un bonus difficile à refuser.

Les universités britanniques délocaliseront bien évidemment certains diplômes et certificats d’études pour créer des diplômes conjoints et des laboratoires de recherche avec des universités du continent. Une autre manière d’affranchir l’éducation du politique.

Passion montres

Pour la première fois, au quatrième trimestre 2015, les ventes de montres connectées ont dépassé celles des montres suisses. Ces dernières ont diminué de 5% sur cette période.

Ce déclin ne semble toutefois pas concerner les ventes aux enchères de montres de collection, qui ont totalisé $240M en 2015, un chiffre qui ne cesse d’augmenter au fil des années.

Valeurs refuges à l’instar d’autres actifs d’exception, les montres de collection peuvent constituer des placements de diversification à ne pas négliger, pour autant qu’on en soit amateur. Les garde-temps les plus recherchés cumulent quatre caractéristiques : la rareté, l’état de conservation, la provenance et la traçabilité.

Le 14 novembre 2016, à Genève, la dernière Rare watches auction de Christie’s s’est soldée par la vente de 276 lots d’une valeur totale de €13,7M, avec un record pour une montre Bréguet (€3M).

Le lendemain, un record mondial pour la vente aux enchères d’une montre de poignet a été battu par la maison Phillips. Une légendaire Patek Philippe Reference 1518, dont seuls 4 exemplaires sont connus, a été vendue pour €10,2M ! La montre a triplé son estimation durant cette enchère qui a duré plus de 13 minutes. Au total, 177 montres ont été présentées aux enchères, qui ont totalisé €25,58M.

Billionaires, winners & losers

L’année 2016 aura mieux réussi aux plus riches de la planète que 2015. Malgré les nombreux soubresauts qui l’ont animée (le Brexit, le référendum en Italie, l’élection de Donald Trump), les 500 personnes les plus riches du monde ont gagné $237Mrd selon Bloomberg. À elles seules, elles détenaient $4 400Mrd, soit 5,7 % de plus qu’un an plus tôt.

L’euphorie des marchés actions américains depuis l’élection du candidat républicain explique que quatre des cinq milliardaires ayant enregistré les gains les plus importants en 2016 soient Américains, le cinquième étant… français.

Si les milliardaires américains ont profité de la hausse des marchés et figurent parmi ceux qui ont gagné le plus en 2016, les fortunes des pays émergents sont surreprésentées parmi les « perdants ». Neuf des dix milliardaires qui ont perdu le plus d’argent cette année ne sont pas Américains. Au total, les milliardaires chinois ont perdu $11Mrd, une première depuis la réalisation de ce classement.

De l’impact des Uber, Stuart et autres Deliveroo !

En 2016, 554 000 entreprises ont été créées en France, soit 6% de plus qu’en 2015. Il s’agit de la plus forte hausse depuis six ans selon l’INSEE. Les créations d’entreprises individuelles et de sociétés augmentent fortement (+10 %). En revanche, les immatriculations de micro-entrepreneurs sont en léger recul (– 0,3 %).

Tous types d’entreprises confondus, les créations progressent dans la quasi-totalité des régions. C’est notamment le cas en Île-de-France, où le succès du transport et celui des « autres activités de poste et de courrier » se confirme. Hors micro-entrepreneurs, seules 7 % des entreprises sont employeuses à la création. Elles démarrent alors en moyenne avec 2,6 salariés.

Pour les créateurs individuels, l’âge moyen est de 37 ans. Il est de seulement 29 ans dans les transports et l’entreposage. La part des femmes créatrices se maintient à 40 %.

L’assurance-vie en eaux troubles

2016 n’aura pas été un grand millésime pour l’assurance-vie. Selon les statistiques de la Fédération Française de l’Assurance, la collecte nette s’est élevée à 16,8Mrd. Un montant nettement en deçà des niveaux atteints en 2015 (€23,6Mrd) et en 2014 (€22,6Mrd).

Parmi les vents contraires de 2016, figurent les interrogations manifestées cet automne par les épargnants sur la loi Sapin II, qui prévoit la possibilité de restreindre ou de bloquer temporairement les rachats sur leurs contrats. L’appétit des Français pour l’immobilier a également pu entraîner certains arbitrages défavorables à l’assurance-vie.

Malgré tout, l’encours total des contrats d’assurance-vie a progressé de 3 % sur un an, à €1 632Mrd.

2017 s’annonce, quant à elle, pleine d’incertitudes, à commencer par les élections, toujours susceptibles de provoquer de l’attentisme. L’autre inconnue concerne les taux, dont l’évolution sera bien sûr déterminante pour permettre aux assureurs de rouvrir ou non les vannes des fonds euros.

Baromètre AFFO

L’AFFO (et OpinionWay) viennent de réaliser le deuxième baromètre AFFO :
<ul>
<li>Les événements qui ont le plus impacté les choix d’investissements des familles en 2016 ont été le bas niveau des taux d’intérêt, la fiscalité et la forte volatilité des marchés financiers.</li>
<li>Le patrimoine des familles clientes des family offices sondés est composé en moyenne de 21 % d’assurance-vie en euros, 20 % d’immobilier d’investissement, 19 % d’assurance-vie multi support, 18 % de titres cotés et non-cotés. Les investissements dans l’art et la philanthropie restent marginaux.</li>
<li>45 % des familles sont intéressées par l’investissement socialement responsable.</li>
<li>En 2017, les family officers estiment que leurs clients vont augmenter leurs investissements en private equity, (de préférence directement au capital des sociétés), Elles devraient également privilégier l’immobilier locatif d’investissement et les assurances-vie multi-supports.</li>
<li>Le profil de risque des familles est très majoritairement équilibré (66 %). 21 % sont prudents, 7 % dynamiques, 2 % offensifs.</li>
<li>Les familles sont sensibilisées à 85 % au risque d’image, à 79 % à la protection des données et à 60 % au risque de certains investissements, en particulier « l’ubérisation » de l’économie.</li>
<li>L’attrait de l’expatriation continue d’être ressenti par les family officers, bien que cette tendance soit moins marquée que l’année précédente. Les familles qui envisagent de quitter la France le feraient plutôt pour une durée indéterminée, mais non définitive.</li>
<li>La relation personnelle avec le dirigeant de leur family office (pour 91%), l’équipe (pour 89%), l’indépendance du FO (pour 85%), son mode de rémunération (pour 74%) et sa notoriété (pour 64%) sont les éléments les plus importants pour les familles clientes des family offices.</li>
</ul>

Un milliard pour la planète

Breakthrough Energy Ventures ou BEV : c’est ainsi qu’a été baptisé le nouveau fonds de Bill Gates, destiné à soutenir les énergies vertes, et pour lequel une levée de fonds d’$1Mrd a été effectuée avec la participation de milliardaires du monde entier, dont Jeff Bezos et Xavier Niel.

Le fonds, créé il y a environ un an lors de la COP21, financera des avancées émergentes capables de produire des sources d’énergie économiques, viables et sans émission de carbone, et plus largement s’intéressera à tout ce qui permettra de produire une énergie « bon marché et propre ». Parmi les nombreuses thématiques ciblées par les projets du fonds, figurent la production, le stockage, l’efficacité informatique, l’agriculture et le transport. Les réductions attendues sont d’au moins « une demie gigatonne » de gaz à effet de serre.

Paradis fiscal italien

L’Italie sera-t-elle un nouveau havre pour les HNWI ?

Le fisc italien a en effet ouvert une procédure permettant aux étrangers d’installer leur résidence fiscale en Italie en échange d’un impôt forfaitaire de €100 000 par an sur leurs revenus mondiaux. Prévue par la loi de finances 2017, cette mesure vise à faire concurrence à des pays comme le Royaume-Uni ou l’Espagne. Selon la presse italienne, elle pourrait intéresser un millier de personnes dans l’immédiat.

Les principales conditions requises pour bénéficier de ce « paquet » fiscal sont d’avoir été résident à l’étranger pendant au moins 9 des 10 dernières années… et d’avoir des revenus suffisants pour qu’un impôt de €100 000 apparaisse comme une «bonne affaire». Une clause permet également d’installer la résidence fiscale de ses proches pour un supplément d’impôt de 25 000€ par personne.

Selon le fisc italien, un renouvellement tacite de cet impôt forfaitaire est prévu chaque année, pour un maximum de 15 ans. Reste à voir la pérennité d’une telle mesure dans un pays qui, comme la France, a le défaut de changer les règles plus souvent que de besoin !

A l’heure des 60 ans du traité de Rome, cela n’en demeure pas moins une pierre dans le jardin de la convergence fiscale européenne !